L’interview particulièrement tendue de Sarah Knafo sur Franceinfo, le 28 octobre dernier, continue de faire parler. Dix jours après l’affrontement entre l’eurodéputée de Reconquête et les journalistes Simon Le Baron et Audrey Tison, Richard Place, directeur de la rédaction de Franceinfo, a confirmé qu’un accompagnement médical et juridique avait été proposé aux deux journalistes, visés par des attaques et des menaces sur les réseaux sociaux. Une annonce qui a provoqué de nombreuses réactions, notamment de Sarah Knafo, qui n’a pas manqué d’ironiser sur la situation.
Richard Place évoque des « moments compliqués à vivre »
Interrogé par Emmanuelle Daviet, médiatrice de Radio France, Richard Place est revenu sur les conséquences de cette interview particulièrement houleuse entre Sarah Knafo et les journalistes de Franceinfo.
Le directeur de la rédaction a expliqué que la station avait apporté son soutien aux deux journalistes après les critiques et les menaces dont ils avaient fait l’objet. Il a notamment confirmé l’existence d’un dispositif d’accompagnement juridique et médical.
« Aucun journaliste ne peut être cyberharcelé, attaqué de quelque manière que ce soit parce qu’il fait son travail. C’est honteux. », a-t-il déclaré, avant de préciser que Franceinfo disposait d’un accompagnement juridique, médical et éditorial.
« Je ne veux pas surjouer la chose, mais ce sont des moments compliqués à vivre. », a ajouté Richard Place, qui estime nécessaire de permettre aux journalistes d’exercer leur métier dans de bonnes conditions.
Contrairement à ce qui a été affirmé dans certains commentaires, le responsable de Franceinfo n’a toutefois pas annoncé la création d’une cellule psychologique spécialement destinée aux deux journalistes. Il a évoqué un accompagnement médical et juridique proposé par la rédaction, sans préciser si les intéressés avaient effectivement bénéficié de consultations.
Une interview qui avait tourné à l’affrontement
Le 28 octobre, Sarah Knafo avait été invitée dans le 8.30 Franceinfo pour répondre aux questions de Simon Le Baron et Audrey Tison. Dès le début de l’entretien, le ton était monté lorsque le journaliste avait évoqué les condamnations judiciaires d’Éric Zemmour avant de demander à l’eurodéputée si elle condamnait l’attentat raciste de Trappes.
Sarah Knafo avait immédiatement contesté la formulation de la question, estimant qu’elle sous-entendait une forme de complaisance de son parti envers la violence raciste. « Vous pensez qu’on fait des appels aux meurtres ? », avait-elle répliqué.
Les échanges s’étaient ensuite envenimés autour de ses publications sur les réseaux sociaux, du racisme anti-Blancs et de l’impartialité du service public. Lorsque Sarah Knafo avait demandé la lecture intégrale de l’un de ses messages, Simon Le Baron lui avait répondu : « Mme Knafo, ce n’est pas vous qui posez les règles sur ce plateau. »
L’eurodéputée avait dénoncé « l’autoritarisme » de son interlocuteur et l’avait interrogé sur ses convictions politiques, lui demandant notamment s’il était « un militant de gauche ». Les interruptions et les échanges particulièrement vifs avaient empêché plusieurs questions d’être développées.
La direction de Franceinfo reconnaît une interview difficile
Dans son entretien avec la médiatrice, Richard Place a également reconnu que cette confrontation n’avait pas permis d’aborder suffisamment les questions de fond. Il a expliqué partager la frustration des auditeurs qui auraient souhaité entendre davantage de réponses politiques.
Le directeur de la rédaction a rappelé qu’un journaliste pouvait décider d’interrompre une interview lorsque les conditions d’un échange normal n’étaient plus réunies. Il a néanmoins renouvelé son soutien à Simon Le Baron et Audrey Tison, estimant que Sarah Knafo n’avait pas accepté les règles habituelles de l’exercice.
Les réactions des auditeurs avaient été contrastées. Certains avaient salué la fermeté des journalistes, tandis que d’autres, y compris parmi les personnes ne partageant pas les positions politiques de Sarah Knafo, avaient critiqué une entrée en matière jugée trop offensive et des échanges laissant peu de place au débat de fond.
Sarah Knafo ironise sur le soutien médical proposé aux journalistes
L’annonce de cet accompagnement a rapidement fait réagir Sarah Knafo. Ce dimanche, l’eurodéputée a publié sur X un message particulièrement ironique à destination des deux journalistes : « Pensée émue. Je souhaite un prompt rétablissement aux journalistes de France Info. »
La veille, elle avait également répondu à Catherine Pégard, ministre de la Culture, qui avait exprimé son indignation face aux attaques visant les journalistes du service public.
Sarah Knafo avait alors affirmé avoir subi 73 interruptions pendant ses 24 minutes d’entretien, soit, selon son calcul, une interruption toutes les 20 secondes. Elle avait ajouté s’en être remise « sans cellule psychologique », tournant en dérision les réactions suscitées par son passage sur Franceinfo.
Catherine Pégard prend la défense des journalistes
La ministre de la Culture s’était elle aussi exprimée sur France Culture. Catherine Pégard avait déclaré être « scandalisée quand on s’en prend aux journalistes », se disant « absolument choquée et voire même un peu traumatisée » par les attaques dirigées contre les professionnels de l’information.
Elle avait toutefois rappelé la nécessité, pour les journalistes, de conserver leur rôle d’intervieweurs et de ne pas confondre leur fonction avec celle des responsables politiques.
De son côté, la direction de Franceinfo avait déjà publié, dès le 28 octobre, un communiqué condamnant les attaques et les menaces visant Simon Le Baron et Audrey Tison. Elle avait également démenti les affirmations selon lesquelles un responsable de la station aurait présenté des excuses privées à Sarah Knafo après l’entretien.
Dix jours après cette confrontation, Franceinfo maintient donc son soutien à ses journalistes, tandis que Sarah Knafo poursuit ses critiques contre les méthodes d’interview du service public.









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