Le leasing social automobile marque le pas en France. Lancée le 16 juillet 2026, la troisième édition de ce dispositif destiné à faciliter l’accès des ménages modestes aux voitures électriques n’a toujours pas atteint son objectif de 50 000 commandes. Selon les informations révélées ce mercredi 28 octobre par RTL, environ 39 000 véhicules ont été réservés après plus de quinze semaines de commercialisation. Un ralentissement notable par rapport aux deux précédentes éditions, dont les quotas avaient été écoulés beaucoup plus rapidement. En cause : des mensualités devenues moins attractives, des aides publiques réduites et une disponibilité limitée de certains modèles. Le gouvernement assure néanmoins que l’objectif sera atteint et que les constructeurs respecteront leurs engagements.
Le contraste avec les premières éditions est particulièrement marqué. En 2024, les 50 000 véhicules proposés avaient trouvé preneur en seulement six semaines. En 2025, douze semaines avaient été nécessaires pour atteindre ce même volume. Cette année, alors que la seizième semaine du dispositif a commencé, environ 11 000 voitures restent à attribuer. Pourtant, l’intérêt des Français pour la mobilité électrique ne semble pas avoir disparu. Le programme permet toujours aux foyers éligibles de louer un véhicule neuf sans apport initial, avec des mensualités plafonnées à 200 euros hors assurance et prestations complémentaires. Pour en bénéficier, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 16 880 euros par part. Les candidats doivent également utiliser leur véhicule personnel pour parcourir plus de dix kilomètres entre leur domicile et leur travail, ou effectuer plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle. Les contrats sont conclus pour au moins trois ans et comprennent un kilométrage annuel minimal de 15 000 kilomètres. Le gouvernement a mobilisé une enveloppe de 401 millions d’euros pour cette nouvelle édition, qui doit permettre à 50 000 ménages supplémentaires d’accéder à une voiture électrique à tarif préférentiel.
Des aides moins généreuses et des constructeurs moins intéressés
L’une des principales explications de ce ralentissement réside dans l’évolution des prix. Lors du lancement du leasing social en 2024, certains modèles étaient proposés à des tarifs particulièrement attractifs, parfois inférieurs à 60 euros par mois. La Citroën ë-C3, par exemple, était alors disponible à partir de 54 euros mensuels. En 2026, son tarif d’entrée atteint 94 euros, sans compter l’assurance obligatoire. Cette augmentation reflète notamment la diminution des aides financières accordées aux constructeurs et aux organismes de location. Alors que le soutien public pouvait atteindre 13 000 euros par véhicule lors de la première édition, l’aide de base est désormais plafonnée à 6 500 euros, avec des majorations possibles pour certains véhicules fabriqués en Europe. Pour les ménages les plus modestes, quelques dizaines d’euros supplémentaires chaque mois peuvent représenter un obstacle important. Le choix des véhicules constitue une autre difficulté. Certains modèles ont rapidement atteint les quotas fixés par leurs fabricants, tandis que d’autres ont été retirés du programme avant que l’ensemble des 50 000 commandes soit enregistré. Nissan a ainsi clôturé les réservations de sa Micra électrique après avoir atteint ses objectifs, tandis que Kia a limité sa participation à 750 exemplaires de son EV2, contre 1 500 initialement envisagés.
Les arbitrages industriels jouent également un rôle dans cette situation. Dans un marché où la demande de voitures électriques progresse, les constructeurs peuvent préférer vendre leurs véhicules par les circuits commerciaux classiques plutôt que de les proposer dans un programme aux marges plus réduites. Selon les informations rapportées par la presse économique, Renault aurait limité à environ 9 000 exemplaires sa participation avec les R5 et Mégane E-Tech, tandis que Peugeot aurait plafonné les volumes de sa e-208. Les industriels invoquent notamment la nécessité de maîtriser les coûts, les capacités de production et les délais de livraison. Cette évolution soulève une question plus large sur l’efficacité du leasing social : comment rendre la voiture électrique accessible aux ménages modestes si les prix augmentent et si l’offre disponible reste limitée ? Pour l’État, l’enjeu dépasse les seules 50 000 commandes. Le dispositif doit contribuer à réduire la dépendance aux carburants fossiles et permettre aux automobilistes qui parcourent de longues distances pour travailler de diminuer leurs dépenses énergétiques. Mais son succès dépend autant du montant des aides que de l’engagement des constructeurs et de la disponibilité des véhicules. À ce stade, les 39 000 réservations montrent que le programme conserve une réelle attractivité, sans retrouver l’engouement de ses débuts. Les prochaines semaines permettront de savoir si les 11 000 commandes restantes pourront être enregistrées avant la fin de l’année.









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