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VIDÉO – Ukraine : terrible découverte près de Kiev, des hommes blessés dans une maison liée à Azov, une unité militaire néonazie accusée de tortures

Des hommes blessés, des accusations de torture, une foule en colère et des affrontements avec la police : un grave scandale a éclaté lundi dans une maison utilisée par une unité d’Azov, dans la banlieue de Kiev. Pour rappel, Azov est une formation de la Garde nationale ukrainienne, issue d’un bataillon de volontaires fondé en 2014 par des militants néonazis. Initialement constitué pour combattre les séparatistes prorusses dans le Donbass, le bataillon avait été intégré à la Garde nationale en novembre 2014. Devenu une brigade puis, en 2025, le noyau d’un corps militaire regroupant plusieurs unités, Azov a notamment participé à la défense de Marioupol face à l’armée russe en 2022.

Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont provoqué une vive indignation en Ukraine. Quatre militaires ont été hospitalisés, tandis que le chef de cabinet du président Volodymyr Zelensky s’est personnellement déplacé. Ce mardi, la justice ukrainienne a ouvert une enquête pénale pour de possibles abus de pouvoir commis par des responsables militaires.

Des hommes blessés dans une maison contrôlée par une unité d’Azov

L’affaire a éclaté lorsque des informations ont circulé concernant la présence de dizaines d’hommes dans une habitation privée à Petropavlivska Borshchahivka, près de Kiev. Des témoins ont dénoncé des violences, des conditions de détention dégradantes et des personnes privées de soins médicaux. Certaines accusations faisaient état d’environ 40 hommes enfermés dans un sous-sol.

Des vidéos ont montré des hommes sortant du bâtiment, tandis que des témoins affirmaient que plusieurs d’entre eux avaient été violemment frappés. Une femme se présentant comme responsable d’un service médical privé a évoqué des blessures particulièrement graves, notamment une fracture de la colonne vertébrale et des signes de nécrose. Ces blessures précises n’ont toutefois pas été confirmées médicalement.

Quatre militaires présentant des blessures ont été transférés à l’hôpital, une information confirmée par la Garde nationale ukrainienne.

La maison était utilisée comme point de stationnement temporaire d’une unité rattachée au 1er corps de la Garde nationale ukrainienne « Azov ». Selon les responsables militaires, les occupants étaient notamment des hommes récemment mobilisés et des soldats récupérés après avoir quitté leur unité sans autorisation, en attente d’une nouvelle affectation.

Une centaine de manifestants prennent d’assaut la propriété

Les accusations ont provoqué un mouvement de colère. Environ une centaine de personnes, parmi lesquelles des proches de militaires, se sont rassemblées devant la maison pour réclamer des explications et accéder aux hommes qui se trouvaient à l’intérieur.

La situation a rapidement dégénéré. Des manifestants ont tenté de forcer les accès, des pierres et des pétards ont été lancés, tandis que plusieurs véhicules de police étaient endommagés. Un autobus de la Garde nationale a également été pris pour cible. Des coups de feu ont retenti au cours des affrontements.

Les tensions se sont prolongées jusque dans la soirée, malgré l’arrivée de renforts policiers et de responsables militaires. Les occupants ont finalement été évacués du bâtiment.

Un adolescent de 14 ans au milieu des affrontements

Autre épisode troublant : la présence d’un adolescent de 14 ans sur les lieux. Des images ont montré le garçon, enveloppé dans une couverture de survie, pris en charge au cours des événements.

Kyrylo Budanov, chef du bureau présidentiel ukrainien, s’est personnellement entretenu avec lui. Le jeune garçon a expliqué être venu avec des amis. Budanov a contacté sa sœur afin d’organiser son retour auprès de sa famille.

Les circonstances exactes de la présence de l’adolescent restent à déterminer. Aucun élément confirmé n’établit qu’il aurait été retenu prisonnier dans la maison.

Le bras droit de Zelensky débarque et reconnaît l’existence d’autres maisons similaires

L’ampleur des événements a contraint les plus hauts responsables ukrainiens à réagir. Kyrylo Budanov, ancien chef du renseignement militaire devenu directeur du bureau présidentiel, s’est rendu sur place dans la soirée.

« Je suis venu ici pour comprendre ce qui se passe, bordel ! », a-t-il lancé devant les personnes rassemblées.

Interrogé sur l’existence d’autres bâtiments de ce type, Budanov a reconnu que des installations similaires existaient en Ukraine. Il a indiqué que leur fonctionnement et les conditions d’hébergement des militaires devraient être examinés.

Le responsable ukrainien a également précisé que 14 personnes se trouvaient dans le bâtiment au moment de son intervention. Ce chiffre diffère des premières accusations évoquant une quarantaine d’hommes retenus dans la propriété.

Cette affaire éclate dans un contexte de fortes tensions autour de la mobilisation militaire. Les enrôlements forcés en pleine rue ont déjà fait l’objet de dénonciations, notamment après la diffusion de vidéos montrant des hommes interpellés et embarqués de force dans des véhicules.

La justice ukrainienne ouvre une enquête pénale pour abus de pouvoir

Ce mardi 3 novembre, le Bureau national d’enquête ukrainien (DBR) a officiellement annoncé l’ouverture d’une procédure pénale sur le fondement de l’article 426-1 du Code pénal ukrainien, relatif aux dépassements de pouvoir ou de fonctions commis par des responsables militaires.

Les enquêteurs doivent déterminer dans quelles conditions les hommes étaient hébergés dans cette maison, vérifier la légalité de leur présence et établir si des violences ou des contraintes illégales ont été exercées.

Le commandement d’Azov a reconnu que quatre militaires présentaient des blessures, tout en contestant les accusations de torture. Il a annoncé que les responsables seraient sanctionnés si des violences illégales étaient établies.

L’enquête porte également sur les affrontements qui ont éclaté autour du bâtiment, les coups de feu et les dégradations des véhicules de police.

Des accusations de torture qui secouent l’armée ukrainienne

Cette affaire s’ajoute aux controverses qui entourent les conditions de recrutement et de prise en charge des militaires en Ukraine. La mobilisation forcée, les désertions et les accusations de corruption permettant d’échapper à l’enrôlement contre des sommes pouvant atteindre 70.000 dollars ont déjà alimenté de nombreuses tensions.

Le chef de la police nationale ukrainienne, Ivan Vyhivsky, a ordonné une enquête administrative sur les événements. La médiatrice militaire ukrainienne, Olha Reshetylova, a également annoncé des vérifications concernant les conditions de prise en charge des soldats.

Ce mardi, les enquêteurs poursuivaient leurs investigations, tandis que les résultats des examens médicaux des quatre militaires hospitalisés n’avaient pas encore été rendus publics.

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