L’Allemagne a connu une soirée de fortes tensions samedi 31 octobre 2026, après une journée de manifestations contre la hausse du coût de la vie et les restrictions budgétaires. À Francfort, plusieurs commerces ont été pillés, des vitrines brisées et des affrontements ont opposé des groupes de manifestants aux forces de l’ordre. Des incidents similaires ont été signalés à Berlin, Cologne et Hambourg, où la police a procédé à de nombreuses interpellations. Ces violences sont survenues à l’issue de rassemblements initialement pacifiques, organisés par le collectif « Gen Z regelt », qui signifie « La génération Z prend les choses en main ». Le mouvement réclame davantage de moyens pour l’éducation et la santé, une meilleure répartition des efforts économiques et s’oppose au service militaire obligatoire.
À Francfort, capitale financière allemande, la situation s’est particulièrement dégradée à la tombée de la nuit. Une partie de la principale artère commerçante du centre-ville a été bouclée par les forces de l’ordre après plusieurs dégradations. Des individus ont brisé les vitrines de magasins et dérobé des chaussures ainsi que diverses marchandises. Selon la police, des cocktails Molotov ont également été lancés contre les services de secours, tandis que des agents étaient visés par des pierres, des bouteilles et des engins pyrotechniques. La vitrine d’une armurerie a notamment été endommagée. Les autorités ont annoncé avoir saisi deux armes après l’arrestation d’un suspect. Des unités spécialisées ont été déployées pour reprendre le contrôle des rues, tandis que plusieurs interpellations ont été effectuées. La situation s’est progressivement apaisée au cours de la nuit de samedi à dimanche, mais les dégâts matériels témoignent de l’intensité des affrontements.
Des violences à Berlin, Cologne et Hambourg
Les troubles ne se sont pas limités à Francfort. À Berlin, une manifestation organisée en soirée a dégénéré en affrontements avec la police. Selon les autorités, 27 policiers ont été blessés et jusqu’à 56 personnes ont été temporairement interpellées. À Hambourg, des groupes vêtus de noir ont incendié des barricades et utilisé des feux d’artifice contre les forces de l’ordre. La chaîne publique régionale NDR fait état de 120 arrestations. À Cologne, des policiers ont été attaqués à proximité de la gare centrale, notamment à l’aide de bouteilles et d’un vélo projeté dans leur direction. Le chef de la police locale, Johannes Hermanns, a regretté que des jeunes venus manifester pacifiquement pour leur avenir aient vu leur mobilisation perturbée par des individus recherchant l’affrontement. Dans le Land de Hesse, le ministre régional de l’Intérieur, Roman Poseck, a affirmé qu’environ une centaine de militants d’extrême gauche identifiés s’étaient infiltrés dans le rassemblement de Francfort. Cette accusation relève à ce stade de l’appréciation des autorités régionales.
Ces incidents contrastent avec le déroulement globalement pacifique des manifestations organisées plus tôt dans la journée. Selon les autorités, jusqu’à 18 000 personnes ont participé aux rassemblements recensés à Francfort, Munich et Berlin, un chiffre inférieur aux estimations des organisateurs. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants auraient néanmoins défilé dans l’ensemble du pays. Pour Lina Friedrich, porte-parole de « Gen Z regelt », la mobilisation vise avant tout à défendre les services publics et les perspectives d’avenir des jeunes générations. Le collectif dénonce notamment le manque de financements dans les établissements scolaires, les difficultés d’accès aux soins et la pression croissante exercée sur les ménages. Il rejette également toute forme de service militaire obligatoire. Les violences de samedi posent désormais un défi aux organisateurs, qui cherchent à préserver le caractère pacifique de leur mouvement, et aux autorités, chargées de garantir à la fois la liberté de manifester et la sécurité publique. Alors que les difficultés économiques et les choix budgétaires continuent d’alimenter le mécontentement, cette mobilisation révèle l’ampleur des préoccupations sociales d’une partie de la jeunesse allemande.









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