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VIDÉO – Bellamy clashe Alexis Corbière: «Pendant des années, on nous a dit qu’après un attentat, il fallait éviter l’amalgame. Aujourd’hui, vous récupérez de manière indécente l’attentat de Trappes»

Bellamy clashe Alexis Corbière: «Pendant des années, on nous a dit qu’après un attentat, il fallait éviter l’amalgame. Aujourd’hui, vous récupérez de manière indécente l’attentat de Trappes»
Bellamy clashe Alexis Corbière: «Pendant des années, on nous a dit qu’après un attentat, il fallait éviter l’amalgame. Aujourd’hui, vous récupérez de manière indécente l’attentat de Trappes»

Le ton est violemment monté sur BFMTV, samedi 24 octobre, au lendemain de l’attaque de Trappes et de La Verrière, dans les Yvelines. En plein débat sur les responsabilités politiques après ce drame, François-Xavier Bellamy, député européen Les Républicains, a vivement pris à partie Alexis Corbière, lui reprochant de récupérer l’attentat pour mettre en cause Bruno Retailleau. Pendant plusieurs minutes, les deux responsables politiques se sont affrontés sur la responsabilité des discours politiques, la liberté de critiquer l’islam, le port du voile et les accusations d’islamophobie.

« Vous récupérez de manière indécente cet attentat horrible à Trappes »

Dès les premières secondes, François-Xavier Bellamy interpelle directement Alexis Corbière : « Ce que vous faites, Alexis Corbière, c’est stupéfiant. Pendant des années, pendant des années, on nous a dit, et à raison, qu’après un attentat terroriste, il fallait éviter l’amalgame. Vous êtes d’accord avec ça ? »

L’eurodéputé poursuit immédiatement, en accusant son adversaire d’instrumentaliser le drame : « Et aujourd’hui, vous êtes en train d’expliquer qu’après cet attentat horrible à Trappes, que vous récupérez de manière indécente, c’est d’une certaine manière Bruno Retailleau qui serait le coupable ? Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? »

Le cœur du désaccord porte sur la responsabilité attribuée aux responsables politiques après une attaque. François-Xavier Bellamy conteste le rapprochement établi entre les discours de certains responsables de droite et le passage à l’acte de l’assaillant. Pour lui, mettre en cause Bruno Retailleau au lendemain du drame revient précisément à pratiquer l’amalgame que la gauche a longtemps dénoncé après les attentats terroristes.

« Vous répétez exactement le geste des terroristes islamistes »

L’affrontement prend une tournure encore plus virulente lorsque François-Xavier Bellamy déplace la discussion vers la liberté de critiquer les religions. « En fait, ce que vous faites, Alexis Corbière, c’est que vous répétez exactement le geste des terroristes islamistes qui ont voulu interdire dans notre pays, sous peine de mort, qu’on critique l’islam. J’ai connu la gauche anticléricale. J’ai connu la gauche qui haïssait le christianisme. »

La comparaison provoque immédiatement des interruptions sur le plateau. Mais François-Xavier Bellamy refuse de céder la parole et insiste sur les libertés fondamentales : « Attendez, je termine. Vous êtes en train de faire la même chose. Il y a des gens qui critiquent l’islam dans ce pays. Est-ce qu’ils ont encore le droit de le faire ? Il y a des gens qui, par exemple, ont quitté l’islam. Est-ce qu’ils ont encore le droit de vivre ? »

L’eurodéputé reproche ainsi à Alexis Corbière de contribuer, selon lui, à un climat dans lequel la critique de l’islam serait assimilée à une forme de responsabilité dans les violences commises contre les musulmans. Une accusation que le député de gauche tente de contester au milieu des interruptions.

Le voile et Jean-Luc Mélenchon au cœur de la confrontation

François-Xavier Bellamy poursuit son argumentation en évoquant le port du voile et les anciennes positions de Jean-Luc Mélenchon. « Il y a des gens qui, effectivement, se disent que le voile n’est peut-être pas un symbole du féminisme. Est-ce que c’est encore possible de dire aujourd’hui ce que disait d’ailleurs Jean-Luc Mélenchon il y a dix ans ? »

Une voix l’interrompt alors : « Personne ne dit que c’est un symbole du féminisme. » Mais Bellamy revient immédiatement aux propos qu’il attribue à l’ancien candidat à la présidentielle : « Ce que disait Jean-Luc Mélenchon il y a dix ans, que le voile est un signe d’infériorisation des femmes et une tentative de les invisibiliser. Dire ça, c’est pas prêcher la violence, c’est l’exact inverse. Dire ça, c’est reprendre le cri de liberté que portaient les femmes iraniennes. »

En rappelant les anciennes déclarations de Jean-Luc Mélenchon, François-Xavier Bellamy entend souligner l’évolution du discours d’une partie de la gauche sur le voile et la laïcité. Il établit également un parallèle avec le combat des femmes iraniennes contre le port obligatoire du voile, pour défendre le droit de contester une pratique religieuse sans être accusé d’encourager la haine.

« Cet attentat, il est abominable. Et le récupérer comme vous le faites, c’est indécent »

Revenant à l’attaque de Trappes, François-Xavier Bellamy refuse catégoriquement que les discours critiques envers l’islam puissent être considérés comme responsables de la violence de l’assaillant. « Et quand je vous dis ça, vous expliquez qu’en fait, c’est nous qui sommes responsables de l’attentat qui a eu lieu hier ? Cet attentat, il est abominable. Et le récupérer comme vous le faites, c’est indécent. »

Le présentateur tente de reprendre le contrôle du plateau et promet de redonner la parole aux participants. Mais Bellamy poursuit son réquisitoire, cette fois sur les appels répétés à éviter les amalgames après les attentats terroristes : « Des gens qui nous ont dit pendant des années : “Pas d’amalgame, pas d’amalgame”, vont nous expliquer maintenant que c’est Bruno Retailleau qui est responsable qu’un type lise Mein Kampf dans sa chambre et aille ensuite… »

La fin de cette phrase est couverte par les interruptions. En évoquant Mein Kampf, l’ouvrage d’Adolf Hitler, François-Xavier Bellamy dénonce l’idée qu’un responsable politique puisse être tenu pour responsable des lectures et des actes d’un individu violent.

« L’islamophobie, c’est un mot qui vient directement de l’islamisme »

Dernier point de friction, le vocabulaire employé pour qualifier les actes hostiles aux musulmans. François-Xavier Bellamy conteste le terme même d’islamophobie : « Et l’islamophobie, c’est un mot qui vient directement de l’islamisme, en fait. Ce mot même vient de l’islamisme. »

L’affirmation de l’eurodéputé sur l’origine du terme est historiquement contestable, puisque le mot « islamophobie » existait avant son utilisation par les mouvements islamistes contemporains. Son emploi fait néanmoins l’objet d’un débat politique opposant ceux qui y voient un terme nécessaire pour désigner les discriminations antimusulmanes et ceux qui considèrent qu’il peut être utilisé pour disqualifier toute critique de l’islam.

Une attaque meurtrière à l’origine de la polémique

Cette confrontation fait suite à la fusillade de Trappes et de La Verrière, survenue vendredi 23 octobre. L’attaque a fait plusieurs victimes et provoqué une vive émotion, tandis que les circonstances du passage à l’acte et les motivations de l’auteur présumé font l’objet d’investigations.

Les réactions politiques ont rapidement dépassé le seul cadre judiciaire. Alexis Corbière a mis en cause les discours qui désignent les étrangers et les musulmans comme responsables des difficultés de la société française. Sur X, il a notamment écrit : « La responsabilité de dirigeants politiques et médias qui désignent les étrangers, et en particulier les musulmans, responsables de tous les chaos de notre société, doit être méditée. Le racisme tue. Notre peuple doit s’unir. »

C’est précisément cette mise en cause des discours politiques qui a déclenché l’affrontement sur BFMTV. Alexis Corbière dénonce les conséquences de la stigmatisation des musulmans, tandis que François-Xavier Bellamy refuse qu’une attaque meurtrière serve à désigner des responsables politiques comme Bruno Retailleau. L’eurodéputé accuse ainsi une partie de la gauche d’appliquer à ses adversaires les amalgames qu’elle condamne habituellement.

L’échange s’est achevé dans une atmosphère particulièrement électrique, entre interruptions, protestations et tentatives du présentateur de reprendre la main. François-Xavier Bellamy a maintenu ses accusations jusqu’au bout, reprochant à Alexis Corbière de transformer une attaque meurtrière en procès politique contre ses adversaires.

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