Les maires de Mayotte veulent placer les difficultés quotidiennes de l’archipel au centre de la campagne présidentielle. Leur manifeste, intitulé « Quatorze chantiers pour changer, tout de suite, la vie des Mahorais », réclame des décisions rapidement perceptibles en matière d’école, d’eau, de logement, de transports et de sécurité. Les élus invitent également tous les candidats à se rendre sur le territoire avant le scrutin.
La scolarisation constitue l’une de leurs principales urgences. À la rentrée 2025, 15 192 enfants âgés de 3 à 15 ans n’auraient pas été scolarisés, principalement en raison du manque de places. L’association demande donc un programme de construction et de reconstruction des établissements ainsi que la prise en charge par l’État des dépenses liées aux rotations, aux transports et aux salles provisoires. Elle dénonce aussi le décalage entre les crédits annoncés et les montants réellement versés aux communes.
De l’eau aux bidonvilles, des réponses immédiates réclamées
Face aux pénuries d’eau, les maires proposent un plafonnement permanent du prix des bouteilles, la création d’un « chèque eau » pour les ménages modestes et l’installation de points de distribution sécurisés. Ils souhaitent également rendre le calendrier des tours d’eau opposable et accélérer la réparation du réseau. Sur le logement, ils demandent d’empêcher toute nouvelle implantation informelle, de sécuriser les terrains libérés et de construire davantage d’habitations abordables, alors que Mayotte compterait près de 24 000 logements précaires.
Les onze autres priorités concernent notamment les dotations fondées sur la population réelle, la voirie, l’éclairage public, l’assainissement, les transports maritimes, la santé mentale, l’insertion des jeunes, la pêche et l’agriculture. Les communes promettent en contrepartie de mobiliser du foncier, de mutualiser certains services et de publier l’avancement des projets. Après sa rencontre avec les élus, Sébastien Lecornu avait promis un courrier précisant les engagements de l’État et leur suivi mensuel. Ce document restait encore attendu le 4 septembre, renforçant la demande de calendriers précis et de financements effectivement débloqués.

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