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Portugal : la police démantèle des campements de manifestants, 13 arrestations à Lisbonne et Porto

Portugal : la police démantèle des campements de manifestants, 13 arrestations à Lisbonne et Porto
Portugal : la police démantèle des campements de manifestants, 13 arrestations à Lisbonne et Porto

La tension monte au Portugal sur fond de crise du logement et de contestation sociale. Dans la nuit du samedi 31 octobre au dimanche 1er novembre 2026, les forces de l’ordre sont intervenues à Lisbonne et à Porto pour démanteler des campements installés par des manifestants opposés à la politique du gouvernement. L’opération, menée vers 4 h 30 du matin, a provoqué de violents affrontements entre policiers et protestataires. Selon le bilan officiel, 13 personnes ont été interpellées, dont six dans la capitale et sept à Porto. Treize policiers ont également été blessés, parmi lesquels huit ont nécessité une hospitalisation. Plusieurs manifestants ont été blessés au cours des interventions, dont le déroulement suscite de vives critiques.

À Lisbonne, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées sur la place du Rossio après une manifestation ayant réuni des milliers de participants dans les rues de la capitale. Les protestataires avaient installé des dizaines de tentes pour prolonger leur mobilisation contre la hausse des loyers et les difficultés d’accès à la propriété. Après plusieurs avertissements exigeant le retrait des installations, les policiers antiémeutes, équipés de boucliers et de matraques et accompagnés de chiens, ont entrepris d’évacuer les lieux. Des manifestants ont formé des cordons humains pour protéger les campements, tandis que certains ont lancé des bouteilles et de la peinture en direction des agents, selon la police. Des scènes similaires se sont produites sur la place Dom João I, à Porto, où les forces de l’ordre ont également procédé au démontage des tentes. Au total, 69 installations ont été retirées à Lisbonne et 30 à Porto. Le collectif Acampada Lisboa affirme que plus de 30 manifestants ont été blessés, dont une dizaine ayant nécessité des soins hospitaliers.

Une crise du logement qui alimente la colère des Portugais

Ces affrontements interviennent alors que le Portugal traverse une crise immobilière particulièrement profonde. Depuis 2017, les prix des logements ont plus que doublé dans le pays, tandis que les loyers des nouveaux contrats ont presque suivi la même progression. Cette flambée des prix frappe particulièrement les jeunes actifs, les étudiants et les ménages modestes, dont les revenus ne permettent plus toujours de se loger dans les grandes agglomérations. Les manifestants dénoncent notamment un projet de loi porté par le gouvernement de centre droit du Premier ministre Luís Montenegro. Le texte prévoit de faciliter certaines procédures d’expulsion et de supprimer les plafonds applicables aux loyers des nouveaux baux. Ses opposants estiment que ces mesures risquent d’aggraver les difficultés des locataires et de renforcer la précarité résidentielle. Le gouvernement défend pour sa part une réforme destinée à modifier le fonctionnement du marché locatif. Le projet a franchi une première étape parlementaire, mais doit encore faire l’objet d’un vote définitif.

Face à la contestation, Luís Montenegro a exclu jeudi le retrait pur et simple du projet de loi, tout en se déclarant disposé à accepter des modifications lors des prochaines discussions parlementaires. Cette ouverture n’a pas suffi à calmer les organisations mobilisées, qui réclament des mesures plus ambitieuses pour rendre le logement accessible. Le Parti socialiste, principale force d’opposition, appelle de son côté le gouvernement à engager un dialogue avec les manifestants plutôt qu’à imposer sa réforme. Les interventions policières alimentent également une controverse sur les conditions d’exercice du droit de manifester. Les autorités affirment avoir agi dans le respect de la loi après plusieurs tentatives de négociation, tandis que les organisateurs dénoncent un recours disproportionné à la force. Le président portugais António José Seguro a demandé des explications sur le déroulement des opérations. Alors que de nouveaux rassemblements sont annoncés, la crise du logement s’impose comme l’un des principaux défis sociaux et politiques du Portugal.

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