Duane « Keffe D » Davis, 63 ans, a été condamné à une peine minimale de 40 ans d’emprisonnement pour avoir orchestré l’assassinat du rappeur Tupac Shakur, tué à Las Vegas en septembre 1996. Une affaire restée sans réponse judiciaire pendant près de trois décennies.
C’est un verdict qui clôt l’un des cold cases les plus célèbres de l’histoire de la musique américaine. Duane Davis, dit « Keffe D », ancien dirigeant du gang des South Side Compton Crips, a été condamné à une peine plancher de 40 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Tupac Shakur, abattu lors d’une fusillade depuis un véhicule en mouvement à Las Vegas le 7 septembre 1996. Le rappeur avait 25 ans et se trouvait au sommet de sa carrière.
Un jury l’avait reconnu coupable en septembre d’un chef de meurtre avec arme mortelle. Bien que Davis n’ait pas personnellement tiré les coups de feu, les procureurs ont établi qu’il était le cerveau de l’opération : il aurait donné l’ordre de tirer et fourni l’arme utilisée par son neveu Orlando Anderson, lequel est mort dans une fusillade sans lien avec cette affaire en 1998, après avoir toujours nié toute implication.
L’accusation a largement appuyé son dossier sur les déclarations de Davis lui-même. En 2008, dans le cadre d’une enquête distincte portant sur la mort du rappeur Notorious B.I.G., il avait confié son rôle aux autorités lors d’un entretien confidentiel, en échange d’une immunité pénale. Onze ans plus tard, il avait choisi de détailler davantage sa participation dans ses mémoires, intitulées Compton Street Legend, puis lors d’interviews médiatiques. Ces prises de parole publiques ont annulé l’accord de protection dont il bénéficiait, permettant au tribunal d’utiliser l’entretien de 2008 comme pièce à charge.
À l’audience de condamnation, le procureur Marc DiGiacomo a fustigé un homme qui avait passé des années à « se vanter publiquement » de son rôle dans une mort aux « répercussions mondiales ». La sœur du rappeur, Sekyiwa Shakur, a pris la parole pour décrire un deuil qui a « longtemps paralysé » sa famille, et a demandé la peine maximale. Son frère Maurice Shakur a formulé la même requête.
Interrogé par la juge Carli Kierny sur ses éventuelles déclarations, Davis a répondu laconiquement : « Je vais bien. Je vais faire appel, c’est certain. » La magistrate, avant de prononcer la sentence, lui a signifié que nul n’avait le droit « d’ôter la vie à un homme, de lui voler tout son avenir, et de s’en aller comme si de rien n’était. Surtout quand cet homme s’appelle Tupac Shakur. Le monde ne l’a jamais oublié, ni sa mort. »
Tupac Shakur, dont la carrière avait marqué le rap des années 1990, a vendu plus de 75 millions d’albums dans le monde. Sa mort, survenue quelques mois avant celle de Notorious B.I.G., avait alimenté pendant des décennies théories et spéculations. La condamnation de Davis constitue la première mise en cause judiciaire dans cette affaire.

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