Royaume-uni : Andy Burnham forme son gouvernement et écarte plusieurs fidèles de Starmer
Royaume-uni : Andy Burnham forme son gouvernement et écarte plusieurs fidèles de Starmer

Officiellement nommé Premier ministre britannique lundi 20 juillet, Andy Burnham a constitué son gouvernement en rompant avec plusieurs figures de l’ère Starmer, tout en promettant des mesures sociales dès mardi pour répondre à la crise du coût de la vie.

À 56 ans, l’ancien maire du Grand Manchester succède à Keir Starmer, contraint à la démission après deux ans marqués par des polémiques, des défaites électorales locales et une impopularité croissante au sein même du Labour. Starmer avait annoncé son départ le 22 juin. Lundi, dans une courte allocution devant le 10, Downing Street, il s’est dit « fier » du travail accompli avant d’aller présenter officiellement sa démission au roi Charles III.

Burnham, lui, a reçu les clés du pouvoir après avoir été plébiscité par les députés travaillistes vendredi. Il devient le septième Premier ministre britannique depuis 2016. Devant Downing Street, sans notes ni pupitre, entouré de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, il a promis « les changements les plus profonds de ces quarante dernières années » : réindustrialiser le pays, construire davantage de logements sociaux et bâtir une économie où les services essentiels reviennent sous contrôle public. Mettre fin au sans-abrisme figure parmi ses priorités déclarées, après une visite dans un refuge pour personnes sans domicile fixe.

La composition du gouvernement, révélée au fil des arrivées au 10, Downing Street tout au long de l’après-midi et de la soirée, marque une rupture nette avec l’équipe précédente. John Healey, ancien ministre de la Défense qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, hérite des Finances à la place de Rachel Reeves, écartée. Il reprend ce portefeuille dans un contexte difficile : croissance atone et dette publique élevée. David Lammy, ministre de la Justice et vice-Premier ministre de Starmer, est lui aussi écarté.

Ed Miliband, jusqu’ici ministre de l’Énergie, prend la tête de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur les questions migratoires, est maintenue à l’Intérieur. Wes Streeting, ex-ministre de la Santé qui avait un temps envisagé de défier Starmer à la tête du parti, hérite de la Défense, avec pour mission de conduire le plan d’investissement sur dix ans pour moderniser l’armée. Angela Rayner, figure de l’aile gauche et ancienne numéro deux de Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Dès sa prise de fonction, Burnham a multiplié les appels téléphoniques avec des dirigeants étrangers. Avec Donald Trump, il a évoqué son engagement pour la « défense et la sécurité » du Royaume-Uni et de ses alliés. Le président américain a qualifié l’échange de « très bonne conversation » sur son réseau Truth Social, ajoutant que « les États-Unis d’Amérique seront là pour l’aider ». Burnham a également parlé avec Volodymyr Zelensky, lui réaffirmant un « engagement résolu » auprès du peuple ukrainien, et avec Emmanuel Macron, à qui il a dit « se réjouir de renforcer la solide relation entre le Royaume-Uni et la France ».

Sur le plan intérieur, les travaillistes comptent sur celui que l’on surnomme « le roi du Nord » pour enrayer la montée de Reform UK, le parti anti-immigration de Nigel Farage, actuellement en tête des sondages avant les législatives prévues en 2029. Farage a réclamé des élections immédiates, estimant que Burnham agit « sans mandat ». La cheffe des conservateurs Kemi Badenoch lui a reproché de « prendre ses fonctions sans avoir défini de plan clair ».

Burnham, maire de Manchester depuis 2017 après deux tentatives infructueuses pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, a bâti sa popularité sur le renouveau de l’agglomération mancunienne. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un « N°10 du Nord » à Manchester.

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