Le Fonds monétaire international a quasiment doublé sa prévision de croissance pour l’Allemagne en 2026, la portant à 1,3 %. À Berlin, les négociations de coalition entre le SPD, les Verts et Die Linke ont volé en éclats après moins d’une semaine, sur fond de désaccord autour de la question israélienne.
Le Fonds monétaire international (FMI) a relevé mardi sa prévision de croissance pour l’Allemagne à 1,3 % pour l’année 2026, contre 0,7 % annoncé en juillet dernier. L’institution de Washington table désormais sur une expansion de 1,1 % en 2027, soit une révision à la hausse de 0,1 point. Ces chiffres rejoignent ceux publiés la semaine dernière par le ministère fédéral de l’Économie, qui soulignait la résilience de l’économie allemande malgré la hausse des prix de l’énergie et les incertitudes liées aux droits de douane américains.
Plusieurs facteurs expliquent ce rebond : les investissements publics dans les infrastructures et la défense, la vigueur des exportations, et la demande croissante liée au développement de l’intelligence artificielle, dont profitent directement plusieurs fournisseurs allemands. À l’échelle mondiale, le FMI a légèrement relevé sa prévision de croissance globale à 3,1 % pour 2026, tout en maintenant celle de 2027 à 3,4 %.
Sur le plan politique, la capitale allemande traverse une crise de gouvernance naissante. Le SPD et les Verts ont annoncé mardi soir la suspension des négociations exploratoires de coalition avec Die Linke, moins d’une semaine après leur ouverture. Les têtes de liste des deux partis aux élections régionales du mois dernier, Werner Graf pour les Verts et Steffen Krach pour le SPD, ont justifié cette décision par un désaccord sur un texte commun relatif à l’antisémitisme et au droit d’Israël à exister.
Lors d’une réunion des 44 élus de Die Linke au parlement régional, les membres du parti ont adopté une déclaration différente de celle négociée conjointement avec leurs partenaires potentiels. Le texte retenu par Die Linke affirme « le droit d’Israël à exister et l’égalité des droits pour tous en Israël », mais aussi « le droit de la Palestine à exister », sans reprendre la formulation « non négociable » présente dans le document commun, ni les dispositions prévoyant des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion du parti en cas de manquement.
Cette rupture s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de Die Linke, dont certains membres avaient adopté des positions particulièrement critiques à l’égard d’Israël lors de la campagne électorale, et après qu’un individu lié au crime organisé avait été aperçu à une soirée électorale du parti. Avant l’ouverture des négociations, les trois formations avaient justement tenté de dissiper ces controverses par une déclaration commune, que Die Linke a finalement désavouée.
Le SPD et les Verts ont néanmoins laissé une porte ouverte, indiquant attendre que Die Linke précise « dans quelle mesure elle entend respecter et mettre en œuvre les engagements pris ». Die Linke avait remporté près de 26 % des voix lors des élections régionales du mois dernier, arrivant en tête devant la CDU (18,8 %), les Verts (14 %) et le SPD (12 %). Une coalition à trois partis de gauche disposerait d’une courte majorité, mais une alliance alternative avec la CDU serait encore plus fragile face à l’opposition de l’AfD et de Die Linke elle-même. Le chancelier Friedrich Merz a estimé que les accusations pesant sur Die Linke ne pouvaient « être balayées par un simple bout de papier ».

Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.