POLITIQUE Justice et scandales 

Accusé d’antisémitisme, Jordan Bardella répond sur CNews: «Ces propos sont parfaitement délirants, ils ne sont pas les miens»

Accusé d’antisémitisme, Jordan Bardella répond sur CNews: «Ces propos sont parfaitement délirants, ils ne sont pas les miens»
Accusé d’antisémitisme, Jordan Bardella répond sur CNews: «Ces propos sont parfaitement délirants, ils ne sont pas les miens»

Jordan Bardella a répondu sur CNews aux accusations d’antisémitisme portées contre lui après la publication de conversations privées qui lui sont attribuées et qui remonteraient au début de son engagement au Front national. Le président du Rassemblement national nie catégoriquement être l’auteur de ces messages et annonce qu’une plainte en diffamation a été déposée contre Mediapart.

Invité lundi soir sur le plateau de Pascal Praud, Jordan Bardella a rejeté l’ensemble des écrits qui lui sont attribués. « Ces propos sont parfaitement délirants. Ils ne sont pas les miens », a-t-il déclaré. Il assure qu’ils ne correspondent pas davantage aux opinions qu’il aurait pu avoir lorsqu’il était adolescent et jeune adhérent du Front national.

« Ils ne sont pas les miens »

Mediapart affirme avoir retrouvé et authentifié des dizaines de conversations privées datant notamment de 2013, alors que Jordan Bardella avait 17 puis 18 ans. Dans ces échanges, des propos antisémites et plusieurs théories complotistes sont attribués à l’actuel président du RN.

Comme nous le détaillions dans notre article consacré aux accusations visant Jordan Bardella, l’un des messages qui lui sont attribués affirme notamment que « toutes les banques sont détenues par des juifs ». D’autres échanges évoquent une prétendue domination juive ou « sioniste » du système bancaire et un « nouvel ordre mondial » dominé par Israël. Jordan Bardella conteste formellement avoir écrit ces messages.

Sur CNews, le président du RN a réitéré son démenti : « Ils ne sont pas les miens, pas plus que ceux du jeune adolescent que j’étais, ni du jeune adhérent du FN que j’étais. »

Une plainte en diffamation déposée contre Mediapart

Jordan Bardella a également annoncé que son avocat avait engagé une procédure judiciaire. « Mon avocat a déposé une plainte en diffamation », a-t-il déclaré.

Le président du RN affirme être la cible d’une opération organisée à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. « Je pense qu’on est face à quelque chose d’extrêmement organisé, qui s’est certainement organisé sur de nombreux mois et qui devait sortir dans l’hypothèse où j’étais candidat à l’élection présidentielle », a-t-il expliqué.

Il avance deux possibilités : soit les documents auraient été fabriqués par Mediapart, soit le média aurait reçu des documents falsifiés provenant de personnes souhaitant lui nuire. Mediapart affirme de son côté avoir authentifié les conversations de manière indépendante et avoir recueilli plusieurs témoignages.

« S’il y a bien un sujet sur lequel vous ne trouvez pas d’ambiguïté chez moi, c’est la lutte contre l’antisémitisme »

Face aux accusations, Jordan Bardella a également invoqué ses prises de position publiques des dernières années. « S’il y a bien un sujet sur lequel vous ne trouvez pas d’ambiguïté chez moi, c’est la lutte contre l’antisémitisme », a-t-il assuré.

Le président du RN a notamment rappelé ses engagements publics contre l’antisémitisme. Il avait participé à la marche organisée à Paris en novembre 2023, après l’attaque du Hamas en Israël du 7 octobre. Il s’était également rendu en Israël et avait rencontré Benjamin Netanyahou en 2024.

Ces éléments sont mis en avant par Jordan Bardella pour contester les écrits que Mediapart lui attribue plus de dix ans auparavant. Le média maintient pour sa part son enquête et affirme que les conversations ont fait l’objet d’un travail d’authentification.

Bardella dénonce une opération pour « déstabiliser la campagne »

Jordan Bardella estime que cette affaire pourrait être suivie de nouvelles publications. « Tout sera fait pour déstabiliser la campagne », a-t-il déclaré sur CNews, avant d’ajouter : « Ils ont tiré la première cartouche, la deuxième arrivera demain. »

Il avait déjà dénoncé quelques heures auparavant des « faux grossiers » et une « opération de barbouzerie ». Sur CNews, il a également qualifié l’article de « torchon » et évoqué des « incohérences de dates majeures ».

Le président du Rassemblement national affirme qu’il utilisera désormais la voie judiciaire pour répondre aux publications qu’il estime mensongères. Il prévient également que tout nouveau document qu’il considérerait comme falsifié pourrait donner lieu à une procédure pour faux.

Mediapart maintient l’authenticité des conversations

La contestation de Jordan Bardella est totale, mais Mediapart maintient ses affirmations. Le média explique avoir travaillé pendant plusieurs mois sur ces échanges et assure avoir procédé à leur authentification de manière indépendante.

Les conversations publiées comportent notamment des références à Alain Soral et Dieudonné, ainsi que des propos complotistes et antisémites. Mediapart attribue également à Jordan Bardella des messages dans lesquels il aurait défendu certaines analyses d’Alain Soral. Le président du RN rejette l’intégralité de ce corpus.

Marine Le Pen a également pris sa défense, qualifiant l’affaire de « dinguerie » et évoquant « un faux » ainsi qu’une « barbouzerie ». Désormais saisie par Jordan Bardella à travers sa plainte en diffamation, la justice devra examiner le contentieux qui oppose le président du RN à Mediapart.

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