Même battue, Ségolène Royal n’a pas perdu son sens de la formule. Arrivée troisième de la primaire sociale-démocrate remportée dimanche 11 octobre par Raphaël Glucksmann avec 66,13 % des suffrages, l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 a réagi avec une pointe d’ironie au triomphe de son rival. Interrogée par franceinfo, elle a repris le surnom de « stagiaire » qu’elle lui avait déjà attribué pendant la campagne, tout en assurant qu’elle respecterait le choix des électeurs.
« Le stagiaire a gagné la primaire, oui, malheureusement », a lancé Ségolène Royal après l’annonce des résultats. Une déclaration qui résume les relations particulièrement tendues entre les deux personnalités depuis plusieurs semaines. Avec 66,13 % des voix, soit 79 613 suffrages, Raphaël Glucksmann s’est largement imposé devant Olivier Faure, crédité de 14,46 %, et les trois autres candidats, dont Ségolène Royal. L’ancienne ministre n’a recueilli qu’un peu plus de 7 % des suffrages, un résultat qui ne l’a manifestement pas empêchée de conserver son franc-parler.
Une rivalité marquée par les attaques personnelles
La formule n’est pas nouvelle. Dès le mois de septembre, dans un entretien accordé à Libération, Ségolène Royal avait comparé Raphaël Glucksmann à un débutant en politique : « Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d’une entreprise. » Elle estimait alors que les Français attendaient des dirigeants expérimentés et mettait en garde contre le risque de reproduire, selon elle, les erreurs commises avec Emmanuel Macron. Ces déclarations lui avaient valu un rappel à l’ordre de Patrick Mennucci, président de la commission d’organisation de la primaire, qui avait dénoncé des moqueries inadmissibles.
Mais Raphaël Glucksmann n’avait pas non plus épargné son adversaire. Une vidéo diffusée début octobre par Le Média le montrait accusant Ségolène Royal d’avoir fait « la danse du ventre à Macron ». L’ancienne ministre avait immédiatement dénoncé des propos sexistes. Lors du dernier débat télévisé de la primaire, les deux candidats s’étaient directement affrontés sur cette séquence, avant que Glucksmann ne présente ses excuses, tout en contestant l’accusation générale de sexisme.
Malgré cette rivalité, Ségolène Royal assure vouloir respecter le verdict des urnes. « Je soutiendrai le candidat qui a été désigné », a-t-elle déclaré dimanche, tout en précisant que ce soutien dépendrait du respect des valeurs de la gauche. Elle s’est également dite « très déçue, mais sans regrets », reconnaissant ainsi sa défaite sans renoncer à ses désaccords politiques avec le président de Place publique.
Une victoire qui ne met pas fin aux divisions de la gauche
La large victoire de Raphaël Glucksmann constitue une étape majeure dans sa campagne présidentielle. Le nouveau candidat de la gauche sociale-démocrate a immédiatement salué un résultat démontrant, selon lui, qu’une gauche fidèle à ses valeurs pouvait « rassembler, gouverner et gagner ». Il a également reçu les félicitations de François Hollande, qui entretient toujours l’hypothèse d’une candidature personnelle à l’élection présidentielle de 2027.

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