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Miss Universe France: Rennedy-Lisa Kubieda, candidate noire, accuse la direction de racisme, l’élection suspendue

Miss Universe France: Rennedy-Lisa Kubieda, candidate noire, accuse la direction de racisme, l’élection suspendue
Miss Universe France: Rennedy-Lisa Kubieda, candidate noire, accuse la direction de racisme, l’élection suspendue

Rennedy-Lisa Kubieda affirme avoir été victime de propos et de comportements racistes liés à son apparence, tenus par l’une des personnes les plus haut placées du comité Miss Universe France. Alors que l’élection est désormais suspendue, cette nouvelle polémique rappelle forcément celle d’Olivia Yacé : quelques jours après Miss Universe 2025, Raúl Rocha avait expliqué que la candidate ivoirienne n’avait pas été couronnée en raison notamment des contraintes liées à son passeport africain et aux visas nécessaires pour ses déplacements.

La désignation de la représentante française à Miss Universe 2026 tourne à la crise. Alors que le nom de la gagnante devait être annoncé cette semaine, le comité Miss Universe France a reporté sa décision. Rennedy-Lisa Kubieda, une candidate noire éliminée au cours de la sélection, dénonce des propos et des comportements qu’elle juge discriminatoires, notamment concernant son apparence physique.

La jeune femme affirme avoir été très affectée par son expérience et met en cause une personne occupant, selon elle, un poste très élevé dans l’organisation. Le comité a reconnu ses préoccupations, engagé un dialogue et des excuses lui ont été présentées. Rennedy-Lisa Kubieda a publiquement remercié les personnes qui l’ont écoutée.

Une candidate éliminée dénonce des propos humiliants sur son apparence

Âgée de 23 ans, Rennedy-Lisa Kubieda est étudiante en master de commerce international et mannequin. D’origine congolaise, elle avait précédemment participé à Miss Paris 2026, sans obtenir de titre lui permettant d’accéder à Miss Île-de-France. Elle a ensuite rejoint la sélection organisée par le nouveau comité Miss Universe France, chargé de désigner la représentante française pour le concours international du 24 novembre à Porto Rico.

Après son élimination, elle a raconté sur Instagram les remarques et les attitudes déplacées qu’elle affirme avoir subies concernant son physique. Elle décrit des faits qu’elle considère comme racistes, sans que leur matérialité ou leur qualification puisse être tenue pour établie sur la seule base de ses déclarations : « J’ai essayé de minimiser certaines paroles, en me disant que ce n’était peut-être pas si grave. Mais, avec le recul, je réalise qu’elles m’avaient déjà impactée intérieurement. »

Elle précise néanmoins : « Ce que j’ai vécu concernait une seule personne au sein de l’organisation. » Ses accusations visent donc le comportement d’une personne, et non indistinctement tous les membres du comité.

« Aucune opportunité ne devrait nous coûter notre dignité »

Rennedy-Lisa Kubieda explique avoir longtemps hésité avant de raconter publiquement son expérience. Dans une nouvelle publication, elle revient sur les difficultés rencontrées pour prendre la parole : « Prendre la parole n’a pas été facile. Il m’a fallu le soutien de ma famille et de mes proches pour trouver la force de mettre des mots sur une expérience qui m’avait profondément affectée. »

Elle affirme également : « Aucune opportunité ne devrait nous coûter notre dignité. Nous avons notre place. Nous avons le droit de rêver grand, de prendre la parole, de réussir et de briller. Nous n’avons pas à nous excuser d’exister dans des espaces où nous n’avons pas toujours été représentées. »

Ces déclarations interrogent les conditions dans lesquelles la sélection française s’est déroulée, alors que la composition et le fonctionnement du nouveau comité Miss Universe France avaient déjà suscité des interrogations.

Miss Universe France réagit, des excuses sont présentées à la candidate

Face aux accusations, Miss Universe France a publié un communiqué assurant prendre les préoccupations exprimées au sérieux : « Miss Universe France a pris connaissance des préoccupations qui ont été exprimées et les traite avec tout le sérieux qu’elles méritent. » Le comité assure que « le respect, l’inclusion et la dignité de chaque participante sont au cœur de nos valeurs » et affirme avoir engagé « un dialogue direct et constructif avec les personnes concernées ».

Après ce communiqué, Rennedy-Lisa Kubieda a confirmé avoir été contactée par des membres de l’organisation : « Je tiens avant tout à remercier l’organisation d’avoir entendu ma voix et d’avoir pris mes préoccupations au sérieux. Je remercie également les personnes de l’organisation qui ont pris le temps de venir vers moi, de m’écouter et de me présenter leurs excuses. Je reconnais sincèrement cette démarche. »

Une affaire qui rappelle les propos de Raúl Rocha sur Olivia Yacé

La polémique renvoie à un autre scandale qui avait marqué Miss Universe 2025, celle concernant Olivia Yacé, représentante de la Côte d’Ivoire. Très remarquée pendant le concours organisé en Thaïlande, la candidate ivoirienne avait terminé parmi les finalistes sans remporter la couronne.

Après la compétition, Raúl Rocha Cantú, copropriétaire de Miss Universe, avait tenu des propos dégradants et avait notamment invoqué les soi-disantes difficultés de déplacement pour une Africaine liées au passeport ivoirien et aux visas nécessaires pour voyager dans différents pays. Alors qu’il n’en était rien ! Ces explications avaient provoqué des critiques, car elles introduisaient des considérations administratives et liées à la nationalité dans la discussion sur le choix d’une reine de beauté internationale. Avec en arrière-plan de forts relents de racisme…

Une élection reportée alors que la candidate remercie l’organisation

Pour rappel, le comité devait désigner cette semaine la représentante française parmi les trois dernières candidates : Lilou Émeline-Artuso, Garance Authié et Mareva Michel. La sélection avait déjà été marquée par le retrait de Maxime Teissier, l’une des favorites, qui avait choisi de privilégier sa carrière de vétérinaire.

La réaction de Rennedy-Lisa Kubieda rend la situation plus étonnante encore. Elle affirme avoir été entendue et insiste sur ses intentions : « Si j’ai choisi de parler, ce n’était pas pour créer des tensions. Je crois simplement que certaines choses doivent être dites pour pouvoir évoluer. »

Elle souhaite que son expérience contribue à améliorer les conditions d’accueil des futures participantes. « Je ne souhaite pas que mon expérience soit seulement entendue. Je souhaite qu’elle puisse aussi contribuer à faire changer les choses. »

Pourquoi, dès lors, la désignation reste-t-elle reportée ? Le comité estime-t-il nécessaire de conduire des vérifications supplémentaires ? Une procédure interne est-elle engagée ? Les faits dénoncés concernent-ils directement les conditions dans lesquelles les finalistes ont été départagées ? À ce stade, aucune explication publique suffisamment claire détaillée ne permet de répondre à ces interrogations.

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