Le mégafeu qui ravage la Gironde depuis mardi dernier est resté « globalement stable » dans la nuit de dimanche à lundi, mais le retour de températures jusqu’à 40 °C dès mardi inquiète les secours. Emmanuel Macron a réuni ce lundi matin une cellule interministérielle de crise au ministère de l’Intérieur.
La préfecture de Gironde a fait état d’une nuit sans « évolution majeure à signaler », les forces de sécurité et de secours restant « pleinement mobilisées » sur le terrain. Cette accalmie relative ne dissipe pas les craintes : le retour de fortes chaleurs attendu dès mardi, avec des maximales pouvant atteindre 40 °C, risque de compliquer considérablement le travail des pompiers.
Emmanuel Macron a présidé lundi à 10 heures une cellule interministérielle de crise consacrée aux incendies qui frappent plusieurs départements du sud de la France. Les deux réunions précédentes avaient été conduites par le Premier ministre Sébastien Lecornu. L’Élysée avait justifié cette prise en main directe par « ce moment de fortes tensions pour les forces de secours déployées sur tout le territoire et particulièrement en Gironde ».
Dimanche soir sur France 2, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez avait dressé un tableau sombre : 115 000 hectares parcourus par les flammes en France depuis le début de l’année, des feux de Gironde toujours non maîtrisés et qualifiés d’« extrêmement dangereux », une situation jugée « très défavorable ». « Tous les jours, on a 30 à 40 départs de feux », a-t-il précisé.
Le bilan humain et matériel s’alourdit. Selon les derniers chiffres communiqués samedi soir par la préfète de Nouvelle-Aquitaine Sophie Brocas, 42 000 hectares ont brûlé en Gironde depuis le déclenchement du feu, qualifié par les autorités d’une « gravité inédite ». Aucune victime n’est à déplorer dans la population, mais 84 sapeurs-pompiers ont été blessés. Près de 220 000 personnes ont été évacuées à titre préventif dans 23 communes.
Douze centres d’accueil restent ouverts dans neuf communes. Entre 5 000 et 6 000 personnes ont trouvé refuge au Parc des expositions de Bordeaux, transformé en vaste camp d’accueil. Dans le Lot-et-Garonne voisin, 1 500 lits ont été installés au Parc des expositions d’Agen. La ville de Toulouse accueillera dès lundi des résidents d’Ehpad évacués de la périphérie bordelaise, a annoncé son maire Jean-Luc Moudenc.
La préfète a prévenu que les habitants évacués ne pourront pas rentrer chez eux tant que le feu ne sera pas fixé. Elle a également exclu toute reprise du travail lundi dans les entreprises des communes concernées.
Sur le plan économique, le ministre Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendront en charge les frais de relogement des personnes évacuées. Le maire de Bordeaux Thomas Cazenave a demandé au gouvernement « la mise en place rapide d’une cellule de crise économique » pour évaluer les conséquences sur les entreprises locales, notamment dans le tourisme, l’hôtellerie et la restauration.
La situation reste tendue ailleurs dans le pays. Dans le Var, trois foyers demeurent actifs et une « nouvelle journée à risque » s’annonce avec la hausse des températures et le mistral. Dans les Landes, environ 8 000 habitants de Biscarrosse ont pu regagner leur domicile dans les zones sécurisées.
Les panaches de fumée, portés par les vents d’ouest, provoquent un épisode de pollution aux particules fines bien au-delà de la zone sinistrée. Quatre départements, la Gironde, les Landes, la Dordogne et le Lot-et-Garonne, dépassent déjà les seuils d’alerte. Des odeurs de fumée ont même été signalées jusqu’à la métropole de Lyon.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.