C’est une décision qui provoque la colère des fans français de Dragon Ball. À quelques jours de la diffusion de Dragon Ball Daima sur Gulli, les comédiens qui prêtent leurs voix aux personnages emblématiques de la saga depuis près de 40 ans ont appris qu’ils ne participeraient pas au doublage français de cette nouvelle série. Brigitte Lecordier, Patrick Borg, Philippe Ariotti, Céline Monsarrat et Mark Lesser ont pris la parole ce lundi 26 octobre pour dénoncer leur éviction. Une décision particulièrement difficile à accepter pour ces artistes qui ont largement contribué au succès de l’œuvre d’Akira Toriyama en France.
Goku, Freezer, Piccolo, Bulma : les voix historiques remplacées
Pour plusieurs générations de téléspectateurs, leurs voix sont indissociables de Dragon Ball. Brigitte Lecordier incarne notamment Goku enfant, Gohan enfant et Goten. Patrick Borg est la voix française de Goku adulte, tandis que Philippe Ariotti interprète Freezer et Piccolo. Céline Monsarrat prête sa voix à Bulma et Chichi, et Mark Lesser a notamment doublé Gohan adulte, Trunks et Broly.
Ces comédiens ont accompagné les différentes séries et adaptations de l’univers Dragon Ball, depuis son arrivée à la télévision française à la fin des années 1980. Leurs interprétations ont marqué des millions de téléspectateurs, au point de devenir aussi reconnaissables que les personnages eux-mêmes.
Pourtant, aucun de ces cinq comédiens ne figure dans le nouveau doublage de Dragon Ball Daima. Brigitte Lecordier est remplacée par Sophie Pyronnet pour Goku enfant, tandis que Pierre Lognay succède à Patrick Borg pour Goku adulte.
La nouvelle a particulièrement choqué les admirateurs de la saga, d’autant que Dragon Ball Daima repose précisément sur un retour des personnages à leur apparence enfantine. Le public français ne retrouvera donc pas la voix qui accompagnait les premières aventures de Goku.
« Nous sommes abasourdis, nous sommes sans voix ! »
Dès dimanche 25 octobre, Brigitte Lecordier a publiquement exprimé sa stupéfaction sur X. La comédienne a écrit : « Nous sommes abasourdis, nous sommes sans voix ! » Elle a également souligné que cette nouvelle tombait le jour du 90e anniversaire de Masako Nozawa, l’interprète japonaise historique de Goku, toujours associée au personnage.
La comédienne a ensuite annoncé une prise de parole collective de l’équipe française pour le lundi 26 octobre à 19 heures. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Brigitte Lecordier, Patrick Borg, Philippe Ariotti, Céline Monsarrat et Mark Lesser ont exprimé leur tristesse et leur incompréhension face à leur absence du nouveau doublage.
Les cinq artistes ont notamment tenu à écarter l’idée selon laquelle leur remplacement serait lié à des exigences financières. Céline Monsarrat a assuré que l’argent n’était pas à l’origine de leur absence. Les comédiens ont également appelé les admirateurs de la saga à manifester leur mécontentement sur les réseaux sociaux.
Des conditions contractuelles contestées
Le différend avec Toei Animation, le studio japonais qui produit Dragon Ball, ne date toutefois pas de ces derniers jours. En avril 2026, Philippe Ariotti avait déjà évoqué les difficultés rencontrées par les comédiens français dans leurs discussions avec la société.
Lors d’une convention à Aix-en-Provence, l’interprète de Freezer et Piccolo avait expliqué que les acteurs historiques avaient été sollicités, mais qu’ils n’avaient pas accepté les conditions contractuelles proposées. Certains désaccords concernaient notamment les restrictions que Toei Animation souhaitait imposer à leurs participations aux conventions et à leurs prises de parole publiques.
Philippe Ariotti avait alors résumé la position des comédiens : « On a refusé, on n’a pas signé de contrat, donc on ne le fait pas. » Le remplacement des voix historiques apparaît ainsi lié à des négociations qui n’ont pas abouti, plutôt qu’à une simple volonté des artistes de réclamer davantage d’argent.
Ces désaccords posent également la question de la liberté professionnelle des comédiens, particulièrement présents dans les conventions consacrées à la culture japonaise, où ils rencontrent régulièrement les admirateurs de leurs personnages.
Une décision difficilement acceptable pour les fans de la première heure
Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient depuis la diffusion des premières bandes-annonces françaises de Dragon Ball Daima. De nombreux internautes dénoncent le remplacement d’interprètes qui ont accompagné leur enfance et contribué à populariser l’animation japonaise en France.
Certains appellent déjà au boycott de la nouvelle version française. D’autres réclament que Toei Animation et Gulli reconsidèrent leur décision, estimant que les comédiens historiques méritent davantage de considération après plusieurs décennies de fidélité à la franchise.
La colère dépasse la seule question de la nostalgie. Les doubleurs français ont joué un rôle essentiel dans l’identité de Dragon Ball auprès du public francophone. Leurs intonations, leurs cris et leurs interprétations des scènes les plus célèbres font partie de la mémoire collective de plusieurs générations.
Remplacer ces artistes est évidemment possible sur le plan artistique et contractuel. Mais décider de se passer d’une équipe aussi emblématique, alors que ses membres souhaitent toujours incarner leurs personnages, constitue une rupture particulièrement brutale avec l’histoire française de la série.
La polémique ne remet pas en cause le talent des nouveaux comédiens, qui ne sont pas responsables des choix de production. Elle concerne avant tout le traitement réservé à leurs prédécesseurs et les conditions dans lesquelles près de 40 ans de collaboration prennent fin.
Dragon Ball Daima arrive sur Gulli le 4 novembre
Cette polémique éclate alors que Dragon Ball Daima doit être diffusé pour la première fois en version française sur Gulli à partir du mercredi 4 novembre 2026, dès 9h15.
Produite par Toei Animation, la série a été lancée au Japon en octobre 2024. Elle constitue l’un des derniers grands projets auxquels Akira Toriyama, mort en mars 2024, a personnellement participé. Le créateur de Dragon Ball s’est notamment investi dans l’histoire et la conception des personnages.
Dans cette aventure, Goku et plusieurs de ses compagnons sont transformés en enfants et doivent explorer le royaume des démons. Une intrigue qui renvoie directement aux origines de la saga et rend le remplacement de Brigitte Lecordier encore plus difficile à comprendre pour les admirateurs de la première heure.
La diffusion française devait constituer un événement pour les fans qui attendaient depuis deux ans de découvrir la série dans leur langue. Elle est désormais précédée d’une polémique qui risque d’éclipser son lancement.
Pour Brigitte Lecordier, Patrick Borg, Philippe Ariotti, Céline Monsarrat et Mark Lesser, le soutien du public représente désormais le principal moyen de faire entendre leur protestation. Leur mobilisation rappelle surtout une évidence : si Dragon Ball est devenu un phénomène populaire en France, c’est aussi grâce aux artistes qui lui ont donné une voix pendant près de quatre décennies.

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