La rupture est désormais ouverte au sein de la famille communiste. Réuni samedi 7 novembre, le Conseil national du Parti communiste français a décidé de tirer les conséquences du soutien apporté par plusieurs de ses parlementaires à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2027. Dans une déclaration officielle, la direction du PCF affirme que tout adhérent choisissant de soutenir un autre candidat que Fabien Roussel se place « de lui-même en dehors du parti et de ses instances ». Les intéressés ne pourront donc plus participer aux travaux des instances communistes ni s’exprimer au nom du parti pendant la campagne. Une réponse ferme, deux jours après l’annonce du ralliement de neuf des dix-sept députés du groupe Gauche démocrate et républicaine au candidat insoumis.
Parmi les parlementaires concernés figurent Stéphane Peu, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, ainsi qu’Elsa Faucillon et Soumya Bourouaha. Jeudi, neuf députés, dont quatre communistes et cinq élus ultramarins, avaient annoncé leur intention de soutenir Jean-Luc Mélenchon plutôt que Fabien Roussel. Stéphane Peu avait alors présenté sa démarche comme une « objection de conscience », estimant que la situation politique imposait un rapprochement avec La France insoumise. Une décision d’autant plus sensible que les adhérents du PCF avaient désigné Fabien Roussel comme leur candidat le 6 septembre, à 72 % des suffrages exprimés.
Stéphane Peu refuse de quitter la présidence du groupe parlementaire
Le Conseil national invoque les statuts du parti, qui reconnaissent le droit de défendre des opinions divergentes tout en imposant le respect des décisions prises à la majorité. La direction considère que le soutien public à un candidat concurrent ne peut être compatible avec l’exercice de responsabilités au sein du PCF pendant la campagne. Stéphane Peu ne compte toutefois pas abandonner la présidence du groupe Gauche démocrate et républicaine, fonction parlementaire qui ne relève pas directement des instances du parti. Il a confirmé à LCP son intention de poursuivre sa mission à la tête de ce groupe réunissant des députés communistes et ultramarins.
Cette décision accentue les tensions autour de la candidature de Fabien Roussel. Le secrétaire national conserve l’investiture de son parti, mais doit désormais composer avec plusieurs élus communistes qui feront campagne pour son concurrent insoumis. À La France insoumise, ces ralliements sont présentés comme une étape vers le rassemblement de la gauche de rupture. Au PCF, ils sont considérés comme une remise en cause du vote des militants.









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