Le président du Tapura Huiraatira, Édouard Fritch, s’est prononcé en faveur d’une dissolution de l’Assemblée de la Polynésie française afin de provoquer de nouvelles élections. Dans un entretien publié sur le site officiel de son parti, il estime que la crise politique actuelle ne peut être résolue que par un retour aux urnes, alors que les divisions au sein de la majorité indépendantiste s’accentuent.
Selon lui, le Tapura ne cherche pas à renverser le gouvernement pour reprendre le pouvoir, mais souhaite permettre aux électeurs de se prononcer à nouveau. Édouard Fritch affirme que si une motion de censure est nécessaire pour parvenir à une dissolution, son parti est prêt à soutenir cette démarche afin de « redonner la parole à la population ».
Une majorité fragilisée par les divisions du Tavini
Cette prise de position intervient alors que le Tavini Huiraatira traverse une grave crise interne. Réuni à Faa’a, le conseil fédéral du parti indépendantiste a décidé d’engager une motion de censure contre le président du gouvernement, Moetai Brotherson, récemment écarté de sa formation politique.
Pour Édouard Fritch, ces tensions rendent désormais impossible la constitution d’une majorité stable à l’Assemblée. Il estime que la Polynésie française risque d’entrer dans une longue période d’instabilité institutionnelle et appelle l’État à prendre ses responsabilités, rappelant que seule une décision du président de la République peut conduire à la dissolution de l’Assemblée.
Un rapprochement politique encore incertain
Le dirigeant autonomiste a également répondu aux déclarations de Tony Géros, désigné par le Tavini pour succéder à Moetai Brotherson et favorable à l’ouverture de discussions avec les autonomistes. Sans confirmer un éventuel rapprochement, Édouard Fritch a insisté sur le fait que l’opposition dispose des moyens parlementaires nécessaires pour renverser l’exécutif si une majorité de représentants soutient une motion de défiance.
Dans ce contexte de recomposition politique, les prochains jours pourraient être décisifs pour l’avenir institutionnel de la Polynésie française. Entre la perspective d’une nouvelle majorité et celle d’une dissolution suivie d’élections anticipées, l’archipel entre dans une période de forte incertitude politique.
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