Margaret Hamilton, l’une des grandes figures de l’informatique américaine, est décédée le 30 septembre à l’âge de 90 ans. Le Massachusetts Institute of Technology a annoncé sa disparition mercredi 7 octobre. À la tête des équipes chargées des logiciels embarqués du programme Apollo, elle avait participé à une aventure scientifique décisive : permettre aux astronautes de rejoindre la Lune et de revenir sur Terre. Son travail a également contribué à faire reconnaître le génie logiciel comme une discipline à part entière.
Née en 1936 dans l’Indiana et formée aux mathématiques, elle avait commencé à programmer au MIT sur des travaux de prévision météorologique, avant de rejoindre un projet de défense aérienne. En 1965, elle intègre le laboratoire chargé des logiciels du programme Apollo. La fiabilité devient le fil conducteur de ses recherches : anticiper les erreurs et permettre aux ordinateurs de poursuivre leurs fonctions essentielles malgré les incidents.
Un héritage qui dépasse la conquête spatiale
Cette approche joue un rôle déterminant lors de l’alunissage d’Apollo 11, en juillet 1969. Alors que l’ordinateur de bord signale une surcharge, le logiciel développé par les équipes de Margaret Hamilton donne la priorité aux tâches indispensables et écarte les opérations secondaires. Le contrôle au sol autorise la poursuite de la descente. Cet épisode illustre l’importance d’une informatique capable de gérer les imprévus dans des conditions où une défaillance peut compromettre toute une mission.
Après Apollo, Margaret Hamilton poursuit ses travaux en créant des entreprises spécialisées dans les logiciels. Barack Obama lui remet la médaille présidentielle de la Liberté en 2016. Sa photographie aux côtés d’une pile de listings informatiques presque aussi haute qu’elle devient emblématique de la place des femmes dans les sciences. Elle laisse un héritage fondé sur la prévention des erreurs et la conception de systèmes fiables.

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