Quatre personnes ont été mises en examen dans le cadre de l’enquête sur le spectaculaire cambriolage du musée Lalique, survenu le 5 juillet dernier à Wingen-sur-Moder, dans le Bas-Rhin. L’annonce a été faite vendredi 6 novembre par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Nancy, après quatre mois d’investigations. Les suspects, âgés de 23 à 51 ans et originaires de différentes régions françaises, sont soupçonnés d’avoir participé à des vols, à leur préparation ou au recel des objets dérobés. Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que les deux autres ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Cette avancée judiciaire intervient après une opération d’envergure ayant mobilisé 90 gendarmes et policiers, au cours de laquelle six personnes avaient été interpellées.
Le cambriolage du musée Lalique avait été commis à l’aube du dimanche 5 juillet, aux alentours de 5 h 30. Trois individus cagoulés avaient pénétré dans l’établissement après avoir forcé une issue de secours, puis une porte coupe-feu. Une fois dans la salle d’exposition principale, les malfaiteurs avaient brisé six vitrines à l’aide de masses et de marteaux avant de s’emparer de 27 bijoux, pour une valeur totale estimée à 4,5 millions d’euros. L’opération n’avait duré que quelques minutes. Parmi les pièces dérobées figurait notamment « La Femme libellule », une création emblématique de René Lalique réalisée en or, diamants et émail. Cette œuvre constituait l’une des pièces majeures de la collection et avait été la première acquisition du musée. Au-delà de leur valeur financière, les objets volés représentent une part importante du patrimoine artistique consacré au célèbre joaillier et maître verrier français.
Un second cambriolage dans le Tarn au cœur des investigations
Les enquêteurs de la section de recherches de Strasbourg et de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels ont établi un rapprochement entre le vol du musée Lalique et un autre cambriolage commis quatre jours plus tôt, le 1er juillet, au centre archéologique de Montans, dans le Tarn. Vers 4 heures du matin, des malfaiteurs avaient dérobé 37 monnaies gallo-romaines en or, représentant un préjudice estimé à 120 000 euros. Les investigations ont conduit le parquet d’Albi à se dessaisir au profit de la JIRS de Nancy, permettant de réunir les deux affaires dans une même procédure judiciaire. Cette centralisation doit notamment permettre de déterminer les responsabilités de chacun des suspects et d’établir si les deux opérations ont été préparées ou exécutées par un même réseau. Les quatre personnes mises en examen bénéficient de la présomption d’innocence, tandis que les investigations se poursuivent pour retrouver les objets dérobés et préciser les circonstances des cambriolages.
Cette affaire a profondément perturbé le fonctionnement du musée Lalique, contraint de fermer ses portes pendant plusieurs mois afin de réparer les dégradations et de renforcer ses dispositifs de sécurité. Situé à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Strasbourg, l’établissement doit accueillir de nouveau le public le 28 novembre prochain. Sa directrice, Véronique Brumm Schaich, avait expliqué en octobre que cette fermeture prolongée était nécessaire pour permettre une réouverture dans des conditions satisfaisantes. Le musée avait également lancé une cagnotte destinée à financer des travaux de sécurisation supplémentaires non couverts par les assurances. Toutefois, les visiteurs ne pourront pas admirer les bijoux de la collection lors de la réouverture, conformément aux mesures de précaution prises après plusieurs cambriolages visant des institutions culturelles françaises. Ouvert en 2011, le musée présente plus de 650 œuvres retraçant l’histoire de René Lalique et de ses successeurs, depuis les bijoux Art nouveau jusqu’aux créations contemporaines en cristal. Les suites de l’enquête seront désormais déterminantes pour espérer retrouver les pièces disparues et préserver ce patrimoine exceptionnel.









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