Cinq ressortissants britanniques soupçonnés d’appartenir à la mouvance d’ultradroite ont été interpellés jeudi 29 octobre 2026 près de Dunkerque, dans le département du Nord. Selon les informations communiquées samedi par la préfecture, ces hommes sont accusés d’avoir participé à des actions d’intimidation visant des migrants présents sur le littoral. Les suspects diffusaient notamment des images en direct sur un réseau social pour mettre en scène leurs interventions. Lors de leur arrestation, les forces de l’ordre ont découvert quatre bombes lacrymogènes en leur possession. Placés en garde à vue, les cinq Britanniques pourraient désormais être expulsés du territoire français. Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes autour des traversées clandestines de la Manche vers le Royaume-Uni.
Les cinq hommes circulaient dans un minibus qu’ils avaient eux-mêmes baptisé « The Battle Bus », autrement dit « le bus de combat ». Selon la préfecture du Nord, ils ont été arrêtés pour participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes et transport sans motif légitime d’armes de catégorie D. Les autorités leur reprochent d’avoir mené des opérations d’intimidation contre des personnes migrantes, tout en utilisant les réseaux sociaux pour diffuser leurs actions. À l’issue de leur garde à vue, les suspects devraient être placés en rétention administrative dans la perspective de leur éloignement du territoire. Cette procédure reste distincte d’éventuelles poursuites pénales. À ce stade, les autorités n’ont pas précisé si des violences physiques avaient effectivement été commises ni détaillé l’ensemble des faits reprochés aux cinq hommes.
Des militants britanniques déjà expulsés de France en janvier
Cette interpellation n’est pas un cas isolé. En janvier 2026, deux ressortissants britanniques soupçonnés d’être venus participer à une mobilisation anti-migrants interdite près de Calais avaient déjà été arrêtés, puis expulsés de France. Quelques jours auparavant, dix autres militants britanniques d’extrême droite s’étaient vu interdire l’accès au territoire français. Les autorités les soupçonnaient d’avoir participé à des actions violentes contre des migrants sur le littoral au cours des mois précédents. Ces précédents témoignent de la surveillance exercée par les services français sur certains groupes militants étrangers qui cherchent à intervenir directement dans les zones de départ vers l’Angleterre. Le littoral du Pas-de-Calais et du Nord constitue depuis plusieurs années un point de concentration des tensions liées à l’immigration clandestine, avec des campements régulièrement installés à proximité des principaux secteurs de traversée.
La question des traversées de la Manche demeure particulièrement sensible dans le débat politique britannique. Selon les chiffres officiels du gouvernement britannique, plus de 21 000 migrants ont rejoint l’Angleterre depuis le début de l’année 2026 à bord de petites embarcations, un total inférieur à celui enregistré à la même période en 2025. Les conditions météorologiques favorables ont toutefois entraîné une reprise des départs ces derniers jours : plus de 930 personnes ont effectué la traversée jeudi et vendredi. Ces voyages restent extrêmement dangereux. D’après un décompte de l’AFP établi à partir de sources officielles, au moins 24 personnes ont perdu la vie depuis janvier en tentant de rejoindre les côtes anglaises. Alors que Londres et Paris poursuivent leur coopération pour lutter contre les réseaux de passeurs et limiter les départs clandestins, les autorités françaises doivent également faire face aux initiatives de groupes militants étrangers. L’interpellation des cinq Britanniques près de Dunkerque illustre cette dimension supplémentaire des tensions migratoires sur le littoral de la Manche.









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