Moscou et sa région ont été visées dans la nuit de samedi à dimanche par une attaque massive de drones, en plein dernier jour des élections législatives russes. Le maire de la capitale, Sergueï Sobianine, affirme que les défenses russes ont intercepté plus de 1 600 drones depuis samedi sur différents axes, dont 450 qui se dirigeaient vers Moscou. Plusieurs appareils ont toutefois atteint leurs cibles et deux personnes ont été tuées dans la région moscovite.
L’attaque a lieu un peu plus d’un mois après une précédente offensive de drones de grande ampleur contre Moscou. Les frappes de longue portée se sont multipliées ces derniers mois des deux côtés du front, avec notamment des attaques répétées contre les infrastructures énergétiques russes et ukrainiennes.
450 drones auraient directement visé Moscou
Sergueï Sobianine présente l’opération comme la plus importante attaque de drones menée jusqu’ici contre la capitale russe. D’après le maire, plus de 1 600 appareils ont été interceptés depuis samedi, dont 450 à l’approche de Moscou. Il accuse directement l’Ukraine d’avoir voulu perturber le scrutin législatif organisé du 18 au 20 septembre : « L’attaque sans précédent était clairement planifiée pour perturber les élections. L’ennemi n’y est pas parvenu. »
Cette accusation sur l’objectif électoral de l’attaque est celle des autorités russes. L’Ukraine n’avait pas commenté dans l’immédiat cette offensive ni répondu à l’affirmation de Sergueï Sobianine sur une volonté de perturber le vote.
Deux morts, six blessés et des immeubles touchés
Les conséquences les plus graves ont été enregistrées dans la région de Moscou. À Sofino, dans le district de Ramenskoïe, un drone a frappé un immeuble de trois étages et endommagé six appartements. Une femme de 44 ans a été tuée et cinq personnes ont été blessées, dont deux enfants hospitalisés. Un homme âgé est également mort dans le district d’Orekhovo-Zouïevo après la destruction et l’incendie de sa maison.
Dans le district de Ramenskoïe, la chute d’un drone a également provoqué un incendie sur le toit d’un immeuble de 21 étages. Quelque 400 personnes, dont 70 enfants, ont dû être évacuées et une vingtaine de véhicules ont été endommagés. Entre 3 heures et 5 heures du matin, les autorités régionales affirment avoir intercepté ou neutralisé 249 drones dans 17 secteurs de la région de Moscou.
La raffinerie de Moscou touchée
Plusieurs drones ont réussi à atteindre la zone de la raffinerie de Moscou, installation stratégique située dans la capitale. Des explosions et de la fumée ont été observées autour du site, tandis que les autorités ont confirmé des dégâts sur une installation située dans l’enceinte de la raffinerie. L’étendue exacte des dommages n’était pas encore connue dimanche matin.
Les infrastructures pétrolières russes sont régulièrement visées par des drones ukrainiens. Ces attaques répondent à une guerre aérienne qui se poursuit également en Ukraine, où 160 drones russes avaient notamment été lancés dans la nuit du 10 au 11 septembre, faisant plusieurs victimes.
Une attaque en plein dernier jour des élections législatives
Cette vague de drones intervient dimanche 20 septembre, troisième et dernier jour des élections législatives russes. Le scrutin se déroule sur trois jours et doit renouveler la Douma, alors que le parti Russie unie de Vladimir Poutine dispose actuellement d’une très large majorité au Parlement.
Les autorités russes avaient déjà dénoncé samedi des cyberattaques contre les systèmes de vote électronique et les réseaux de communication, qu’elles avaient également attribuées à l’Ukraine. La nuit de samedi à dimanche ajoute donc une dimension militaire directe à cette fin de scrutin, avec plusieurs centaines de drones lancés vers la capitale et sa région en quelques heures.
