La justice américaine s’apprête à inculper l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro et sa femme Cilia Flores pour la torture présumée de citoyens américains détenus au Venezuela. Le couple, arrêté en janvier lors d’un raid nocturne à Caracas, est déjà poursuivi pour trafic de drogue et détention illégale d’armes.
Les procureurs fédéraux américains devraient annoncer dès jeudi de nouveaux chefs d’inculpation contre Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores. Ces charges concernent la torture présumée de plus d’une dizaine de ressortissants américains retenus au Venezuela durant les treize années de gouvernance de l’ancien président. D’autres personnes soupçonnées d’avoir participé à ces actes pourraient également être mises en cause.
Le couple est incarcéré depuis janvier dans un centre de détention fédéral à Brooklyn, à la suite d’un raid nocturne mené par les autorités américaines au domicile du couple à Caracas. L’opération, qualifiée par Donald Trump d’« intervention chirurgicale des forces de l’ordre », a suscité de vives critiques de la part de juristes et de gouvernements étrangers, qui ont dénoncé une violation du droit international.
Maduro, 63 ans, a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Il se présente comme un prisonnier de guerre et décrit son arrestation comme un enlèvement. Son procès, ainsi que celui de Flores, est fixé au mois de juin de l’année prochaine.
Cilia Flores, 69 ans, doit comparaître jeudi devant un tribunal fédéral de Manhattan pour demander sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, invoquant des problèmes de santé. Ses avocats font état d’une perte de poids de onze kilogrammes depuis son incarcération, de vertiges, d’essoufflement et d’un possible infarctus bénin survenu en juillet. Ils proposent qu’elle soit placée sous surveillance permanente dans un appartement new-yorkais. Le parquet s’y oppose fermement, estimant qu’elle représente « un risque extrême de fuite et un danger pour la sécurité publique », et soutient qu’elle a reçu les soins médicaux nécessaires durant sa détention.
Ce dossier judiciaire s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu entre Washington et Caracas. En août, Donald Trump a annoncé la conclusion d’un accord permettant aux États-Unis de prendre le contrôle d’une partie des vastes réserves pétrolières vénézuéliennes, un accord qualifié d’« historique » par la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez.

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