SOCIÉTÉ Manifestations et conflits sociaux

«On lui a volé sa vie»: la mère du lycéen de 15 ans, qui a eu la main arrachée à Lens, annonce porter plainte

«On lui a volé sa vie»: la mère du lycéen de 15 ans, qui a eu la main arrachée à Lens, annonce porter plainte
«On lui a volé sa vie»: la mère du lycéen de 15 ans, qui a eu la main arrachée à Lens, annonce porter plainte

La mère du lycéen de 15 ans grièvement blessé lundi à Lens a pris la parole. Son fils, élève de seconde professionnelle au lycée Auguste-Béhal, a été amputé de la main gauche après l’explosion d’une grenade utilisée par les forces de l’ordre lors d’un rassemblement lycéen. Deux jours après le drame survenu aux abords de son établissement, sa mère conteste la version selon laquelle il aurait ramassé l’engin au sol et annonce que la famille va porter plainte.

Auprès de BFMTV, elle s’est confiée sur les conséquences irréversibles de cette explosion sur son fils. « On lui a volé sa vie. C’est terminé, il n’a plus de main. C’est un gamin de 15 ans, pourquoi on s’en prend comme ça à des enfants ? » Le jeune garçon reste hospitalisé après une opération lourde.

« Mon fils n’a pas ramassé la grenade à terre »

Les circonstances exactes de l’explosion restent au cœur de l’enquête. Dès lundi, une version avait circulé selon laquelle l’adolescent aurait ramassé une grenade lancée par les CRS avant que celle-ci n’explose. Plusieurs témoins ont cependant affirmé qu’il avait été directement touché par l’engin. Le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, a indiqué qu’il n’était pas encore possible d’établir formellement laquelle de ces versions correspond aux faits.

La mère du lycéen rejette catégoriquement l’hypothèse selon laquelle son fils aurait saisi la grenade. « C’est horrible ce qui est arrivé à mon fils, on est encore sous le choc. Beaucoup de mensonges circulent, mon fils n’a pas ramassé la grenade à terre. Il a été touché avec une arme de guerre, c’est pas normal qu’on utilise ça face à des jeunes. » L’expression « arme de guerre » est celle employée par la mère et ne constitue pas, à ce stade, une qualification juridique de l’engin.

Amputé de la main gauche, également blessé à la main droite

L’état du lycéen a nécessité plusieurs soins importants. Le maire de Wingles, commune où réside l’adolescent, a indiqué qu’il avait été amputé de la main gauche, qu’une greffe avait été pratiquée sur sa main droite et qu’il présentait également des plaies au visage et au thorax. Son pronostic vital n’est pas engagé.

L’enquête doit désormais reconstituer les secondes précédant l’explosion. L’IGPN a été saisie pour des faits de violence ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. L’affaire a rapidement provoqué des demandes d’explications sur l’usage de la grenade qui a mutilé le lycéen. Les enquêteurs devront notamment déterminer la nature exacte de la munition, sa trajectoire et les conditions de son utilisation.

Une grenade au centre des investigations

Selon les premiers éléments communiqués après les faits, plusieurs grenades ont été utilisées alors que les CRS faisaient face à des jets de projectiles et à des incendies de poubelles. Des sommations auraient précédé l’utilisation de grenades lacrymogènes puis d’un dispositif assourdissant.

Les vidéos enregistrées devant le lycée et les témoignages des personnes présentes doivent permettre de déterminer si l’engin se trouvait au sol, s’il a été ramassé ou s’il a explosé après être arrivé directement à proximité du jeune garçon. Cette distinction sera déterminante pour établir les responsabilités.

« Il a fallu que mon fils perde sa main pour qu’on agisse »

Après le drame, Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l’utilisation des grenades assourdissantes dans le cadre du mouvement lycéen, à titre conservatoire et dans l’attente des conclusions de l’enquête.

Une décision qui provoque l’amertume de la mère. « Enfin… Il a fallu que mon fils perde sa main pour qu’on agisse, ce n’est pas normal. Pourquoi on utilise ce type d’armes face à des enfants ? Ce sont des enfants ! » Cette décision intervient alors que la mobilisation lycéenne a connu une nouvelle journée de forte mobilisation, avec plusieurs tensions signalées autour d’établissements.

La famille va porter plainte

La famille du garçon a désormais décidé d’engager une procédure judiciaire. Sa mère a annoncé qu’une plainte devait être déposée dans les prochaines heures, tandis que les investigations de l’IGPN se poursuivent.

L’enjeu sera de déterminer la trajectoire de la grenade, les conditions exactes de son utilisation et ce qui s’est passé dans les secondes précédant l’explosion. La version de la mère, qui affirme que son fils n’a jamais ramassé l’engin, devra être confrontée aux vidéos, aux témoignages et aux constatations techniques. L’enquête doit désormais établir les responsabilités dans une affaire qui a laissé un adolescent de 15 ans amputé d’une main.

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