ÉCONOMIE Politique économique

La Cour des comptes tire la sonnette d’alarme sur la dette française : 80 milliards d’intérêts en 2026

La Cour des comptes tire la sonnette d’alarme sur la dette française : 80 milliards d’intérêts en 2026
La Cour des comptes tire la sonnette d’alarme sur la dette française : 80 milliards d’intérêts en 2026

La présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, juge que la France traverse le moment de vérité le plus décisif depuis la naissance de la Ve République. La charge des intérêts de la dette publique atteint cette année un niveau qui dépasse le budget de l’Éducation nationale.

Amélie de Montchalin ne mâche pas ses mots. La présidente de la Cour des comptes, institution chargée de contrôler la régularité des finances publiques, estime que la France fait face au « choix probablement le plus important de la Ve République », régime instauré par référendum en 1958 et toujours en vigueur. C’est dans un entretien au Parisien qu’elle formule cet avertissement, appelant à stopper ce qu’elle qualifie de « dérive de la charge d’intérêt » de la dette.

Les chiffres qu’elle avance donnent la mesure du problème. En 2026, le seul service des intérêts de la dette publique française atteindra 80 milliards d’euros. Une somme qui dépasse le budget du ministère de l’Éducation nationale, fixé à 65 milliards d’euros, représente 40 % de plus que celui des Armées et six fois le budget de la Justice. Autrement dit, rembourser les créanciers de l’État coûte désormais plus cher que d’instruire les enfants de la République.

La situation est d’autant plus préoccupante que le niveau de la dette publique a franchi en 2025 un seuil inédit, dépassant le pic enregistré lors de la crise sanitaire de 2020. La France serait, selon Amélie de Montchalin, le seul pays européen dans cette configuration, ce qui place la question de la souveraineté nationale au cœur du débat : un État dont les marges budgétaires sont absorbées par le remboursement de ses dettes perd mécaniquement sa capacité à agir.

La présidente de la Cour des comptes refuse toutefois de présenter cette trajectoire comme inéluctable. Elle cite en exemple l’Allemagne, l’Italie et le Portugal, qui ont réussi, il y a une quinzaine d’années, à stabiliser leur dette dans des circonstances comparables. « Il n’y a pas de fatalité pour la France, si les choix sont rapides et responsables », insiste-t-elle, conditionnant tout redressement à la célérité et à la cohérence des décisions politiques à venir.

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