Le conflit sur les conditions de travail au conseil départemental du Val-de-Marne prend une dimension judiciaire. Selon les informations révélées par France Inter lundi 28 septembre, une intersyndicale réunissant la CGT, l’Ugict-CGT, la FSU et la CFDT a déposé une plainte au nom des 7 500 agents de la collectivité, notamment pour harcèlement moral institutionnel. Enregistrée le 22 septembre au parquet de Paris, elle vise sept responsables, dont le président du département, Olivier Capitanio, et son vice-président chargé des ressources humaines, Julien Weil. Les syndicats affirment avoir multiplié sans succès les alertes internes avant de saisir la justice.
Au cœur du dossier de 63 pages consulté figurent les réductions d’effectifs et leurs conséquences supposées sur la santé des personnels. La plainte recense une diminution de 474 équivalents temps plein entre janvier 2024 et janvier 2026. Les organisations syndicales décrivent des équipes contraintes d’absorber le travail de collègues non remplacés, ainsi que des pratiques de management faites de pressions et d’humiliations. Elles évoquent également trois suicides d’agents en moins d’un an, sans qu’un lien de causalité avec le travail soit judiciairement établi à ce stade. Un signalement distinct porte sur des faits susceptibles, selon elles, de relever de l’homicide involontaire et de la mise en danger de la vie d’autrui.
Des accusations qui touchent aussi le service rendu aux habitants
L’intersyndicale entend montrer que cette dégradation présumée dépasse les seuls services administratifs. Les agents interviennent dans les crèches, les collèges, l’accompagnement du handicap, l’aide aux personnes âgées ou encore la protection de l’enfance. Dans ce dernier secteur, les syndicats font état d’environ 1 500 informations préoccupantes et de 900 mesures d’aide éducative à domicile en attente. Ils dénoncent également l’allongement des délais d’accès aux prestations et les difficultés des travailleurs sociaux à suivre les familles. Leur démarche met ainsi en relation l’organisation du travail, la santé des personnels et la capacité du département à remplir ses missions.
L’exécutif départemental conteste cette présentation, notamment les conséquences décrites pour les usagers. Par la voix de son directeur de cabinet, il affirme que les budgets consacrés à la protection de l’enfance progressent et souligne la proximité des élections professionnelles. Le dépôt de plainte ne préjuge d’aucune culpabilité. L’enjeu sera désormais d’établir la matérialité des faits dénoncés et les éventuelles responsabilités individuelles : les accusations syndicales portent sur un fonctionnement institutionnel, mais leur qualification pénale devra reposer sur des éléments précis soumis à la justice.

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