La crise de Miss Universe franchit un nouveau cap. Ce mercredi, Miss Grand International Public Company Limited, la société dirigée par Nawat Itsaragrisil, a officiellement annoncé que les représentantes de 6 pays asiatiques ne participeraient pas à la 75e édition de Miss Universe, organisée à Puerto Rico le 24 novembre prochain. La Thaïlande, le Vietnam, l’Indonésie, la Malaisie, Singapour et le Laos sont concernés. Une décision forte qui confirme l’ampleur de la guerre opposant Nawat Itsaragrisil au camp de Raúl Rocha Cantú pour le contrôle de l’organisation.
Dans son communiqué, MGI affirme également conserver l’intégralité de ses droits contractuels et refuse de reconnaître les décisions prises contre ses franchises. La société thaïlandaise annonce qu’elle continuera à défendre les intérêts de ses 6 représentantes et se réserve la possibilité d’engager des procédures judiciaires.
6 pays absents de Miss Universe 2026 : une décision désormais officielle
La décision concerne 6 pays importants d’Asie du Sud-Est : la Thaïlande, le Vietnam, l’Indonésie, la Malaisie, Singapour et le Laos. Leurs représentantes avaient été sélectionnées pour participer à la 75e édition du concours international de beauté.
Après consultation des différentes parties, des organisations nationales et des candidates concernées, MGI confirme qu’aucune des 6 jeunes femmes ne fera le déplacement à Puerto Rico dans les circonstances actuelles.
Cette annonce marque un changement radical dans la position de Nawat Itsaragrisil. Le 18 septembre, le dirigeant thaïlandais avait défié Miss Universe en brandissant ses contrats et en menaçant de retirer jusqu’à 95 nations du concours. Un mois plus tard, MGI acte finalement l’absence des 6 candidates.
La société insiste toutefois sur un point essentiel : « Leur non-participation ne doit pas être interprétée comme un retrait volontaire de la relation contractuelle, un abandon des droits de franchise de MGI ou une acceptation des positions affirmées dans les déclarations publiques concernant ces 6 territoires. »
Autrement dit, MGI accepte que les candidates ne participent pas à l’édition 2026, mais refuse catégoriquement d’abandonner les droits qu’elle revendique sur ces pays.
Nawat Itsaragrisil refuse de céder ses franchises
Au cœur du conflit figure la question des droits commerciaux et de l’autorité juridique au sein de Miss Universe. Depuis plusieurs mois, deux camps s’affrontent sur la gouvernance de l’organisation et sur la validité des contrats de franchise.
En septembre, JKN Universe LLC, société exploitant la marque Miss Universe, avait déclaré que les contrats conclus avec les 6 pays concernés n’étaient pas valables. Le camp de Raúl Rocha contestait notamment la capacité de Miss Universe Eastern et de Nawat Itsaragrisil à attribuer ces licences.
Nawat avait immédiatement rejeté cette position, invoquant les accords organisant le partage des responsabilités entre Miss Universe Eastern et Miss Universe Western. Il avait également exigé que le camp adverse précise quelle entité juridique disposait réellement du pouvoir d’organiser le concours à Puerto Rico.
Cette bataille avait déjà provoqué une crise autour de la légitimité du concours et de l’exclusion des 6 pays asiatiques.
Dans son communiqué du 21 octobre, MGI réaffirme sa position : « MGI continue de maintenir ses droits contractuels et se réserve expressément le droit de poursuivre, prolonger et exercer ces droits conformément aux accords contractuels applicables. »
La société confirme ainsi que le retrait des candidates ne constitue aucunement une renonciation à ses franchises. Le différend juridique reste entier.
Les 6 Miss conservent leurs titres nationaux
Autre précision importante : les représentantes concernées ne perdent pas leur couronne nationale. MGI confirme qu’elles continueront à exercer leurs fonctions et à représenter leurs pays respectifs, conformément aux accords applicables.
Pour ces candidates, la décision constitue néanmoins un coup dur. Leur sélection devait leur permettre de participer à l’un des concours de beauté les plus médiatisés au monde, devant un public international.
La Thaïlande est particulièrement concernée. Son concours national, dirigé par Nawat Itsaragrisil, avait désigné Tharina Botes pour représenter le pays à Miss Universe 2026.
MGI affirme vouloir préserver la dignité et les intérêts de toutes les candidates. Le communiqué insiste sur le refus de sacrifier leurs droits au profit du conflit opposant les dirigeants : « Les 6 femmes continueront à détenir et à exercer leurs titres et responsabilités nationaux dans leurs pays respectifs, sous réserve des accords applicables. »
Le groupe ajoute que les candidates ne doivent perdre ni leur dignité ni leurs titres nationaux, tandis que MGI refuse de renoncer à ses droits contractuels.
Raúl Rocha et Nawat Itsaragrisil : une guerre qui menace Miss Universe
Cette décision constitue un nouvel épisode de l’affrontement entre Nawat Itsaragrisil et Raúl Rocha Cantú. Les deux hommes sont engagés depuis plusieurs mois dans un conflit particulièrement violent concernant la direction, les finances et les droits d’exploitation de Miss Universe.
La bataille dépasse désormais largement les désaccords personnels. Elle concerne les contrats de franchise, la répartition des territoires, les pouvoirs des dirigeants et le contrôle économique de l’organisation.
Raúl Rocha est également au centre de graves controverses judiciaires au Mexique, tandis que les finances du concours de Puerto Rico font l’objet d’interrogations. En septembre, Nawat avait notamment publié des relevés bancaires concernant 3,27 millions de dollars transférés depuis des comptes liés à Miss Universe.
Les tensions avaient encore augmenté lorsque des documents concernant les relations entre Miss Universe Eastern et Miss Universe Western avaient été rendus publics. Nawat avait alors accusé le camp de Raúl Rocha de vouloir prendre des décisions unilatérales malgré les accords de gouvernance.
Le retrait des 6 candidates montre désormais que les conséquences de cette guerre touchent directement les participantes et le déroulement de la prochaine édition.
MGI refuse de céder et maintient la menace judiciaire
Malgré l’annonce du retrait, MGI refuse de considérer le dossier comme clos. La société affirme qu’elle continuera à protéger ses droits et ceux des représentantes nationales concernées.
Son communiqué se termine par un engagement explicite à poursuivre la défense de ses intérêts contractuels, conformément aux accords et aux législations applicables.
Le groupe remercie également les organisations nationales, les partenaires et les communautés de supporters des 6 pays concernés pour leur soutien.
MGI défend enfin une conception de la responsabilité des organisateurs envers les candidates : « L’autonomisation des femmes doit se démontrer par des actions et des comportements, et pas simplement être exprimée comme un principe ou un slogan. »
Cette formule constitue une attaque particulièrement sévère contre la gestion de Miss Universe, alors que le conflit entre les dirigeants a privé 6 candidates de leur participation au concours international.
Puerto Rico perd 6 représentantes à un mois de l’élection
Pour les organisateurs de Miss Universe 2026, cette annonce représente une difficulté supplémentaire. La 75e édition, prévue le 24 novembre au Coliseo de Puerto Rico José Miguel Agrelot, à San Juan, se retrouve privée de 6 représentantes d’Asie du Sud-Est.
L’absence de la Thaïlande est particulièrement significative compte tenu de la popularité considérable des concours de beauté dans le pays et du poids de Nawat Itsaragrisil dans cette industrie.
Le retrait du Vietnam, de l’Indonésie, de la Malaisie, de Singapour et du Laos accentue également les conséquences internationales de la crise.
À un mois de l’élection, Miss Universe doit donc composer avec une organisation divisée, des franchises contestées et des candidates privées de compétition.
Cette crise intervient alors que les millions de dollars engagés par Puerto Rico pour accueillir Miss Universe alimentent déjà une polémique financière.
Pour Nawat Itsaragrisil, la bataille continue sur le terrain contractuel et judiciaire. Pour Raúl Rocha et les organisateurs de Puerto Rico, cette annonce confirme que les divisions internes de Miss Universe ont désormais des conséquences concrètes sur le concours lui-même.
La 75e édition de Miss Universe perd ainsi 6 pays, tandis que la guerre pour le contrôle de l’organisation reste totalement ouverte.

Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.