Kimi Antonelli a remporté ce dimanche le Grand Prix d’Espagne sur le nouveau circuit du Madring, à Madrid. Parti deuxième, le pilote Mercedes a profité d’une voiture de sécurité virtuelle particulièrement défavorable à Lando Norris, jusque-là solide leader de la course, pour prendre l’avantage. Max Verstappen termine deuxième devant Norris, qui complète le podium après avoir vu une victoire qui lui semblait promise lui échapper.
À 20 ans, Antonelli signe sa huitième victoire de la saison et son deuxième succès consécutif, une semaine après son incroyable remontée de la 19e place jusqu’à la victoire à Monza. L’Italien devient surtout le premier pilote de l’histoire à gagner une course de Formule 1 sur le Madring, pour le retour de la F1 dans la région de Madrid 45 ans après la dernière course disputée à Jarama en 1981.
Norris s’envole en tête, Antonelli et Verstappen restent à distance
Lando Norris avait pourtant parfaitement lancé son Grand Prix. Le Britannique, champion du monde en titre, était parti en pole après avoir devancé Antonelli de seulement 0,011 seconde lors des qualifications. Au départ, le pilote McLaren conserve la première place malgré la pression immédiate de la Mercedes. Antonelli coupe notamment deux virages en tentant de prendre l’avantage, mais Norris reste devant et commence rapidement à creuser l’écart.
Le vainqueur du Grand Prix de Hongrie et du Grand Prix des Pays-Bas à Zandvoort contrôle alors la course. Antonelli reste deuxième, Verstappen troisième, mais aucun des deux ne paraît en mesure de revenir directement sur la McLaren.
Derrière eux, Lewis Hamilton connaît une nouvelle désillusion. Le pilote Ferrari est victime d’un problème de freins et doit abandonner très tôt. Carlos Sainz, Sergio Pérez et Lance Stroll ne verront eux non plus pas l’arrivée.
Lance Stroll s’arrête, la course de Norris bascule
Tout change lorsque Lance Stroll immobilise son Aston Martin. La direction de course déclenche une voiture de sécurité virtuelle. Le timing est catastrophique pour Norris : le Britannique vient de dépasser l’entrée des stands et ne peut donc pas profiter immédiatement de la neutralisation pour changer ses pneus.
Antonelli et Verstappen, eux, bénéficient de l’occasion. Leur passage par les stands leur coûte beaucoup moins de temps puisque l’ensemble des pilotes roule à vitesse réduite. Lorsque Norris peut enfin effectuer son arrêt, la neutralisation touche à sa fin. McLaren aggrave encore la situation avec un passage aux stands particulièrement lent. Le Britannique perd la tête et ressort derrière Antonelli et Verstappen.
Charles Leclerc, qui choisit de ne pas s’arrêter pendant la voiture de sécurité virtuelle, récupère provisoirement la première place. Mais le Monégasque doit encore changer ses pneus. Il prolonge son relais pendant une grande partie de la course avant de finalement rentrer aux stands après 48 tours. Antonelli récupère alors définitivement les commandes.
Norris revient sur Verstappen, mais dépasser au Madring relève du casse-tête
Norris ne renonce pas. Avec des pneus plus frais et une McLaren rapide, le Britannique revient progressivement sur Verstappen. Mais le nouveau tracé madrilène confirme les inquiétudes exprimées avant la course : les possibilités de dépassement sont extrêmement limitées.
Norris se rapproche jusqu’à évoluer à moins d’une seconde de la Red Bull, sans parvenir à trouver l’ouverture. Devant eux, Antonelli profite de leur duel et sécurise sa première place. Le pilote Mercedes franchit finalement la ligne d’arrivée avec 4,351 secondes d’avance sur Verstappen. Norris termine troisième, à seulement quelques dixièmes du Néerlandais.
Charles Leclerc prend la quatrième place devant George Russell. Liam Lawson termine sixième, Franco Colapinto septième, Oscar Piastri huitième, Arvid Lindblad neuvième et Nico Hülkenberg dixième. Esteban Ocon échoue aux portes des points avec la 11e place, juste devant Pierre Gasly, 12e. Fernando Alonso termine 17e devant Valtteri Bottas.
Antonelli : « Je me sens un peu mal pour Lando »
Antonelli ne cache pas que la voiture de sécurité virtuelle a complètement changé le scénario de la course. Quelques instants après avoir franchi la ligne d’arrivée, l’Italien reconnaît à la radio avoir bénéficié des circonstances : « J’ai eu de la chance avec la voiture de sécurité virtuelle, je me sens un peu mal pour Lando. »
Norris ne peut que constater les dégâts après avoir dominé le début du Grand Prix. « Il n’y avait rien que je puisse faire. La chance n’était simplement pas de notre côté. » Le Britannique estime également que sa performance méritait mieux : « Je pensais que nous méritions de gagner aujourd’hui. »
Antonelli porte son avance à 81 points au championnat
Cette huitième victoire de la saison permet à Antonelli de renforcer encore son emprise sur le championnat du monde. Après 14 Grands Prix, le pilote Mercedes compte désormais 292 points, contre 211 pour son coéquipier George Russell. Son avance passe donc à 81 points.
Après son extraordinaire victoire à Monza une semaine plus tôt, Antonelli enchaîne un deuxième succès consécutif et grave son nom dans l’histoire du nouveau circuit madrilène. Norris, lui, quitte Madrid avec une troisième place qui ne reflète pas la physionomie de sa course : poleman, leader autoritaire pendant le premier relais, il a perdu la victoire lorsque la voiture de sécurité virtuelle est apparue au pire endroit possible pour lui.
