POLITIQUE Justice et scandales 

Essonne : la députée LFI Farida Amrani blessée par un tir de mortier chez le coiffeur, la piste du trafic de drogue privilégiée

Essonne : la députée LFI Farida Amrani blessée par un tir de mortier chez le coiffeur, la piste du trafic de drogue privilégiée
Essonne : la députée LFI Farida Amrani blessée par un tir de mortier chez le coiffeur, la piste du trafic de drogue privilégiée

La députée La France insoumise Farida Amrani a été blessée ce samedi par un tir de mortier d’artifice alors qu’elle se trouvait dans un salon de coiffure à Évry-Courcouronnes, dans l’Essonne. Un homme cagoulé a pénétré dans l’établissement avant de déclencher un engin pyrotechnique en direction d’une caméra de vidéosurveillance. La parlementaire, brûlée à une cuisse, a été la seule personne blessée. Les enquêteurs privilégient la piste de représailles liées à un point de vente de stupéfiants situé à proximité du salon.

Un homme cagoulé fait irruption dans le salon et déclenche un mortier

Les faits se sont produits samedi vers 11h20, dans un salon de beauté réservé aux femmes, situé place des Copains d’Abord, au cœur de la cité du Canal, à Évry-Courcouronnes. Farida Amrani, députée de la première circonscription de l’Essonne, se trouvait dans cet établissement qu’elle fréquente depuis plusieurs années, en compagnie notamment de sa sœur.

Un individu cagoulé a pénétré dans les locaux avant d’allumer un mortier d’artifice en direction d’une caméra de vidéosurveillance. L’engin a explosé à l’intérieur du salon, provoquant la panique parmi les clientes et la gérante, âgée de 43 ans. Cette dernière a alerté les forces de l’ordre.

La députée de 50 ans a été légèrement blessée, notamment par des brûlures à une cuisse. Les autres personnes présentes dans l’établissement n’ont pas été physiquement touchées.

« On a cru mourir » : Farida Amrani raconte la panique

La parlementaire a décrit la peur ressentie au moment de l’explosion. « Honnêtement, on a cru mourir. » Elle a expliqué que les dimensions réduites du salon empêchaient les clientes de trouver un endroit où se protéger.

Farida Amrani a également raconté avoir eu le réflexe de pousser sa sœur pour l’éloigner du danger. « Heureusement, j’ai eu le temps de pousser ma sœur, qui était présente, pour qu’elle ne soit pas touchée », a-t-elle déclaré. La députée a précisé que le contexte sécuritaire récent, notamment l’attentat de Trappes, avait renforcé sa crainte de mourir dans cette attaque.

L’élue a pu observer brièvement l’agresseur malgré sa cagoule. Elle a décrit un homme jeune, grand et mince, portant une veste noire, un pantalon de jogging clair et des baskets. Elle affirme également avoir croisé son regard au moment des faits.

La piste d’un règlement de comptes lié au trafic de drogue privilégiée

Les premiers éléments de l’enquête orientent les investigations vers un possible acte de représailles en lien avec un point de deal installé à proximité immédiate du salon. Les policiers cherchent à déterminer si l’établissement ou sa caméra de vidéosurveillance constituait la véritable cible de l’agresseur.

Cette hypothèse pourrait expliquer le choix d’un mortier d’artifice dirigé vers le dispositif de surveillance. Elle reste toutefois à confirmer par les investigations. À ce stade, aucun élément établi ne démontre que Farida Amrani aurait été personnellement visée en raison de son mandat parlementaire.

La députée a elle-même exprimé son étonnement devant cette attaque dans un salon fréquenté par des femmes du quartier. « Il n’y a que des mamans dans ce salon. Je ne vois pas comment un jeune prendrait le risque de blesser sa mère ou celle d’un copain », a-t-elle expliqué.

L’affaire relance également la question de l’utilisation des mortiers d’artifice dans les violences urbaines et les faits de délinquance⁠, ces engins pyrotechniques pouvant provoquer des blessures graves lorsqu’ils sont employés contre des personnes ou déclenchés dans des espaces fermés.

Une enquête ouverte, l’auteur toujours recherché

Le parquet d’Évry a ouvert une enquête confiée à la Division de la criminalité territoriale. Les policiers doivent identifier l’homme cagoulé, reconstituer précisément son parcours et déterminer les motivations de son geste. Aucune interpellation n’avait été annoncée ce dimanche.

Farida Amrani devait participer samedi au meeting de Jean-Luc Mélenchon organisé au Bourget. Elle n’a pas pu déposer plainte dans la journée et avait prévu de se rendre au commissariat ce dimanche après-midi.

Députée depuis 2022 et réélue en 2024, Farida Amrani représente une circonscription comprenant Évry-Courcouronnes. Ancienne syndicaliste, elle avait notamment affronté Manuel Valls lors des élections législatives de 2017.

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