Après quatorze ans de pouvoir, Aleksandar Vučić a été battu aux élections par Students List, un mouvement sans leader désigné ni programme structuré. Si son positionnement vis-à-vis de l’Union européenne reste ambigu, le mouvement affiche une volonté claire d’améliorer les relations avec Bruxelles.
La Serbie tourne une page politique majeure. Aleksandar Vučić, qui dirigeait le pays depuis quatorze ans, a été défait aux urnes par Students List, un mouvement atypique qui ne dispose ni d’un chef identifié, ni d’une figure charismatique, ni même d’un nom clairement pressenti pour le poste de Premier ministre. Une victoire construite, selon l’analyste Marko Prelec de l’International Crisis Group, « uniquement grâce à sa promesse de tourner la page » sur l’ère Vučić, plutôt que sur un projet politique cohérent.
La question de l’orientation européenne de la Serbie reste posée. Students List se montre « ambivalent » sur une éventuelle adhésion du pays à l’Union européenne, reconnaît Marko Prelec. Le mouvement « cherche clairement à améliorer ses relations » avec Bruxelles, sans pour autant s’engager formellement sur la voie de l’intégration. Une nuance qui traduit les tensions internes d’une formation encore en construction.
Marko Prelec tempère par ailleurs les inquiétudes sur la capacité du mouvement à gouverner : il est, selon lui, « trop tôt » pour douter de son aptitude à diriger le pays. Il prévient toutefois que le démantèlement du système mis en place par Vučić au fil des années prendra du temps, tant les structures politiques et institutionnelles façonnées par l’ancien Premier ministre sont profondément enracinées.









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