Une nouvelle polémique éclate entre Marine Le Pen et Mathilde Panot, cette fois autour d’Octobre rose, la campagne annuelle de sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Dans une vidéo publiée sur X, la présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale annonce refuser de porter le traditionnel ruban rose, dénonçant les profits réalisés par certaines multinationales. Une prise de position qui a immédiatement provoqué de vives réactions politiques. Marine Le Pen l’accuse de dissimuler un antisémitisme derrière une obsession pour Israël, tandis qu’Aurore Bergé lui demande si elle n’a pas honte.
Dans sa vidéo, Mathilde Panot explique vouloir transformer Octobre rose en « Octobre colère ». La députée insoumise considère que la lutte contre le cancer ne doit pas se limiter à une campagne symbolique, mais doit également interroger les responsabilités environnementales et industrielles. Elle s’en prend notamment aux fabricants de pesticides, qu’elle accuse de contribuer au développement de maladies tout en tirant profit de traitements médicaux. Elle cite le groupe Syngenta et sa filiale israélienne Adama, qu’elle accuse de répandre des pesticides sur des territoires palestiniens et libanais.
Marine Le Pen dénonce une « obsession » pour Israël
La réaction de Marine Le Pen a été particulièrement virulente. La présidente du groupe RN estime que Mathilde Panot refuse le ruban rose en raison d’un lien qu’elle établit avec Israël. Elle dénonce une « obsession » qui dissimulerait, selon elle, un « antisémitisme de plus en plus assumé ». Il s’agit d’une accusation politique de Marine Le Pen, et non d’un fait établi concernant les motivations de la députée insoumise.
La ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a également réagi : « Vous n’avez pas honte ? » L’ancien ministre de la Santé Aurélien Rousseau a qualifié la mise en scène d’« indécente », rappelant l’importance de sortir le cancer du sein du silence et de soutenir les actions de sensibilisation. Claire Geronimi, responsable de l’UDR, accuse pour sa part LFI d’instrumentaliser la lutte contre le cancer à des fins idéologiques.
La controverse intervient dans un contexte de tensions particulièrement fortes entre le RN et LFI, quelques jours après les accusations d’antisémitisme visant Jordan Bardella, que celui-ci conteste. Elle pose également une question plus large sur la place du débat politique dans les campagnes de santé publique. Mathilde Panot revendique une critique du rôle des industriels et des pesticides, tandis que ses adversaires considèrent qu’elle détourne un symbole de solidarité envers les femmes touchées par le cancer.

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