Les votes pour le Ballon d’Or 2026 sont officiellement clos depuis lundi. Pourtant, la compétition entre les principaux prétendants continue d’alimenter les discussions. Kylian Mbappé, Lamine Yamal et Ousmane Dembélé ont multiplié les déclarations pour défendre leurs candidatures, parfois en se répondant directement. Une campagne médiatique d’une intensité inhabituelle, alors que le trophée sera remis le 26 octobre à Londres.
Cette année, les candidats présentent des arguments très différents. Certains mettent en avant leurs statistiques individuelles, d’autres leurs titres collectifs ou leur influence sur le jeu. Cette diversité se retrouve dans leurs prises de parole, mais également dans la communication des clubs, qui cherchent à mettre leurs joueurs en valeur.
Kylian Mbappé revendique le Ballon d’Or et multiplie les interviews
L’attaquant du Real Madrid a considérablement augmenté ses interventions médiatiques en septembre. Entre les entretiens accordés à France Football, à la presse espagnole et à plusieurs médias internationaux, le capitaine de l’équipe de France a défendu ouvertement sa candidature.
Mbappé considère avoir réalisé une saison suffisante pour obtenir son premier Ballon d’Or. Il a notamment affirmé : « Il n’y a pas eu un joueur meilleur que moi la saison dernière. » Il a également rappelé qu’il avait toujours été considéré comme un joueur destiné à atteindre les sommets, se présentant comme celui qui avait « toujours été vu comme l’élu ».
Son principal argument repose sur ses performances individuelles. Auteur d’une saison prolifique avec le Real Madrid, il termine également meilleur buteur de la Coupe du monde 2026. En revanche, il ne possède ni le titre mondial remporté par l’Espagne ni la Ligue des champions décrochée par le PSG.
Sa campagne dépasse les médias européens. Mbappé a notamment accordé un entretien à RFI. Le journaliste Olivier Pron a expliqué que cette interview, organisée à l’initiative de l’entourage du joueur, avait notamment pour objectif de toucher le public africain.
Ousmane Dembélé répond à Mbappé et défend le PSG
Tenant du titre, Ousmane Dembélé a adopté une communication différente. Alors que Mbappé revendique ses performances, le Parisien insiste davantage sur son parcours personnel et sur la réussite collective de son équipe.
Comme nous l’expliquions lors de ses déclarations répondant indirectement à Kylian Mbappé, Dembélé a repris le terme employé par son ancien coéquipier : « Je n’ai jamais été l’élu, mais j’ai bossé énormément. »
L’attaquant parisien a également refusé de se placer lui-même dans son classement des candidats. Il a cité Khvicha Kvaratskhelia, Harry Kane et Kylian Mbappé, tout en exprimant le souhait de voir le trophée rester au Paris Saint-Germain.
Le PSG a accompagné cette campagne en organisant notamment un entretien croisé entre Dembélé et Kvaratskhelia. Le Français y a souligné les performances de son coéquipier géorgien et affirmé espérer que l’un d’entre eux remporterait la récompense.
Lamine Yamal défend une autre conception du Ballon d’Or
De son côté, Lamine Yamal ne se contente pas de mettre en avant son titre de champion du monde avec l’Espagne. Le Barcelonais revendique également une autre manière de juger les performances individuelles.
Selon lui, le Ballon d’Or doit distinguer les footballeurs capables de faire la différence par leur talent, leur créativité et leur influence sur le jeu. Il considère que la récompense « n’a rien à voir avec le nombre de buts » inscrits par un joueur.
Le champion du monde espagnol a également affirmé qu’il se considérait, avec Mbappé, comme l’un des deux meilleurs joueurs du monde. Il estime néanmoins mériter davantage le trophée cette année en raison des titres qu’il a remportés.
Le jeune attaquant présente ainsi deux arguments distincts : ses qualités techniques et le palmarès collectif acquis pendant la période de référence.
Harry Kane, Rodri et Kvaratskhelia défendent leurs propres arguments
La campagne ne se limite pas aux trois joueurs qui concentrent une grande partie de l’attention médiatique.
Harry Kane a lui aussi évoqué publiquement ses chances. L’attaquant du Bayern Munich peut notamment faire valoir ses statistiques impressionnantes : 61 buts en 51 matchs avec le club bavarois durant la saison 2025-2026. Il a reconnu que cette édition représentait sa meilleure occasion de remporter le trophée.
Rodri, sacré Ballon d’Or en 2024, privilégie quant à lui les résultats obtenus sur le terrain. Le milieu espagnol dispose notamment du titre mondial remporté avec la Roja, mais refuse de multiplier les interventions pour promouvoir sa candidature.
Kvaratskhelia peut mettre en avant sa contribution au deuxième sacre européen consécutif du PSG. Le Géorgien bénéficie également du soutien public de Dembélé.
L’ancien international français Michel Platini avait d’ailleurs évoqué ces différents profils en août. Comme nous le rapportions dans ses déclarations consacrées à Kvaratskhelia et Mbappé, il avait notamment souligné l’efficacité individuelle de Mbappé et l’importance des trophées collectifs remportés par ses concurrents.
Une campagne qui mobilise également les clubs
Les prises de parole des joueurs s’accompagnent d’une mobilisation de leurs équipes respectives.
Avec dix joueurs parmi les trente candidats, le PSG possède une représentation exceptionnelle. Le club parisien met notamment en avant ses résultats collectifs et ses deux victoires consécutives en Ligue des champions.
Cette présence massive avait déjà été détaillée dans notre article consacré au record de dix joueurs parisiens nommés pour le Ballon d’Or 2026.
Les interventions médiatiques se multiplient également autour des autres candidats. Leurs entraîneurs et leurs coéquipiers sont régulièrement invités à donner leur avis sur l’identité du prochain lauréat.
Pascal Ferré, ancien directeur de la rédaction de France Football, considère que cette campagne est « assez inédite par son bruit médiatique ». La participation directe des joueurs à la promotion de leur candidature constitue notamment une évolution par rapport aux campagnes autrefois principalement menées par les clubs et les entourages.
Les journalistes ont déjà voté : la communication ne peut plus modifier le scrutin
Malgré l’agitation médiatique, les suffrages sont désormais enregistrés. Les 100 journalistes internationaux chargés d’élire le Ballon d’Or masculin avaient jusqu’au 28 septembre pour transmettre leurs choix.
Chaque juré doit classer dix joueurs parmi les trente candidats. Le premier reçoit 15 points, le deuxième 12, le troisième 10, puis les suivants respectivement 8, 7, 5, 4, 3, 2 et 1 point.
Trois critères officiels doivent guider leur décision, dans un ordre précis : les performances individuelles et le caractère décisif du joueur, les résultats collectifs et les trophées remportés, puis la classe et le fair-play.
La période évaluée s’étend du 3 août 2025 au 19 juillet 2026. Elle englobe donc la Coupe du monde remportée par l’Espagne, mais exclut les performances réalisées depuis le début de la nouvelle saison.
Les déclarations faites après le 28 septembre ne peuvent donc plus influencer les bulletins de vote. Les campagnes menées pendant le mois de septembre auront éventuellement pesé sur les décisions individuelles, mais leur effet réel reste impossible à mesurer avant la publication des résultats.
Rendez-vous le 26 octobre à Londres pour une cérémonie historique
Pour son 70e anniversaire, le Ballon d’Or quitte exceptionnellement Paris. La cérémonie se déroulera le lundi 26 octobre au London Palladium, en hommage à Stanley Matthews, premier vainqueur de la récompense en 1956.
Le Ballon d’Or féminin sera également attribué au cours de cette soirée. Contrairement à la compétition masculine, sa campagne médiatique a été plus discrète. L’Espagnole Alexia Putellas a notamment privilégié ses performances sportives pour défendre sa candidature.
Un mois sépare désormais la clôture des votes de la remise des trophées. Les joueurs connaissent leurs arguments, les journalistes ont arrêté leurs choix et les organisateurs disposent des bulletins. Reste à découvrir, le 26 octobre, si les campagnes médiatiques de septembre auront accompagné le succès de l’un des candidats les plus présents dans les médias.

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