Bally Bagayoko a accordé un long entretien à l’émission « Oui Hustle », animée par LeChairman. Le maire LFI de Saint-Denis y revient sur son parcours personnel, son enfance dans les quartiers populaires, son engagement politique et les premières semaines de son mandat. Il évoque également sa vision de La France insoumise, les discriminations, le rapport des quartiers populaires à la politique et les échéances nationales de 2027. Trois mois plus tôt, « Oui Hustle » avait déjà reçu Gabriel Attal, un précédent entretien auquel LeChairman fait directement référence au cours de l’échange avec Bally Bagayoko.
Né en 1973 dans une famille d’origine malienne, Bally Bagayoko raconte avoir grandi à Saint-Denis après un passage très jeune au Mali. Il insiste sur le rôle de sa famille, de l’école publique et du sport dans sa construction. Ancien basketteur puis entraîneur, il présente le basket comme une véritable « école de la vie », où il dit avoir appris la discipline, le leadership et le travail collectif. Avant d’entrer pleinement en politique, il a également travaillé dans l’animation puis à la RATP, qu’il rejoint en 2001 sur des missions liées notamment à la prévention urbaine et aux quartiers populaires.
« On peut être un enfant des cités et devenir maire de sa ville »
Une grande partie de l’entretien est consacrée à la représentation politique des habitants des quartiers populaires. Bally Bagayoko explique avoir longtemps voulu montrer que l’entrée en politique ne signifiait pas nécessairement une rupture avec son milieu d’origine. Il raconte avoir commencé son engagement municipal au début des années 2000, dans des majorités alors dominées par les communistes, avant de rejoindre par la suite La France insoumise. Son message reste centré sur l’idée que les habitants issus des quartiers populaires doivent davantage investir les espaces de décision politique et administrative.
Le passage consacré à Gabriel Attal permet aussi de mettre en scène deux visions politiques opposées. LeChairman rappelle avoir interrogé l’ancien Premier ministre dans le podcast quelques mois auparavant et explique lui avoir parlé des premières mesures annoncées si il est élu président de la république. Le maire de Saint-Denis répond en opposant sa conception de la redistribution et du financement des politiques locales à celle qu’il attribue à Gabriel Attal. Il insiste notamment sur les fournitures scolaires gratuites et la distribution de vélos à des collégiens, qu’il présente comme des engagements de campagne effectivement appliqués.
Des attaques qu’il juge politiques et parfois racistes
Bally Bagayoko revient longuement sur les attaques dont il affirme faire l’objet depuis son élection. Il met en cause des adversaires politiques, certains médias et l’extrême droite, en estimant qu’une partie des critiques qui lui sont adressées relève du racisme ou d’une volonté de délégitimer sa victoire. Ces accusations sont ses propres déclarations dans l’entretien et ne sont pas établies comme des faits par le document. Il évoque notamment les conséquences de cette exposition sur sa famille et explique chercher à préserver son épouse et ses enfants.
Le maire affirme néanmoins vouloir rester très présent dans les quartiers et continuer à privilégier une relation directe avec les habitants. Il décrit une fonction de maire très prenante, avec des journées pouvant commencer tôt le matin et se terminer tard dans la nuit. Il insiste surtout sur la nécessité, selon lui, d’expliquer les limites de l’action municipale et d’associer les habitants aux arbitrages locaux.
Mélenchon, LFI et l’horizon 2027
L’entretien prend enfin une dimension nationale lorsque il évoque Jean-Luc Mélenchon et l’élection présidentielle de 2027. Il affiche clairement son soutien au leader de La France insoumise et estime qu’un gouvernement de « gauche de rupture » permettrait davantage de moyens pour les collectivités locales, le logement social et les services publics. Il cite notamment la construction de 200 000 logements par an parmi les objectifs qu’il associe au programme de son camp.
Bally Bagayoko dit néanmoins ne pas se projeter personnellement dans un ministère et affirme vouloir rester maire de Saint-Denis autant que possible. À travers cet entretien, « Oui Hustle » poursuit ainsi une série de conversations politiques déjà alimentée par la venue de Gabriel Attal quelques mois auparavant, en donnant cette fois la parole à l’un des nouveaux visages locaux de La France insoumise.

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