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Pays-Bas : le gouvernement veut utiliser l’intelligence artificielle pour supprimer 25 000 postes de fonctionnaires

Pays-Bas : le gouvernement veut utiliser l’intelligence artificielle pour supprimer 25 000 postes de fonctionnaires
Pays-Bas : le gouvernement veut utiliser l’intelligence artificielle pour supprimer 25 000 postes de fonctionnaires

Les Pays-Bas préparent une réduction massive de leurs effectifs dans la fonction publique. Le gouvernement néerlandais a annoncé, lundi 26 octobre 2026, son intention de supprimer environ 25 000 postes équivalents temps plein dans l’administration centrale d’ici 2035, soit près de 16 % des effectifs actuels. Pour atteindre cet objectif, l’exécutif souhaite notamment développer l’utilisation de l’intelligence artificielle, automatiser certaines tâches administratives et simplifier le fonctionnement des services publics. Cette réforme, présentée par le secrétaire d’État chargé de l’efficacité gouvernementale, Eric van der Burg, doit permettre de réaliser jusqu’à 3,5 milliards d’euros d’économies annuelles à partir de 2035. Une transformation qui soulève déjà des interrogations sur l’avenir des agents publics et la qualité des services rendus à la population.

Le projet s’inscrit dans une volonté de réduire les dépenses de fonctionnement d’une administration dont les effectifs ont fortement augmenté ces dernières années. Depuis 2018, le nombre de fonctionnaires employés par l’État néerlandais a progressé d’environ 40 %, pour atteindre près de 160 000 équivalents temps plein. Le gouvernement estime que cette croissance s’explique notamment par la multiplication des réglementations, des procédures administratives et des organismes de contrôle. Pour inverser cette tendance, il prévoit une réorganisation progressive des ministères et des agences publiques. L’intelligence artificielle doit jouer un rôle important dans cette stratégie, notamment pour automatiser le traitement de certains dossiers, faciliter les démarches des citoyens et améliorer les réponses apportées aux demandes administratives. Des assistants numériques pourraient ainsi prendre en charge une partie des échanges avec les usagers, tandis que des outils informatiques plus performants permettraient de réduire le temps consacré aux opérations répétitives. L’exécutif souhaite également harmoniser les systèmes informatiques des différents ministères et faciliter les échanges de données entre administrations. Les premières mesures budgétaires doivent permettre de réaliser 900 millions d’euros d’économies dès 2027. Le gouvernement présentera au premier trimestre de cette même année des objectifs plus précis concernant les gains de productivité attendus grâce à l’intelligence artificielle.

Une réforme qui pourrait transformer profondément les services publics

Au-delà du développement de l’intelligence artificielle, le gouvernement néerlandais envisage une réorganisation générale du fonctionnement de l’État. Il souhaite notamment réduire le nombre d’organismes consultatifs, actuellement composé de 28 conseils permanents et d’environ 150 commissions, ainsi que limiter certaines évaluations administratives jugées trop nombreuses. Les règles et procédures doivent également être simplifiées afin de diminuer la charge de travail des fonctionnaires. Dans les ministères, les achats publics pourraient être davantage mutualisés, tandis que les espaces de travail seraient progressivement réduits. Le gouvernement envisage notamment de ne conserver qu’un poste de travail physique pour deux agents, en tenant compte du développement du télétravail. Les bâtiments devenus inutiles pourraient être vendus ou réaffectés. La réduction des effectifs ne devrait toutefois pas concerner tous les secteurs de manière identique. La police et la défense seront exclues des suppressions annoncées, tandis que d’autres administrations pourraient être davantage touchées. Les services fiscaux, les organismes chargés des prestations sociales et certaines agences publiques ne bénéficient pas, à ce stade, d’une exemption générale. Le gouvernement n’a cependant pas encore précisé le nombre de postes qui disparaîtra dans chaque ministère, ni les modalités exactes de ces réductions. Il pourrait notamment s’appuyer sur les départs naturels et le non-remplacement de certains agents, sans exclure d’autres ajustements organisationnels.

Cette stratégie suscite déjà des réserves parmi les spécialistes de l’administration publique. Plusieurs observateurs soulignent que l’automatisation ne permet pas de remplacer toutes les missions exercées par les fonctionnaires, notamment celles qui nécessitent une appréciation humaine, un accompagnement personnalisé ou une expertise juridique. Les services chargés des prestations sociales, de l’immigration ou de la fiscalité doivent souvent traiter des situations complexes qui ne peuvent être entièrement confiées à des systèmes automatisés. Frits van der Meer, professeur émérite spécialiste de l’administration publique, estime notamment que le gouvernement risque de surestimer les économies réalisables grâce aux nouvelles technologies. Il rappelle que certains services publics néerlandais connaissent déjà des difficultés de recrutement et que la réduction des effectifs pourrait aggraver les délais de traitement si elle n’est pas accompagnée d’une véritable simplification des missions. L’utilisation de l’intelligence artificielle pose également des questions concernant la protection des données personnelles, la transparence des décisions administratives et les possibilités de recours pour les citoyens. Pour le gouvernement, l’enjeu sera donc de démontrer que les outils numériques peuvent réellement améliorer la productivité sans dégrader l’accès aux services publics. Les prochaines annonces, attendues en 2027, permettront de mesurer plus précisément l’ampleur de cette transformation. Avec son objectif de 25 000 postes supprimés, les Pays-Bas pourraient devenir l’un des exemples européens les plus significatifs d’une politique de réduction des effectifs administratifs reposant en partie sur l’intelligence artificielle.

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