Un adolescent de 15 ans a eu une main arrachée ce lundi 5 octobre à Lens après l’explosion d’une grenade utilisée par les forces de l’ordre en marge de la mobilisation lycéenne. Alors que les circonstances exactes restent à établir, l’affaire provoque une importante réaction politique à gauche et relance le débat sur la doctrine de maintien de l’ordre autour des établissements scolaires.
Scolarisé en seconde professionnelle au lycée Auguste-Béhal, l’adolescent participait à un rassemblement lorsque l’explosion s’est produite. Le procureur de Béthune a confirmé la mutilation mais appelle à la prudence : il n’est « pas en mesure de dire formellement » si le jeune a ramassé la grenade avant son explosion ou si celle-ci a été projetée directement sur lui. Les témoignages et versions disponibles divergent. L’IGPN a été saisie afin de déterminer précisément le déroulement des faits.
La doctrine de maintien de l’ordre mise en cause
Le préfet du Pas-de-Calais indique qu’entre 200 et 250 jeunes étaient rassemblés et que les forces de l’ordre avaient essuyé des jets de pierres, de feux d’artifice et de mortiers. Édouard Geffray a qualifié la blessure de situation « personnellement et humainement dramatique », tout en refusant de tirer des conclusions avant les résultats de l’enquête.
À gauche, les réactions ont été beaucoup plus offensives. Manuel Bompard accuse le gouvernement d’avoir privilégié « la répression » au dialogue. Marine Tondelier demande une révision de la doctrine de maintien de l’ordre, tandis qu’Olivier Faure et Fabien Roussel réclament également des explications sur les choix opérés par l’exécutif. Ces prises de position constituent des appréciations politiques : l’enquête doit encore déterminer les conditions exactes dans lesquelles la grenade a été utilisée.
Boris Vallaud demande désormais l’audition de Laurent Nuñez devant la commission des lois de l’Assemblée nationale. La députée macroniste Agnès Pannier-Runacher réclame elle aussi que « toute la lumière » soit faite. À la veille de la nouvelle journée nationale de mobilisation prévue mardi, le drame de Lens place ainsi la question du maintien de l’ordre au centre de la crise lycéenne.

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