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Fusillade dans un collège à Aubagne: le ministre de l’Intérieur dénonce une «tentative d’assassinat» préparée, le père du tireur en garde à vue

Fusillade dans un collège à Aubagne: le ministre de l’Intérieur dénonce une «tentative d’assassinat» préparée, le père du tireur en garde à vue
Fusillade dans un collège à Aubagne: le ministre de l’Intérieur dénonce une «tentative d’assassinat» préparée, le père du tireur en garde à vue

La fusillade qui a frappé le collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône ce lundi prend une dimension judiciaire particulièrement grave. Après l’attaque menée par un collégien de 14 ans contre le principal et une enseignante de son établissement, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré en fin d’après-midi que les faits constituaient une « tentative d’assassinat » et que l’agression avait été « manifestement préparée ». Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour tentatives d’assassinat. Dans le même temps, le père de l’adolescent a été placé en garde à vue pour détention d’armes.

Laurent Nuñez évoque une attaque préméditée

En déplacement à Aubagne avec le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, Laurent Nuñez s’est exprimé après avoir rencontré les personnels du collège et les responsables des forces de l’ordre. Le ministre de l’Intérieur a estimé que l’attaque avait été préparée, alors que plusieurs éléments recueillis au cours de la journée permettent de reconstituer les circonstances dans lesquelles l’adolescent est entré armé dans son établissement.

Le jeune homme, âgé de 14 ans et scolarisé en troisième, avait dissimulé un fusil de chasse de calibre 12 dans un étui à guitare. Il a ainsi pu pénétrer dans l’établissement avec son arme avant d’ouvrir le feu. Les enquêteurs cherchent désormais à établir depuis combien de temps il préparait son passage à l’acte, comment il s’est procuré le fusil et s’il avait désigné des personnes comme cibles avant de se rendre au collège.

Au moins 4 coups de feu tirés dans l’établissement

L’attaque s’est produite peu après 9 heures. L’adolescent a ouvert le feu dans les espaces communs du premier étage du collège, blessant le principal, âgé de 53 ans, ainsi qu’une enseignante de 37 ans. Le chef d’établissement a été touché par des plombs de chasse au niveau des cuisses et du bas du dos. La professeure a également été atteinte à la cuisse.

Au moins 4 tirs ont été recensés au cours de l’attaque. Le collégien aurait également fait feu dans un couloir et en direction d’une salle de classe. Aucun élève n’a été physiquement blessé. Les deux membres du personnel touchés ont été hospitalisés, mais leur pronostic vital n’est pas engagé.

L’intervention du conseiller principal d’éducation (CPE) a permis de mettre fin à l’attaque. Ce membre de l’équipe éducative est parvenu à maîtriser et à désarmer l’adolescent avant de le remettre aux forces de l’ordre. Le suspect a ensuite été placé en garde à vue.

Le père du collégien placé en garde à vue, des armes recherchées au domicile familial

L’enquête s’est également étendue à l’environnement familial de l’adolescent. Une perquisition a été menée lundi après-midi au domicile de ses parents afin de déterminer l’origine du fusil utilisé et les conditions dans lesquelles le mineur a pu y accéder.

Le père du collégien, présenté comme un tireur sportif, a été placé en garde à vue pour détention d’armes. Des informations diffusées en début de soirée font également état du placement en garde à vue de la mère de l’adolescent, sans que les motifs précis de cette mesure aient été détaillés.

Les investigations doivent notamment permettre de déterminer si le fusil utilisé appartenait à la famille, si sa détention était régulière et dans quelles conditions il était conservé. Le placement en garde à vue du père ne signifie pas qu’une responsabilité pénale dans l’attaque a déjà été établie.

Le mobile de l’adolescent reste inconnu

Malgré la qualification judiciaire de tentatives d’assassinat, les motivations exactes du collégien restent à déterminer. La procureure adjointe de Marseille, Audrey Jouaneton, a indiqué que plusieurs hypothèses étaient examinées, notamment celle d’éventuelles difficultés relationnelles ou de faits de harcèlement.

Les enquêteurs doivent également déterminer si l’adolescent cherchait spécifiquement à atteindre le principal et l’enseignante ou s’il envisageait de viser d’autres personnes. Les premiers témoignages recueillis dans l’établissement font état de comportements antérieurs très différents selon les élèves interrogés. Aucun mobile définitif n’a été établi.

Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a précisé que le suspect n’était pas connu pour des faits de délinquance ou de radicalisation. Il a également écarté tout lien avec le mouvement de contestation lycéenne qui touche actuellement plusieurs établissements scolaires français.

Édouard Geffray dénonce un « acte criminel » et une « violence débridée »

Présent aux côtés de Laurent Nuñez, le ministre de l’Éducation nationale a dénoncé un « acte criminel » et évoqué « une violence débridée de certains jeunes ». Édouard Geffray a également estimé que « l’école ne peut pas tout », alors que les personnels de l’établissement restent profondément affectés par l’attaque.

Emmanuel Macron a, de son côté, salué « le sang-froid et la réaction exemplaire de l’équipe éducative, qui a permis d’éviter le pire ». Le président de la République a adressé sa solidarité aux deux victimes et à l’ensemble de la communauté scolaire.

Une cellule psychologique mise en place pour les élèves et les familles

La fusillade a provoqué un important déploiement des forces de sécurité et des secours. Les élèves ont été mis à l’abri avant d’être progressivement pris en charge, tandis que de nombreux parents se sont rendus devant le collège pour récupérer leurs enfants.

Le centre hospitalier Edmond-Garcin d’Aubagne a déclenché son plan blanc à 10h10 afin de mobiliser les moyens nécessaires à la prise en charge des victimes. Une cellule d’urgence médico-psychologique a également été activée pour accompagner les élèves, leurs familles et les personnels traumatisés.

Une ligne téléphonique dédiée aux familles concernées a été mise en service au 04 42 84 71 55.

L’enquête judiciaire devra maintenant préciser le degré de préparation de l’attaque, identifier l’origine du fusil et déterminer les intentions exactes du collégien. Les investigations se poursuivent sous l’autorité du parquet de Marseille, tandis que les deux victimes restent prises en charge après cette fusillade qui aurait pu provoquer un bilan beaucoup plus lourd.

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