Drogue dans les ministères : Lecornu révèle que plusieurs personnes ont été écartées après des tests positifs
Drogue dans les ministères : Lecornu révèle que plusieurs personnes ont été écartées après des tests positifs

Sébastien Lecornu a confirmé que plusieurs membres de cabinets ministériels ou hauts fonctionnaires avaient été écartés après avoir été contrôlés positifs aux stupéfiants. Le Premier ministre avait ordonné en juin une vaste campagne de dépistages au sommet de l’État, touchant les ministres, leurs collaborateurs et de nombreux responsables occupant des fonctions sensibles. Le chef du gouvernement n’a révélé ni le nombre exact de cas positifs, ni les substances détectées, ni l’identité des personnes concernées. Il assure cependant que les sanctions annoncées ont bien été appliquées.

« Plusieurs personnes ont été remerciées »

Interrogé sur les premiers résultats de cette campagne de dépistage, Sébastien Lecornu a reconnu que des contrôles avaient abouti à des départs. « Plusieurs personnes ont été remerciées », a déclaré le Premier ministre, confirmant ainsi que des membres de cabinets ministériels ou des hauts fonctionnaires avaient perdu leurs fonctions après des tests positifs.  

Aucun nom n’a été communiqué. Matignon avait prévenu dès le lancement de l’opération que les résultats individuels resteraient confidentiels et que les éventuelles sanctions seraient prononcées sans publicité, notamment en raison du secret médical.

Des dépistages lancés dans tous les ministères

Le 16 juin, Sébastien Lecornu avait adressé une circulaire aux membres de son gouvernement afin de leur demander d’organiser des dépistages « inopinés et obligatoires » de stupéfiants. Ces contrôles devaient être réalisés sous la forme de tests salivaires. Ils visaient notamment les membres des cabinets ministériels, les hauts fonctionnaires nommés par le gouvernement ainsi que les agents ayant accès à des informations sensibles ou disposant d’une habilitation particulière. Les ministres avaient également été invités à se soumettre au dépistage. Les préfets, les ambassadeurs, les recteurs et certains directeurs d’administration figuraient également parmi les responsables susceptibles d’être contrôlés.

Des tests positifs suivis de sanctions

Dans sa circulaire, le Premier ministre avait demandé aux ministres de tirer les conséquences de chaque résultat positif, y compris sur le plan disciplinaire. Les personnes concernées devaient aussi être orientées vers des structures de soins. Le gouvernement avait clairement annoncé que les collaborateurs ou responsables contrôlés positifs pourraient être écartés de leurs fonctions. Sébastien Lecornu confirme désormais que cette possibilité a été utilisée et que plusieurs départs ont effectivement été décidés. Les dépistages peuvent être renouvelés afin d’éviter qu’une personne se prépare à un contrôle annoncé. Les tests salivaires détectent principalement une consommation récente de stupéfiants.

Aucun nom et aucun bilan chiffré

Le gouvernement refuse toujours de publier un bilan détaillé de l’opération. Le nombre de tests effectués, le nombre total de résultats positifs et les fonctions exactes des personnes écartées n’ont pas été révélés. « On n’est pas un tribunal », avait expliqué l’entourage du Premier ministre en juin pour justifier cette confidentialité. Matignon affirmait vouloir garantir l’exemplarité et la sécurité de l’État sans exposer publiquement les personnes concernées.  

Les résultats personnels des ministres ne seront pas davantage communiqués. Sébastien Lecornu et les membres de son cabinet avaient annoncé s’être eux-mêmes soumis aux tests, sans rendre publics leurs résultats.

Des postes jugés particulièrement sensibles

Pour justifier cette campagne, Sébastien Lecornu avait expliqué que la consommation de stupéfiants pouvait fragiliser les responsables occupant des fonctions stratégiques. La circulaire évoquait une vulnérabilité susceptible d’être exploitée par des réseaux criminels, des groupes de pression ou des opérations d’ingérence. Le gouvernement mettait également en avant les conséquences possibles sur le fonctionnement des services et la sécurité des informations détenues par les personnes concernées. La campagne avait été présentée comme une mesure d’exemplarité alors que l’exécutif avait fait de la lutte contre le narcotrafic l’une de ses priorités.

Deux précédents avaient déjà provoqué des départs

Avant le lancement de cette campagne générale, deux dossiers avaient déjà entraîné des sanctions. Un conseiller chargé des questions agricoles à Matignon avait été évincé après un malaise lié à une consommation de drogue. Un haut fonctionnaire de Bercy avait également été démis de ses fonctions après une affaire impliquant des stupéfiants. Ces affaires avaient renforcé la volonté du Premier ministre d’imposer des contrôles dans les ministères et parmi les hauts responsables administratifs.

La campagne doit se poursuivre

Les premières sanctions confirmées par Sébastien Lecornu ne mettent pas fin aux dépistages. Les contrôles doivent pouvoir être répétés à intervalles réguliers et rester imprévisibles. Le gouvernement maintient donc sa ligne : les personnes occupant des postes sensibles peuvent être contrôlées, tout résultat positif peut provoquer une sanction ou une éviction, mais les noms et les résultats détaillés resteront confidentiels.

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