Patrick Borg, la voix française historique de Goku adulte, a décidé de révéler les raisons de son éviction de Dragon Ball Daima. Le comédien accuse Toei Animation d’avoir voulu imposer aux doubleurs des restrictions sur leur liberté d’expression, leurs interviews et leurs rencontres avec les fans. Il révèle également avoir refusé de repasser un casting pour un personnage qu’il interprète depuis près de 40 ans.
Après le remplacement des cinq voix françaises historiques de Dragon Ball, Patrick Borg a décidé de sortir du silence pour expliquer précisément les raisons du conflit avec Toei Animation. Dans un long message publié sur Facebook, le comédien, qui incarne Goku adulte depuis près de quatre décennies, met directement en cause les conditions contractuelles proposées par le studio japonais.
Patrick Borg affirme que les exigences de Toei Animation étaient incompatibles avec l’exercice de leur métier et avec la relation que les comédiens entretiennent depuis des années avec leur public. Il détaille plusieurs restrictions qui auraient encadré leurs prises de parole, leurs apparitions publiques et leur participation aux conventions.
Interdiction de parler de Dragon Ball, interviews contrôlées, conventions soumises à autorisation
Dans son message, Patrick Borg explique que les discussions avec Toei Animation ont achoppé sur des clauses encadrant très strictement les activités publiques des comédiens. Selon lui, ces derniers auraient dû obtenir l’autorisation du studio pour évoquer leurs personnages, accorder des interviews ou participer à des conventions.
« Les conditions n’étaient pas réunies avec la Toei pour continuer d’exercer librement notre métier, notre liberté d’expression, ni la relation avec vous, notre public », affirme le comédien.
Il détaille ensuite les restrictions qui leur auraient été imposées : « Il nous devenait impossible de parler de vos personnages préférés. Ni interview, ni contenu sans autorisation de la Toei. Plus possible de participer à des conventions sans leur autorisation. Obligé de faire la police des conventions pour la Toei. »
Ces exigences auraient directement affecté les rencontres entre les doubleurs et les admirateurs de Dragon Ball. Depuis plusieurs décennies, les comédiens français participent régulièrement à des salons consacrés aux mangas, à l’animation et à la culture japonaise, où ils échangent avec le public et reviennent sur leurs personnages.
Patrick Borg affirme également que les discussions ont duré deux ans avant que les comédiens soient poussés à accepter ces nouvelles dispositions. « Nous avons attendu 2 ans des réponses et nous avons été ensuite poussé à signer ces nouvelles conditions, comme si ce n’était qu’une simple formalité », dénonce-t-il, qualifiant les conditions proposées d’« invraisemblables et insignables par tout comédien ».
« Pourquoi devrais-je passer des essais ? » : Patrick Borg refuse de repasser un casting après 40 ans
Patrick Borg révèle un autre point de désaccord avec Toei Animation : la demande de nouveaux essais pour Dragon Ball Daima. Alors qu’il prête sa voix à Goku adulte depuis près de quatre décennies, le comédien explique avoir personnellement refusé de se soumettre à cette procédure.
« Oui j’ai refusé personnellement de passer des essais pour DAIMA. Pour quelle raison devrais-je passer des essais ? Ni ma voix, ni mon interprétation ne changeront. La Toei a 40 ans d’enregistrement avec ma voix et mon jeu d’acteur… », écrit-il.
Le comédien poursuit en contestant la nécessité de réévaluer son interprétation après une collaboration aussi longue : « Si la Toei n’appréciait pas ma voix ou mon jeu… ou bien les deux !? Il aurait été préférable, de me remplacer depuis longtemps ! »
Cette déclaration apporte une précision importante au conflit. Patrick Borg reconnaît avoir refusé les essais demandés pour la nouvelle série, tout en maintenant que le désaccord principal concernait les nouvelles conditions contractuelles. Son refus personnel de passer ces essais ne signifie toutefois pas que ses quatre collègues aient adopté la même position.
« Pourquoi nous remplacer en Europe ? » : la comparaison avec la voix japonaise de Goku
Patrick Borg souligne également la différence de traitement entre les interprètes français et japonais de la franchise. Il rappelle que Masako Nozawa, voix originale de Goku au Japon depuis 1986, vient de fêter ses 90 ans et continue d’incarner le personnage.
« Masako Nozawa à 90 ans. Pourquoi nous remplacer en Europe !? », s’interroge-t-il, contestant ainsi la décision de renouveler les voix françaises alors que la continuité du casting historique reste préservée au Japon.
Le remplacement concerne cinq interprètes particulièrement associés à l’histoire française de Dragon Ball. Brigitte Lecordier double notamment Goku enfant, Gohan enfant et Goten. Philippe Ariotti est la voix de Piccolo et Freezer, Céline Monsarrat celle de Bulma et Chichi, tandis que Mark Lesser a notamment incarné Gohan adulte, Trunks et Broly.
Dans la nouvelle version française de Dragon Ball Daima, Goku adulte est doublé par Pierre Lognay, tandis que Sophie Pyronnet prête sa voix à Goku enfant. Ce changement a provoqué de nombreuses réactions chez les admirateurs de la saga, habitués depuis la fin des années 1980 aux interprétations françaises originales.
Deux ans de discussions avant le remplacement intégral des comédiens
Patrick Borg affirme que les cinq interprètes historiques ne pensaient pas que Toei Animation irait jusqu’à les remplacer tous. Malgré les désaccords contractuels, ils espéraient encore trouver une issue permettant de conserver leurs personnages.
« Nous ne pensions sincèrement pas qu’ils iraient jusqu’au bout, avec un remplacement intégral », reconnaît le comédien, précisant que la vidéo collective publiée le 26 octobre constituait un dernier recours pour avertir les fans.
La colère des doubleurs français avait déjà éclaté lorsque Brigitte Lecordier, Patrick Borg et leurs trois collègues ont dénoncé publiquement leur éviction. Dans une vidéo commune, les cinq artistes avaient exprimé leur incompréhension face à la décision de Toei Animation, tout en appelant les admirateurs de la franchise à manifester leur soutien.
Les artistes ont également contesté les explications financières avancées autour de leur remplacement. Céline Monsarrat a assuré que leur absence de la nouvelle série n’était pas liée à des revendications salariales. Brigitte Lecordier a confirmé que les comédiens ne demandaient aucune augmentation.
La comédienne a par ailleurs affirmé que le nouveau doublage avait été réalisé en Belgique, où les coûts seraient inférieurs à ceux pratiqués en France. Toei Animation n’a pas publiquement détaillé les raisons de son choix ni répondu précisément aux accusations concernant les restrictions contractuelles.
Patrick Borg redoute désormais le remplacement des comédiens par l’intelligence artificielle
Au-delà de son éviction de Dragon Ball Daima, Patrick Borg exprime une inquiétude concernant l’avenir du doublage et la place grandissante de l’intelligence artificielle dans les métiers artistiques.
« Les questions de remplacement pour plus de contrôle (éventuellement par l’IA) nous inquiètent ! », écrit-il, avant d’évoquer la progression de ces technologies dans le doublage, les jeux vidéo et la musique.
Le comédien craint que les nouvelles possibilités techniques ne facilitent, à terme, le remplacement des interprètes humains et ne renforcent le contrôle des producteurs sur les voix et les prestations artistiques. Il n’affirme toutefois pas que l’intelligence artificielle ait été utilisée pour réaliser le doublage de Dragon Ball Daima.
« Nous ne sommes pas des pions et la continuité de l’œuvre touche fortement le public », insiste Patrick Borg, qui rappelle également que les comédiens historiques exercent leur métier bien au-delà de la franchise japonaise.
Aucun appel à la haine contre les nouveaux doubleurs belges
Malgré sa colère contre Toei Animation, Patrick Borg tient à distinguer les décisions de production du travail des nouveaux interprètes. Il demande expressément aux fans de ne pas prendre pour cible les comédiens recrutés pour Dragon Ball Daima.
« Nous ne voulons pas de haine sur les réseaux sociaux ou ailleurs contre le casting Belge », précise-t-il, alors que les changements de voix suscitent de nombreuses critiques depuis la diffusion des premières images françaises.
Le comédien garde également l’espoir de retrouver un jour son personnage. Il envisage même la possibilité qu’un autre diffuseur soutienne une nouvelle version française de la série réunissant les interprètes historiques.
« Nous espérons reprendre le flambeau pour la suite… Peut-être qu’un diffuseur voudra marquer l’histoire pour une véritable version Française avec l’équipe historique », écrit-il en conclusion de son message.
Aucun projet de nouveau doublage avec l’équipe d’origine n’a cependant été annoncé.
Dragon Ball Daima arrive sur Gulli le 4 novembre, sans ses voix françaises historiques
La diffusion de Dragon Ball Daima sur Gulli doit débuter le mercredi 4 novembre 2026 à 9h15. La série, lancée au Japon en octobre 2024, raconte une nouvelle aventure dans laquelle Goku et ses compagnons sont transformés en enfants et doivent explorer le royaume des démons.
Il s’agit de l’un des derniers projets auxquels Akira Toriyama, créateur de Dragon Ball décédé en mars 2024, a personnellement participé. La série occupe donc une place particulière dans l’histoire de la franchise, ce qui renforce la déception des admirateurs attachés à ses interprètes historiques.
Pour les téléspectateurs français, ce lancement marquera une rupture avec près de 40 ans de doublage. Patrick Borg, Brigitte Lecordier, Philippe Ariotti, Céline Monsarrat et Mark Lesser ne retrouveront pas leurs personnages dans cette nouvelle production. Et malgré les explications désormais détaillées de Patrick Borg, Toei Animation n’a toujours pas apporté de réponse publique précise aux reproches formulés par les cinq comédiens.









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