Les associations de solidarité voient leurs finances se fragiliser alors que les besoins d’accompagnement augmentent. La Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) alerte, jeudi 8 octobre, sur les difficultés de son réseau, qui compte 900 adhérents. Selon son enquête, près d’une association interrogée sur trois dispose de moins de deux mois de trésorerie pour couvrir ses dépenses de fonctionnement, une situation qui menace la poursuite de ses missions.
Réalisée à partir d’un questionnaire et d’audits comptables, cette deuxième enquête décrit une dégradation durable. Parmi les structures répondantes, 77 % déclarent une baisse de leurs financements publics en 2025 ou annoncée pour 2026. Les conséquences sont déjà visibles : 45,3 % ont arrêté ou réduit au moins une activité l’an dernier. Ces restrictions touchent notamment l’hébergement d’urgence, l’accompagnement vers l’emploi et l’accès aux droits, tout en entraînant des suppressions de postes.
Une mobilisation nationale avant les débats budgétaires
Pour Pascal Brice, président de la FAS, cette fragilisation intervient au moment où les besoins sociaux sont particulièrement élevés. Il demande au gouvernement des réponses dans les prochaines discussions budgétaires. L’enjeu dépasse la survie financière des structures : la réduction de leurs activités risque aussi de limiter l’accompagnement de personnes qui dépendent de ces services pour se loger, retrouver un emploi ou effectuer leurs démarches administratives.
La FAS appelle ses adhérents à rejoindre la mobilisation nationale organisée autour de l’Uniopss du 12 au 17 octobre, sous le mot d’ordre « Et si nous arrêtions vraiment ? ». Cette initiative rassemble les acteurs associatifs des secteurs social, médico-social et sanitaire. Des actions de communication, des fermetures de services et des manifestations sont prévues. À Paris, un rassemblement est annoncé le 15 octobre à midi devant l’Assemblée nationale, pour interpeller les parlementaires sur les moyens nécessaires à la continuité des missions de solidarité.

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