Échange particulièrement musclé sur BFMTV entre Robert Ménard, maire de Béziers, et Marius Mesnil, représentant de l’Union syndicale lycéenne, au sujet des violences qui ont accompagné les manifestations du 17 octobre. Alors que le jeune syndicaliste a affirmé comprendre une partie des violences et refusé de condamner les incendies de poubelles, Robert Ménard lui a opposé une réplique particulièrement directe : «La pauvreté est plus importante dans la Creuse que dans le 93. Et ils ne brûlent pas !» Une confrontation autour de la justification des dégradations et du lien entre pauvreté et violences urbaines.
Robert Ménard oppose la Creuse à la Seine-Saint-Denis
Le désaccord entre les deux hommes a éclaté lorsque Marius Mesnil a défendu l’idée que la colère sociale pouvait expliquer certaines violences commises pendant les manifestations. Pour le représentant lycéen, les difficultés financières et les inégalités alimentent une exaspération qui peut conduire à des débordements.
Robert Ménard a immédiatement contesté cet argument en prenant l’exemple des territoires ruraux, eux aussi confrontés à d’importantes difficultés économiques. «La pauvreté est plus importante dans la Creuse que dans le 93. Et ils ne brûlent pas !», a-t-il lancé à son contradicteur.
Par cette comparaison, le maire de Béziers a voulu démontrer que la précarité ne conduisait pas systématiquement à incendier des poubelles, briser des vitrines ou piller des commerces. Pour lui, les difficultés économiques ne peuvent constituer une justification des destructions.
Sa comparaison statistique est cependant inexacte. D’après les chiffres de l’Insee pour 2023, le taux de pauvreté atteint 19,5% dans la Creuse, contre 29,5% en Seine-Saint-Denis. La Creuse connaît donc une pauvreté importante, mais moins élevée que celle du département francilien.
Marius Mesnil : «Je comprends une partie de la violence !»
Face à Robert Ménard, Marius Mesnil a tenu des propos qui ont alimenté la confrontation. Le représentant syndical a notamment déclaré : «Je comprends une partie de la violence !», avant d’aller plus loin dans son raisonnement : «Oui, vous avez envie de brûler des poubelles et je le condamne même pas !»
Ces déclarations ont constitué le principal point de désaccord entre les deux intervenants. Marius Mesnil a exprimé sa compréhension de la colère de certains manifestants, y compris lorsque celle-ci se traduit par des destructions de mobilier urbain. Robert Ménard, au contraire, a défendu la nécessité de distinguer les revendications sociales des actes de violence.
L’opposition entre les deux hommes a également porté sur l’efficacité de ces dégradations. Le maire de Béziers a directement interrogé son contradicteur : «Vous croyez que casser des vitrines de magasins de luxe, ça va régler le problème de pauvreté ?»
Des vitrines brisées qui ne régleront pas la pauvreté, selon Robert Ménard
Pour Robert Ménard, les commerçants ne doivent pas devenir les victimes de la contestation sociale. L’élu a dénoncé les destructions commises au nom de la lutte contre les inégalités, estimant qu’elles ne répondaient en rien aux difficultés des Français les plus modestes.
Son argument repose sur une distinction entre le droit de manifester, qu’il ne conteste pas, et les actes de vandalisme. Une personne confrontée au chômage, à des revenus insuffisants ou à l’augmentation des prix peut légitimement protester contre sa situation, mais cela ne lui donne pas le droit de détruire les biens d’autrui.
La confrontation a ainsi opposé deux positions : celle de Marius Mesnil, qui insiste sur les causes sociales de la violence et refuse de condamner certains actes, et celle de Robert Ménard, qui considère que la pauvreté ne peut servir d’explication suffisante aux incendies et aux pillages.
Un clash après les violences du 17 octobre
Cet échange a eu lieu quelques jours après les manifestations du 17 octobre, marquées par de nombreux affrontements, incendies et dégradations. Plusieurs centres-villes ont connu des violences, avec des commerces attaqués et du mobilier urbain incendié.
Les autorités ont multiplié les annonces pour empêcher la répétition de ces débordements. Emmanuel Macron a notamment promis une réponse plus ferme contre les casseurs, tandis que le gouvernement prépare un important dispositif de sécurité pour les nouvelles mobilisations.
À l’approche du samedi 24 octobre, plusieurs restrictions visant les manifestations ont été annoncées. À Paris, la préfecture a autorisé le cortège syndical tout en interdisant celui des Gilets jaunes vers l’Opéra.
Dans ce climat particulièrement tendu, le maire de Béziers a rappelé qu’ être pauvre et en colère ne signifie pas nécessairement devenir violent…

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