L’avantage fiscal dont bénéficient les pensions de retraite pourrait être remis en cause dans le budget 2027. Le gouvernement devrait privilégier la suppression de l’abattement de 10 % pour faire contribuer les retraités au redressement des finances publiques. Cette piste s’appuie notamment sur une étude de l’Institut des politiques publiques publiée le 28 septembre, qui compare son rendement à celui d’un gel des pensions ou d’une hausse de la CSG. Aucun dispositif définitivement adopté ne permet toutefois, à ce stade, de connaître les modalités d’une éventuelle réforme.
Aujourd’hui, l’administration fiscale retranche 10 % du montant des pensions déclarées avant de calculer l’impôt sur le revenu. Pour la déclaration 2026 portant sur les revenus de 2025, cet abattement est plafonné à 4 439 euros pour l’ensemble du foyer fiscal. Sa disparition augmenterait donc la base imposable, sans réduire directement le montant brut de la retraite. À titre d’exemple, 24 000 euros de pensions annuelles déclarées donnent actuellement droit à une déduction de 2 400 euros. Sans abattement, cette somme serait réintégrée au revenu imposable. Le supplément d’impôt dépendrait ensuite de la composition du foyer, de ses autres revenus et des règles fiscales retenues.
Les retraités modestes pourraient aussi être concernés
L’IPP évalue à 5,4 milliards d’euros le gain net d’une suppression pour les finances publiques en 2027. Dans ses simulations, un gel complet des retraites de base rapporterait 5,2 milliards, contre 4,2 milliards pour l’alignement des deux taux supérieurs de CSG des retraités sur celui des actifs. Mais les effets sociaux diffèrent. La suppression de l’abattement toucherait les contribuables imposables et pourrait également pénaliser certains ménages modestes par une diminution des aides au logement, dont le calcul tient compte de cet avantage. L’impact dépendrait donc aussi des protections prévues pour les bénéficiaires de prestations sociales.
Le débat n’est pas nouveau : lors du précédent budget, le remplacement de l’abattement proportionnel par un forfait de 2 000 euros avait été envisagé, puis abandonné. Une telle transformation aurait des conséquences différentes d’une suppression totale, puisqu’elle pourrait avantager certaines petites pensions. Le prochain arbitrage devra préciser le mécanisme retenu, son calendrier et les éventuelles compensations. Il devra aussi répondre à une question budgétaire : augmenter les recettes de l’impôt sur le revenu bénéficie à l’État, mais n’améliore pas automatiquement les comptes des régimes de retraite. Pour cela, une réaffectation des recettes serait nécessaire.

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