Le parquet d’Annecy a ouvert une enquête préliminaire pour viol après la plainte déposée par un jeune homme contre un élu municipal. Les faits dénoncés auraient eu lieu à l’automne 2023, alors que le plaignant était majeur. À ce stade, aucune poursuite n’a été annoncée et la personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence.
L’affaire a été portée à la connaissance de la justice le 18 mars 2026 par une élue, qui avait recueilli les confidences du jeune homme. Entendu par les enquêteurs, celui-ci a confirmé ses déclarations avant de déposer officiellement plainte. Les investigations ont été confiées à la brigade de recherches d’Annecy.
L’élu visé, identifié par « L’Essor Savoyard » comme étant Anthony Granger, premier adjoint au maire, a été entendu par la gendarmerie le 9 juin. Le parquet indique que de nombreux actes d’enquête ont été réalisés, notamment des auditions de témoins et des investigations techniques. Le dossier, clôturé le 9 juillet, est désormais examiné par le ministère public, qui devra décider des suites judiciaires.
Une affaire doublée d’une polémique sur la liberté d’informer
Depuis la révélation de l’affaire, Anthony Granger a été placé en retrait de ses fonctions municipales par le maire d’Annecy, Antoine Armand. Cette mesure conservatoire ne préjuge pas de la responsabilité pénale de l’élu, mais traduit la sensibilité politique du dossier pour la nouvelle équipe municipale.
La publication du témoignage par « L’Essor Savoyard » a également provoqué une vive controverse. Selon une enquête menée par l’hebdomadaire et Reporters sans frontières, plus de 900 exemplaires du numéro concerné auraient été achetés en masse dans une vingtaine de points de vente. Plusieurs personnes liées à la mairie auraient participé à ces achats, présentés par les deux organisations comme une tentative visant à limiter la diffusion des révélations.
La municipalité conteste toute opération organisée et Antoine Armand assure qu’aucune consigne n’a été donnée pour faire disparaître le journal des kiosques. L’épisode a pourtant produit l’effet inverse de celui supposément recherché : les ventes de l’hebdomadaire ont progressé d’environ 50 % et l’affaire a acquis une visibilité nationale. Deux questions distinctes restent désormais en suspens, celle des suites réservées à la plainte et celle d’une éventuelle intervention de membres de l’entourage municipal dans la diffusion d’une information d’intérêt public.
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