C’est un premier tournant judiciaire dans le scandale Miss Universe. L’organisation du concours de beauté a retiré ce jeudi sa plainte contre Omar Harfouch devant la justice américaine, à seulement deux jours d’une audience prévue dans cette procédure. Une décision qui donne raison, sur le terrain judiciaire, à l’ancien membre du jury de Miss Universe 2025, qui avait dénoncé publiquement une élection truquée et qualifié la gagnante, la Mexicaine Fátima Bosch, de « Fake Miss Universe ». Ce retrait arrive également à une semaine de la diffusion annoncée d’une série documentaire de HBO consacrée aux coulisses du concours, dans laquelle Omar Harfouch doit longuement témoigner, et à une vingtaine de jours de la finale de Miss Universe 2026, prévue à Porto Rico, dans un climat de crise autour de ses dirigeants.
Miss Universe abandonne ses poursuites contre celui qui avait dénoncé la triche
Le 5 novembre 2026, JKN Universe LLC, la société exploitant Miss Universe, a déposé devant le tribunal fédéral du district sud de New York un acte de désistement volontaire mettant fin à sa procédure contre Omar Harfouch. L’affaire, enregistrée sous le numéro 1:26-cv-00316-AT-KHP, avait été engagée le 13 janvier 2026, après les accusations formulées par l’ancien juré à propos de l’édition 2025.
Le retrait a été effectué sur le fondement de la règle fédérale 41(a)(1)(A)(i). Pour Omar Harfouch, qui contestait les accusations portées contre lui, l’abandon de cette action constitue une victoire judiciaire : la procédure engagée contre lui prend fin sans condamnation ni rétractation de ses déclarations.
Le calendrier donne une dimension particulière à cette décision. Miss Universe a choisi de retirer son action à seulement deux jours d’une échéance judiciaire, alors que les avocats d’Omar Harfouch avaient préparé leur défense et contesté les fondements de la procédure.
Omar Harfouch, le juré qui avait refusé de cautionner l’élection de Miss Universe 2025
Pour comprendre la portée de ce désistement, il faut revenir au rôle joué par Omar Harfouch dans le concours. Le pianiste et compositeur avait été officiellement désigné parmi les huit membres du jury de Miss Universe 2025, organisé en Thaïlande. Il disposait donc d’une place au cœur du processus de sélection et avait été directement confronté aux controverses entourant l’élection.
Le 18 novembre 2025, avant la finale, Omar Harfouch avait annoncé son retrait du jury et dénoncé l’existence d’un comité parallèle qui avait participé à la présélection de 30 candidates sans l’intervention du jury officiel. Il avait également mis en cause des conflits d’intérêts et contesté la transparence des procédures de vote.
Ses accusations avaient pris une dimension supplémentaire lorsqu’il avait publiquement annoncé, avant le sacre, que la Mexicaine Fátima Bosch remporterait la couronne. Quelques jours plus tard, cette dernière était effectivement élue Miss Universe 2025. Harfouch avait alors dénoncé une élection truquée et employé l’expression « Fake Miss Universe » pour contester la légitimité du résultat.
L’ancien juré avait notamment réaffirmé ses accusations de triche dans l’émission 50’Inside sur TF1, expliquant pourquoi il avait refusé de cautionner le concours.
D’autres membres du jury ont ensuite contesté le résultat
Omar Harfouch n’est pas resté seul à mettre en cause le déroulement de Miss Universe 2025. Plusieurs personnalités liées au concours ont ensuite exprimé leurs doutes sur la régularité du scrutin et sur la manière dont Fátima Bosch avait obtenu sa couronne.
Parmi elles, Natalie Glebova, Miss Universe 2005 et membre du jury de l’édition 2025, a affirmé que 80% des jurés n’avaient pas voté pour la candidate mexicaine. Ses déclarations sur le vote du jury ont renforcé la contestation publique du résultat.
Louie Heredia, autre membre du jury, a également indiqué ne pas avoir accordé son vote à Fátima Bosch. Ces prises de position ont donné une nouvelle portée aux accusations initialement formulées par Omar Harfouch, qui avait été le premier à dénoncer publiquement les irrégularités présumées avant même la proclamation des résultats.
Une série documentaire de HBO attendue dans une semaine
Le retrait de la plainte arrive également à quelques jours de la diffusion annoncée d’une série documentaire de HBO consacrée aux polémiques entourant Miss Universe. Omar Harfouch doit y occuper une place importante, à travers une longue interview revenant sur son expérience de juré, les irrégularités qu’il affirme avoir découvertes et les circonstances de son départ du concours.
Cette diffusion devrait remettre au premier plan les accusations formulées dès novembre 2025 par le compositeur, notamment concernant la présélection des candidates et les soupçons de favoritisme. Le public pourra ainsi découvrir son témoignage alors que l’organisation vient précisément d’abandonner la procédure qu’elle avait engagée contre lui.
Raúl Rocha et Anne Jakrajutatip au cœur de nouvelles affaires judiciaires
La situation de Miss Universe s’est parallèlement considérablement dégradée. Raúl Rocha Cantú, président et copropriétaire du concours, est visé par des investigations judiciaires au Mexique portant notamment sur des soupçons de blanchiment d’argent. Des informations font état de mandats d’arrêt le visant, ainsi que son fils, dans un dossier financier dont les ramifications dépassent largement l’univers des concours de beauté.
Anne Jakrajutatip, l’autre figure historique de l’actionnariat de Miss Universe, connaît également des difficultés judiciaires et financières. Les tensions entre les différents intérêts propriétaires de la marque se sont accentuées, avec des contestations portant sur la gouvernance et les engagements financiers de l’organisation.
Cette crise a conduit d’anciennes Miss Universe à réclamer des changements à la tête du concours. Miss Universe 1991 a notamment demandé le départ de Raúl Rocha, estimant que sa présence compromettait la crédibilité de la compétition.
Une finale 2026 à Porto Rico sous haute tension
À une vingtaine de jours de la finale de Miss Universe 2026, prévue à Porto Rico, l’organisation doit gérer simultanément les contestations héritées de l’édition précédente, les affaires visant ses dirigeants et les interrogations sur sa gouvernance. Les engagements financiers pris autour de l’accueil du concours à Porto Rico ont eux aussi suscité des controverses.
La prochaine édition doit célébrer le 75e anniversaire de Miss Universe, mais sa préparation se déroule dans un contexte de défiance. Le retrait de la plainte contre Omar Harfouch ajoute un nouvel épisode à cette crise, alors que l’ancien juré continue de réclamer la transparence sur les conditions de désignation de Fátima Bosch.
Près d’un an après avoir quitté le jury et dénoncé une « Fake Miss Universe », Omar Harfouch obtient donc un premier résultat judiciaire concret : la fin de l’action engagée contre lui aux États-Unis. Il n’a pas été condamné et n’a pas retiré ses accusations. L’organisation qui avait choisi de le poursuivre a, elle, renoncé à cette procédure.









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