— France-Paraguay : 28 ans après, le piège paraguayen revient hanter les Bleus
France-Paraguay : 28 ans après, le piège paraguayen revient hanter les Bleus

Ce samedi soir à 22h00, la France affronte le Paraguay en huitièmes de finale de la Coupe du monde. Une affiche qui réveille un vieux souvenir bleu, enfoui dans l’été 1998, quand les deux sélections s’étaient déjà retrouvées au même stade de la compétition.

Ce jour-là, le 28 juin 1998, la France a gagné. Mais a souffert longtemps. Elle a buté sur un Paraguay compact, dur, discipliné, porté par un José Luis Chilavert immense dans son rôle de gardien-capitaine. Elle a attendu la 114e minute pour se libérer. Et elle a dû son salut à Laurent Blanc, auteur du premier but en or de l’histoire de la Coupe du monde.

28 ans plus tard, ce nouveau France-Paraguay arrive donc chargé d’un précédent qui est resté dans les mémoires : en 1998, les Bleus ont survécu à l’un des matchs les plus fermés de leur parcours vers la première étoile.

Lens, 28 juin 1998 : les Bleus sans Zidane

Retour en arrière. Ce jour-là, le match se joue au stade Félix-Bollaert de Lens. La France est pays hôte. Elle sort d’un premier tour parfait sur le plan comptable, avec trois victoires en trois matchs contre l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite et le Danemark. Mais Aimé Jacquet doit composer sans Zinédine Zidane, suspendu après son exclusion contre l’Arabie saoudite.

Au coup d’envoi, Fabien Barthez garde les buts français. La défense est composée de Lilian Thuram, Marcel Desailly, Laurent Blanc et Bixente Lizarazu. Didier Deschamps porte le brassard. Emmanuel Petit l’accompagne au milieu. Devant, Youri Djorkaeff, Bernard Diomède, Thierry Henry et David Trezeguet doivent faire sauter le verrou paraguayen.

En face, le Paraguay avance avec son homme fort : José Luis Chilavert. Gardien, capitaine, leader technique et mental, il incarne une équipe construite pour résister. Devant lui, Carlos Gamarra, Celso Ayala, Francisco Arce et Pedro Sarabia forment une ligne défensive dense, agressive, difficile à déplacer.

Le Paraguay met le bus

Dès les premières minutes, la France a le ballon. Le Paraguay bétonne en défense. Les Bleus cherchent à accélérer, à combiner, à passer sur les côtés. Les Paraguayens réduisent les espaces, coupent les transmissions et refusent de se découvrir. Le Paraguay garde un bloc bas. Ses défenseurs défendent la surface avec une concentration totale. Chilavert donne de la voix, sort quand il le faut, ralentit quand il le peut, impose sa présence à chaque ballon aérien. La France insiste. Henry attaque la profondeur. Trezeguet pèse dans la surface. Djorkaeff cherche les intervalles. Mais sans Zidane, les Bleus manquent parfois de liant dans les trente derniers mètres. Ils avancent, mais ne désorganisent pas suffisamment le bloc adverse.

Henry touche le poteau, Chilavert infranchissable

La première période donne pourtant aux Bleus l’occasion de prendre l’avantage. Thierry Henry se procure l’une des situations les plus nettes du match. Lancé face au but, il frappe, mais le ballon heurte le poteau. La France vient de trouver une ouverture, mais elle ne marque pas. Le Paraguay reste en vie. Et plus les minutes passent, plus le plan paraguayen inquiète les supporters français.

Aimé Jacquet cherche la solution

En seconde période, Aimé Jacquet modifie son équipe. Robert Pirès remplace Thierry Henry. Alain Boghossian entre à la place d’Emmanuel Petit. Plus tard, Stéphane Guivarc’h remplace Bernard Diomède. La France continue de pousser. Elle garde la maîtrise territoriale. Elle récupère vite le ballon. Elle joue dans le camp paraguayen. Mais le verrou ne saute pas. Le Paraguay, lui, ne change pas de logique. Il défend, il casse le rythme et accepte de subir. L’objectif est d’ emmener la France jusqu’aux tirs au but, avec Chilavert dans le rôle du dernier rempart.

0-0 après 90 minutes : le danger devient total

Le temps réglementaire s’achève sans but. La France et le Paraguay entrent en prolongation. En 1998, la règle du but en or est en vigueur : la première équipe qui marque gagne immédiatement. La tension monte d’un cran. Pour la France, chaque attaque peut délivrer le pays. Chaque perte de balle peut aussi devenir fatale. Pour le Paraguay, chaque minute gagnée rapproche la séance de tirs au but. Les Bleus refusent pourtant d’attendre. Ils continuent d’attaquer. Les défenseurs montent plus souvent. Les milieux se projettent. Les attaquants cherchent le moindre ballon exploitable dans la surface. Le match devient moins propre, mais plus irrespirable.

114e minute : Laurent Blanc libère la France

La délivrance arrive à la 114e minute. Robert Pirès participe à l’action côté gauche. Le ballon arrive dans la surface. David Trezeguet le dévie de la tête. Laurent Blanc, monté aux avant-postes, surgit dans la zone décisive. Le défenseur français frappe du pied droit. Le ballon passe sous José Luis Chilavert. Le but est accordé. Le match s’arrête immédiatement.

Les Bleus se qualifient pour les quarts de finale. Les Paraguayens s’effondrent. Chilavert, si longtemps infranchissable, vient de céder sur l’une des dernières actions du match. Laurent Blanc devient le premier joueur à inscrire un but en or dans l’histoire de la Coupe du monde. La suite, tout le monde la connaît…

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