À la veille de la présentation du budget 2027, les députés écologistes ont dévoilé mercredi 30 septembre leur propre contre-budget. Parmi leurs principales propositions figure une taxe exceptionnelle visant les entreprises pétrolières et gazières ayant fortement bénéficié de la hausse des prix de l’énergie. Le groupe Écologiste et Social défend un prélèvement de 33 % sur le chiffre d’affaires additionnel réalisé en 2026 et 2027 par rapport à 2025. La députée Eva Sas estime que cette mesure pourrait rapporter environ 2,8 milliards d’euros.
Les écologistes souhaitent utiliser cette recette pour financer un chèque de 450 euros destiné à environ six millions de ménages touchés par la hausse des prix du carburant et de l’énergie. La mesure cible directement les groupes pétro-gaziers présents en France, et notamment TotalEnergies, dont les résultats ont fortement progressé en 2026. Au premier trimestre, le groupe a publié un résultat net ajusté de 5,4 milliards de dollars, en hausse de 29 % sur un an. Au deuxième trimestre, son résultat net ajusté a atteint 6 milliards de dollars.
Une proposition qui relance le débat sur la taxation des énergéticiens
La taxation des profits des entreprises de l’énergie n’est pas nouvelle dans le débat parlementaire. Eva Sas avait déjà défendu en 2024 le rétablissement et l’élargissement d’une contribution visant la chaîne de valeur des énergies fossiles, en estimant que la France mettait moins à contribution ces acteurs que certains voisins européens.
Cette nouvelle version s’inscrit dans une stratégie plus large des écologistes visant à augmenter la contribution des grandes entreprises et des ménages les plus fortunés. Leur contre-budget prévoit également une contribution exceptionnelle de 10 % sur les héritages supérieurs à 4 millions d’euros, portée à 20 % au-delà de 13 millions, ainsi qu’une réforme de plusieurs dispositifs successoraux et une taxation accrue de certaines plus-values latentes.
Dix milliards d’euros supplémentaires pour le climat
Le groupe Écologiste et Social propose parallèlement un plan d’investissement climatique de l’ordre de 10 milliards d’euros. Les députés souhaitent consacrer davantage de moyens à la rénovation, aux transports, à l’adaptation au changement climatique et à la transition énergétique. Ils défendent également un plan consacré à la santé environnementale, en affirmant qu’une réduction de l’exposition aux substances toxiques pourrait diminuer à terme certaines dépenses de l’Assurance maladie.
Ces propositions devront désormais trouver leur place dans le débat parlementaire sur le budget 2027. Elles restent à ce stade celles d’un groupe d’opposition et ne préjugent pas des arbitrages retenus par le gouvernement ni de leur adoption par le Parlement. Le débat sur les superprofits pétro-gaziers devrait néanmoins revenir au premier plan, alors que les prix de l’énergie et la fiscalité des grandes entreprises restent parmi les sujets économiques les plus sensibles de cette rentrée.

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