À moins de six mois de l’élection présidentielle de 2027, les divergences se multiplient au sein de la droite et du centre sur la désignation d’un candidat commun. Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates (MoDem) à l’Assemblée nationale, s’est prononcé en faveur d’une primaire élargie, allant des sociaux-démocrates à la droite républicaine. Mais le député du Loir-et-Cher souhaite en exclure David Lisnard, maire de Cannes et candidat déclaré à l’Élysée, qu’il accuse de préparer un rapprochement avec l’extrême droite. Une prise de position qui illustre les profondes divisions entre les responsables politiques favorables à une candidature commune, mais incapables pour l’instant de s’accorder sur les contours d’un éventuel rassemblement.
Dans un entretien accordé à « La Tribune Dimanche », Marc Fesneau défend une consultation dépassant les frontières traditionnelles du centre et de la droite. « Une primaire uniquement de la droite et du centre nous enfermerait dans des schémas anciens », affirme l’ancien ministre de l’Agriculture. Selon lui, le prochain scrutin présidentiel nécessite de construire une coalition plus large, susceptible d’associer des personnalités issues de la social-démocratie, du centre et de la droite républicaine. Le responsable du MoDem regrette également que l’espace centriste ne dispose pas, à ce stade, d’un candidat faisant consensus. Cette proposition s’inscrit dans la réflexion engagée par plusieurs responsables de l’ancienne majorité présidentielle pour éviter une multiplication des candidatures concurrentes. Toutefois, les désaccords demeurent importants sur les personnalités qui pourraient participer à cette consultation et sur les orientations politiques qu’elles devraient partager.
David Lisnard au cœur des désaccords entre le MoDem et la droite
La principale divergence concerne David Lisnard. Marc Fesneau estime que le maire de Cannes ne devrait pas participer à la primaire qu’il appelle de ses vœux, l’accusant de préparer une alliance avec l’extrême droite. Il s’appuie notamment sur les déclarations de l’élu cannois, qui avait indiqué qu’il voterait pour Marine Le Pen dans l’hypothèse d’un second tour face à Jean-Luc Mélenchon. David Lisnard défend pourtant une ligne économique libérale et critique régulièrement les propositions du Rassemblement national. Le désaccord entre les deux hommes ne date pas de ce week-end. Le 28 octobre, sur Public Sénat, Marc Fesneau avait déjà dénoncé un « mélange des genres » concernant la double ambition de David Lisnard, candidat à la présidentielle et président de l’Association des maires de France. Il s’inquiétait notamment des conséquences possibles de cette situation sur l’indépendance de l’association et sur la question des parrainages nécessaires aux candidats à l’Élysée. De son côté, David Lisnard continue de défendre l’organisation d’une grande primaire ouverte de la droite et du centre, estimant qu’une compétition démocratique permettrait de départager les prétendants et de limiter les divisions.
Cette nouvelle confrontation intervient alors que les initiatives se multiplient pour tenter de structurer l’espace politique situé entre la gauche radicale et le Rassemblement national. Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, a récemment proposé une « primaire des démocrates », tandis qu’Aurore Bergé défend une consultation réunissant principalement la droite et le centre. Les divergences portent cependant sur le périmètre du rassemblement. Marc Fesneau souhaite y associer les sociaux-démocrates, alors que d’autres responsables privilégient une alliance plus resserrée. L’entourage de Raphaël Glucksmann a déjà fait savoir qu’il ne participerait pas à une telle primaire, considérant qu’elle ne correspond pas à son espace politique. Quant à David Lisnard, il entend maintenir sa candidature si aucune consultation ouverte n’est organisée. À quelques mois du premier tour, aucune méthode commune n’a donc été arrêtée. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si ces propositions peuvent déboucher sur un accord ou si chaque formation choisira finalement de défendre son propre candidat. Une chose apparaît déjà clairement : derrière l’idée d’une primaire, c’est la définition même du rassemblement politique envisagé pour 2027 qui divise profondément ses promoteurs.









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