Le président de la FIFA Gianni Infantino a publié un message de quinze pages sur Instagram pour défendre le bilan de la Coupe du monde 2026, s’en prenant aux détracteurs du tournoi tout en passant sous silence plusieurs incidents majeurs.
Les commentaires étaient désactivés. C’est dans ces conditions que Gianni Infantino a choisi de s’exprimer, dimanche, via un long texte diffusé simultanément sur le site de la FIFA, son compte Instagram personnel et les canaux officiels de l’organisation. Quinze pages pour défendre la Coupe du monde 2026, s’excuser de façon ironique auprès des critiques et réclamer la reconnaissance d’un bilan qu’il juge exceptionnel.
« À tous ceux qui étaient si consumés par la haine et la critique qu’ils ont tout raté, je dis désolé », a écrit le dirigeant suisse, dans un style que plusieurs observateurs ont rapproché de celui de Donald Trump. Il a affirmé que le tournoi avait apporté « aucune violence, aucun incident, 100 % de sécurité, rien que de la joie et du bonheur ».
Parmi les points les plus contestés figure le traitement réservé à l’équipe d’Iran. Infantino a présenté la participation iranienne comme une démonstration d’unité entre deux pays en conflit. La réalité du terrain était plus nuancée : l’Iran a été contraint de résider au Mexique et de se déplacer pour chaque match aux États-Unis, avec des restrictions supplémentaires imposées au dernier moment. Le sélectionneur Amir Ghalenoei a qualifié son équipe de « la plus opprimée » du tournoi, après que plusieurs membres du staff se sont vu refuser des visas.
Les interdictions de voyage et les refus de visa ont constitué un fil rouge de la compétition. Les mesures de l’administration Trump ont empêché des supporters de plusieurs pays participants d’entrer sur le territoire américain, notamment Haïti, le Sénégal, l’Iran et la Côte d’Ivoire. L’arbitre somalien Omar Artan, pourtant titulaire d’un passeport diplomatique et d’un visa en règle, s’est lui aussi vu refuser l’entrée aux États-Unis, les autorités américaines invoquant sans preuve une prétendue « association avec des membres suspectés d’organisations terroristes ».
Infantino a balayé ces cas d’un revers de main : « Vous avez mentionné les quelques personnes auxquelles on a refusé un visa et vous avez ignoré les millions qui ont été approuvées, de toutes les parties du monde. » Une formulation qui a suscité des réactions, au regard du nombre de personnes effectivement touchées par les restrictions.
La relation entre Infantino et Trump a également alimenté les tensions. En décembre dernier, le président américain avait reçu le tout nouveau « Prix FIFA de la paix ». Quelques mois plus tard, Trump a reconnu avoir téléphoné à Infantino pour intervenir en faveur de l’attaquant américain Folarin Balogun, dont la suspension après un carton rouge avait été levée dans des circonstances quasi inédites à ce niveau de compétition. Le règlement de la FIFA stipule pourtant que les sanctions liées aux cartons rouges en Coupe du monde ne peuvent faire l’objet ni d’appel ni d’annulation.
Cette affaire a accentué la fracture entre la FIFA et l’UEFA. Le président de l’instance européenne, Aleksander Ceferin, a publiquement estimé que la FIFA avait « franchi une ligne rouge » dans le dossier Balogun, et n’a pas assisté à la finale, un geste interprété comme un acte de protestation. Infantino a répondu par une pique à peine voilée : « Il est curieux que les mêmes pays qui emploient ces pratiques soient ceux qui critiquent. »
Trump a par ailleurs suggéré, peu après la finale, qu’Infantino serait un bon candidat au poste de secrétaire général des Nations unies, dont le mandat arrive à échéance cette année. Le dirigeant de la FIFA semble néanmoins vouloir rester à la tête de l’organisation, où il devrait être réélu sans opposition l’an prochain.
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