Apolline de Malherbe n’a pas caché son agacement ce lundi sur BFMTV. Alors que la chaîne suivait en direct les blocages de lycées organisés dans plusieurs villes de France, deux jeunes se sont placés devant une caméra installée devant le lycée Turgot, dans le 3e arrondissement de Paris. L’un d’eux brandissait une pancarte portant l’inscription «Les médias = diffamation», directement visible à l’antenne.
La présentatrice a immédiatement réagi. «C’est un bon classique. Alors que précisément nous sommes en train de montrer ce qui se passe, de donner la parole aux lycéens, il y a marqué “Médias = diffamation”. Je vous laisse juger.» Visiblement irritée par le message, elle a poursuivi : «Je trouve quand même que c’est absolument inouï.»
«Ces panneaux sont désormais pour nous insulter»
Apolline de Malherbe a insisté sur le paradoxe de la situation : la caméra de BFMTV filmait les manifestants et leurs revendications tandis que certains d’entre eux utilisaient précisément cette exposition pour attaquer les médias. «C’est notre caméra qui est là, de manière calme. Ces panneaux sont désormais pour nous insulter. Je trouve que c’est inouï.»
Quelques instants auparavant, la journaliste avait également dû interrompre un direct avec un reporter présent à Lille. Celui-ci expliquait que son équipe avait dû s’éloigner après avoir été visée par des jets de bouteilles et de pavés. Apolline de Malherbe lui avait demandé de se mettre à l’abri avant de poursuivre l’émission.
La tension entre certains participants aux mobilisations lycéennes et les journalistes n’est pas nouvelle. Le 29 septembre, deux journalistes de BFMTV avaient déjà été agressés lors d’un blocage de lycée à Saint-Denis. Insultés et molestés, ils avaient dû quitter les lieux et avaient déposé plainte, avec le soutien de la chaîne.
Un représentant lycéen reproche à BFMTV sa couverture du mouvement
Présent sur le plateau, Marius Mesnil, co-secrétaire général de l’Union syndicale lycéenne, a contesté la présentation du mouvement par BFMTV. «Je pense qu’effectivement, on peut dire que la manière dont vous présentez ce mouvement n’est pas toujours très correcte.» Il a notamment pointé les images de feux diffusées autour du plateau pour estimer qu’elles donnaient une vision trop négative des mobilisations.
Apolline de Malherbe lui a répondu en revenant directement aux images diffusées depuis le lycée Turgot. «Vous remarquerez qu’à l’antenne, nous sommes justement sur le lycée Turgot. On est restés sur le lycée Turgot depuis ce matin et c’est le lycée Turgot qui nous insulte. Avouez quand même que c’est sidérant.»
Marius Mesnil a maintenu ses critiques et assuré que les scènes de tension ne représentaient pas l’ensemble des établissements mobilisés. «Je tiens à dire aux gens qui nous regardent que dans la majorité des lycées, il y a des scènes joyeuses, des scènes de solidarité.» Il a notamment évoqué des «battles d’aura entre des lycéens et des proviseurs» pour défendre une autre image de la contestation.
Des blocages marqués par plusieurs incidents
Les blocages lycéens se poursuivent depuis plusieurs jours sur fond de revendications concernant notamment les effectifs, le manque d’enseignants et les moyens accordés aux établissements. La précédente journée de mobilisation avait donné lieu à 440 interpellations, tandis que plusieurs membres de l’Éducation nationale et des élèves avaient été blessés.
Les journalistes couvrant ces mobilisations ont également été pris pour cible à plusieurs reprises. Dès le 21 septembre, deux journalistes de BFMTV avaient été menacées et contraintes de quitter une manifestation parisienne.
Pour Apolline de Malherbe, la pancarte brandie devant la caméra du lycée Turgot constituait donc un nouvel épisode de cette défiance envers BFMTV. La journaliste, qui avait elle-même reconnu quelques mois plus tôt un raté de la chaîne après la présentation d’un militant LFI comme simple supporter du PSG, a cette fois défendu sans détour le travail de ses équipes sur le terrain.

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