MONDE Guerres et Conflits

Un drone russe frappe un train ukrainien à deux kilomètres de la Pologne

Un drone russe frappe un train ukrainien à deux kilomètres de la Pologne
Un drone russe frappe un train ukrainien à deux kilomètres de la Pologne

La locomotive d’un train de voyageurs à destination de Varsovie a été touchée dimanche par un drone russe dans la région de Volhynie, à deux kilomètres de la frontière polonaise. Aucun blessé n’est à déplorer, grâce à une alerte lancée à temps par les équipes de surveillance ferroviaire.

L’attaque s’est produite dans la nuit de samedi à dimanche dans le nord-ouest de l’Ukraine. La compagnie ferroviaire publique ukrainienne Ukrzaliznytsia a confirmé sur Telegram que « l’ennemi a frappé la locomotive d’un train de voyageurs » dans la région de Volhynie, précisant qu’il s’agissait du « deuxième jour consécutif » de frappes contre le réseau ferroviaire. Les équipes chargées de surveiller les menaces aériennes ont détecté le danger suffisamment tôt pour alerter l’équipage, qui a pu mettre les passagers et le personnel à l’abri.

Selon le magazine allemand Der Spiegel, Günter Sautter, conseiller en politique étrangère et de sécurité du chancelier Friedrich Merz et l’un de ses plus proches collaborateurs, se trouvait à bord d’un train de nuit reliant Kiev à la Pologne au moment des faits.

Cette frappe s’inscrit dans une offensive aérienne russe de grande ampleur. L’armée de l’air ukrainienne a recensé plus de 450 drones lancés dans la nuit, dont des drones à propulsion et des drones-missiles Banderol. Les attaques nocturnes ont fait au moins trois morts et 36 blessés à travers le pays, et plusieurs régions de l’ouest de l’Ukraine frontalières de la Pologne ont été touchées.

Un camion a également été détruit par un drone à environ 800 mètres du poste-frontière ukrainien de Jagodzin, selon le porte-parole des gardes-frontières polonais, le commandant Dariusz Sienicki. Les contrôles aux postes-frontières de Dorohusk, Zosin, Dołhobyczów et Hrebenne ont été temporairement suspendus pendant la nuit pour des raisons de sécurité avant de reprendre normalement. Les gardes-frontières polonais n’ont relevé aucune menace directe sur leur territoire.

En réponse, la Pologne a déployé des avions militaires, dont des F-16, des hélicoptères et un appareil de reconnaissance aéroporté SAAB, pour surveiller son espace aérien. Les habitants des régions de Lublin et de Podkarpackie ont reçu une alerte du Centre gouvernemental de sécurité tôt dans la matinée. L’alerte a été levée vers 9 heures, après environ cinq heures. Le ministre polonais de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, a précisé que des drones Geran-5 avaient frappé à un kilomètre et à cinq kilomètres de la frontière polonaise, et qu’aucune violation de l’espace aérien polonais n’avait été constatée.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiha, a qualifié les frappes de « barbares » et estimé qu’elles constituaient « la terreur de Poutine qui frappe directement aux portes de l’UE et de l’Otan ». Il a appelé les partenaires occidentaux à adopter un embargo commercial total, une interdiction d’entrée sur le territoire et des sanctions complètes contre le complexe militaro-industriel russe, « sans demi-mesures ».

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