C’est une incroyable révélation, particulièrement embarrassante pour Ammar Abd Rabbo ! Le journaliste et photographe franco-syrien, connu pour ses portraits de Bachar al-Assad et décoré sous la présidence d’Emmanuel Macron, a touché 40.000 euros dans le cadre d’un arrangement financier avec un célèbre homme d’affaires contre lequel il avait multiplié les accusations mensongères sur Internet. En échange, il acceptait de retirer ses publications, s’engageant à ne plus le dénigrer pendant 20 ans. Ses pseudo-révélations, qui n’avaient rien de journalistique mais avaient pour seul but de nuire à l’homme d’affaires, se sont donc retrouvées au cœur d’une transaction à 40.000 euros ! C’est ce qu’a révélé ce mercredi 14 octobre Me Jean-Marc Fedida, avocat de l’homme d’affaires, lors d’une audience à laquelle nous avons assisté à 14h, devant la 4e chambre, 1re section du tribunal judiciaire de Paris. Plus embarrassant encore, Me Eva Lee, qui plaidait pour Ammar Abd Rabbo, n’a pas contesté oralement le versement de cette somme. Un épisode qui soulève de sérieuses interrogations sur les méthodes d’un soi-disant professionnel de l’information qui affirmait, en 2017, que « le photographe est investi d’une mission de vérité par le public ! »
Ammar Abd Rabbo demande et obtient 40.000 euros pour retirer ses tweets dénigrants : la révélation de l’avocat Jean-Marc Fedida
Ce mercredi 14 octobre, à 14h, le tribunal judiciaire de Paris a accueilli une audience consacrée au conflit opposant Ammar Abd Rabbo à un célèbre homme d’affaires. Nous avons assisté aux plaidoiries devant la 4e chambre, 1re section. L’affaire portait officiellement sur un incident de procédure, mais les débats ont également permis de revenir sur les conditions financières d’un accord conclu entre les 2 hommes en 2023.
Me Jean-Marc Fedida, avocat de l’homme d’affaires, a rappelé les origines de leur différend. Pendant plusieurs années, Ammar Abd Rabbo avait diffusé des publications mettant en cause son client, notamment sur Internet, dans le seul but de lui nuire. L’avocat a évoqué des accusations qu’il a qualifiées de dénigrantes et a expliqué que les protagonistes avaient finalement conclu un protocole transactionnel, le 27 octobre 2023.
Puis est venue la révélation : « Moyennant les contreparties, un versement de 40.000 euros était versé à M. Abd Rabbo », a déclaré Me Jean-Marc Fedida devant la magistrate. L’avocat a précisé aussitôt la nature de l’arrangement. Ammar Abd Rabbo s’engageait notamment à retirer les publications accusatoires qu’il avait diffusées contre l’homme d’affaires, en particulier des stories mises en ligne sur Internet.
« M. Abd Rabbo, journaliste, retirait l’ensemble des stories qui étaient notamment sur la toile », a poursuivi Me Fedida.
Voilà donc Ammar Abd Rabbo, un journaliste et photographe, qui se prête à un drôle de marchandage, en publiant des accusations contre un homme d’affaires, puis qui encaisse 40.000 euros dans le cadre d’un accord prévoyant leur disparition. Des contenus présentés au public comme des informations suffisamment importantes pour être diffusées se retrouvent finalement retirés à la faveur d’une négociation financière. Une drôle de façon de pratiquer le journalisme.
Ses pseudo « révélations » avaient donc un prix : 40.000 euros !
L’affaire est terriblement embarrassante pour Ammar Abd Rabbo. Lorsqu’un journaliste diffuse des accusations contre une personne, ses lecteurs sont censés pouvoir compter sur le sérieux de son travail, l’exactitude de ses informations et son indépendance vis-à-vis de ceux qu’il met en cause.
Or, dans le cas présent, les publications accusatoires ressemblaient moins à une enquête journalistique qu’à une vengeance personnelle, avec, qui sait, une attention d’en tirer profit. Ammar Abd Rabbo a en effet accepté de les retirer en échange de 40.000 euros, tout en promettant de ne plus dénigrer son adversaire.
Les « révélations » d’hier pouvaient donc être retirées contre une contrepartie financière. Pour un soi-disant professionnel de l’information, le précédent est peu glorieux.
Face à ces révélations, l’avocate d’Ammar Abd Rabbo n’a pas contesté les 40.000 euros
Autre élément marquant de notre présence à l’audience : la réaction de la défense d’Ammar Abd Rabbo. C’est Me Eva Lee, avocate collaboratrice de Me Benoît Huet, conseil du photographe, qui a assuré sa plaidoirie devant la magistrate.
Elle a développé longuement ses arguments sur le protocole transactionnel signé en 2023. Elle a rappelé qu’il avait pour objectif de mettre un terme à près de 20 ans de relations conflictuelles et a insisté sur les engagements personnels pris par les signataires.
Mais Me Eva Lee n’a contesté à aucun moment, dans sa plaidoirie, les 40.000 euros évoqués par Me Jean-Marc Fedida. Elle n’a pas davantage remis en cause oralement les obligations de retrait des publications décrites par son confrère. Une absence de contestation qui retient particulièrement l’attention, alors que la révélation concerne directement les pratiques du photographe et la manière dont il a négocié le retrait de contenus qu’il avait lui-même publiés.
Après les 40.000 euros reçus, Ammar Abd Rabbo réclame désormais 120.000 euros
L’arrangement conclu le 27 octobre 2023 prévoyait une autre disposition importante. Outre le retrait des publications, les deux hommes acceptaient de ne plus se dénigrer pendant une période de 20 ans. L’article 3 du protocole prévoyait que chaque partie devait « s’abstenir de toute appréciation calomnieuse, dénigrante, diffamatoire, ou injurieuse, à l’encontre de l’autre Partie, à titre public ou à titre privé ».
Photographe de Bachar al-Assad et décoré sous Macron : les précédentes polémiques
Ammar Abd Rabbo a déjà fait l’objet de nombreuses critiques concernant ses relations passées avec le régime de Bachar al-Assad. Le photographe franco-syrien a réalisé plusieurs portraits du dictateur, de son épouse Asma et de leur entourage, bénéficiant parfois d’un accès privilégié à la vie privée de la famille présidentielle.
Certaines photographies présentaient Bachar al-Assad dans des circonstances familiales et intimes, très éloignées de la répression menée par son régime. Ces clichés ont alimenté des interrogations sur leur contribution éventuelle à la communication d’un pouvoir responsable d’emprisonnements arbitraires, de tortures et de massacres.
Ammar Abd Rabbo conteste avoir soutenu politiquement la dictature syrienne. Lors de l’audience du 14 octobre, Me Eva Lee a d’ailleurs rappelé qu’il n’avait jamais été, selon elle, photographe officiel de Bachar al-Assad et qu’il avait dénoncé les crimes commis par le régime.
Ces explications n’ont pas éteint les polémiques, notamment en France. En 2017, sous la présidence d’Emmanuel Macron, Ammar Abd Rabbo a été nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, une distinction qui a ensuite été contestée en raison de ses relations passées avec le clan Assad.
En février 2025, la députée Christelle D’Intorni a demandé le retrait de cette décoration. L’élue des Alpes-Maritimes a notamment mis en cause le rôle qu’elle attribue au photographe dans la communication du régime syrien.
Elle a ensuite souhaité l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur les relations entretenues par la France avec l’ancien pouvoir de Damas. Le cas d’Ammar Abd Rabbo figurait parmi les exemples avancés pour réclamer des éclaircissements sur les relations entre certaines personnalités et la dictature syrienne.
Des « révélations » retirées contre 40.000 euros : une bien étrange conception de la vérité
Après les polémiques sur son passé auprès du clan Assad et les demandes de retrait de sa décoration française, Ammar Abd Rabbo voit désormais ses propres pratiques journalistiques révélées au grand public. Le photographe a touché 40.000 euros dans le cadre d’un accord prévoyant le retrait de publications accusatoires qu’il avait lui-même diffusées contre un homme d’affaires. Le journaliste qui avait rendu publiques ces accusations a donc accepté leur disparition au terme d’une négociation financière. Et tandis qu’il réclame aujourd’hui 120.000 euros dans une nouvelle procédure concernant des articles consacrés à son passé, ce précédent prend une résonance bien particulière. Drôles de méthodes pour un journaliste qui prétend défendre la vérité…

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