Le gouvernement pourrait subir un premier revers majeur dès l’ouverture de l’examen du budget 2027 à l’Assemblée nationale. Les députés socialistes ont confirmé ce lundi 12 octobre leur intention de défendre une motion de rejet préalable, avant même la discussion des articles du projet de loi de finances. Ils reprochent à Sébastien Lecornu de n’avoir apporté aucune modification significative à sa copie, malgré les demandes répétées de compromis formulées par le Parti socialiste.
Estelle Mercier, chargée des questions budgétaires pour le groupe socialiste, estime que le gouvernement n’a pas répondu aux principales revendications de son camp. Le PS réclame notamment une contribution accrue des patrimoines les plus élevés et des grandes entreprises, tout en contestant plusieurs économies envisagées sur les prestations sociales et les services publics. Les socialistes avaient déjà demandé au Premier ministre de présenter une lettre rectificative avant l’ouverture des débats parlementaires.
Le vote du RN pourrait être décisif
La motion de rejet préalable constitue une arme parlementaire importante. Si elle recueille une majorité de suffrages, l’Assemblée nationale rejettera le projet de loi de finances en première lecture sans procéder à l’examen détaillé de ses articles. Le texte poursuivra alors son parcours parlementaire au Sénat, plaçant le gouvernement dans une situation politiquement délicate.
L’attitude du Rassemblement national sera particulièrement surveillée. Le parti de Marine Le Pen a présenté son propre contre-budget et critique la trajectoire financière proposée par l’exécutif. Une convergence de votes entre les députés de gauche et ceux du RN pourrait permettre l’adoption de la motion, sans qu’il existe pour autant d’accord politique entre ces formations.
Pour Sébastien Lecornu, l’enjeu dépasse le seul calendrier budgétaire. Le gouvernement cherche à faire adopter un texte prévoyant environ 54 milliards d’euros d’effort et un déficit public ramené à 5% du PIB en 2027. Mais les oppositions contestent les choix retenus, tandis que les marchés financiers surveillent la capacité de la France à rétablir ses comptes.

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